« Phénomènes inexpliqués » Renaud Evrard


La parapsychologie : science ou pseudo-science ?

Qui est Renaud Evrard ?

Renaud Evrard est psychologue clinicien, maître de conférences habilité à diriger des recherches en psychologie à l’Université de Lorraine (Nancy)1. Il y dirige un Master ainsi qu’un parcours entre psychologie clinique et psychanalyse. Cette dernière étant reconnue comme une pseudo-science dont nous avons déjà parlé dans l’article : Cinq leçons sur la psychanalyse.

Néanmoins, c’est une autre casquette de Renaud Evrard qui va nous intéresser aujourd’hui. En effet, ce dernier est également parapsychologue, membre de la Parapsychological Association, dont il a été le Président de 2019 à 2021. C’est suite à ses études universitaires en psychologie et psychanalyse qu’il fit le lien avec la parapsychologie, discipline qui le passionne depuis. Il est, également, cofondateur du CIRCEE : Centre d’Information, de Recherche et de Consultation sur les Expériences Exceptionnelles.

Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la parapsychologie, au paranormal et par conséquent, à tous les sujets associés à ces thématiques ; d’autres concernent la psychologie et l’histoire de l’accès aux soins. Ouvrages dans lesquels Renaud Evrard tente de réhabiliter la parapsychologie comme étant une science comme les autres. Et pour cela, il vulgarise, explique les méthodes ainsi que leurs résultats dans des livres à destination du grand public.

Phénomènes inexpliqués

Phénomènes inexpliqués est un ouvrage écrit par Renaud Evrard en 2023 et publié chez HumenSciences, dans la collection Débat. Le livre se veut être une réponse scientifique à tous les phénomènes dits « paranormaux » que certaines personnes ont pu vivre dans leur vie, tout en voulant être une réponse aux debunkers de la discipline.

L’auteur se donne alors pour mission, d’expliquer aux lecteurs comment les parapsychologues mettent en place une méthodologie afin d’expliquer et de reproduire les phénomènes dits « inexpliqués ». Il revient sur son parcours, sur la genèse de la discipline et explique la raison pour laquelle selon lui, la parapsychologie est rejetée, à tort, par le consensus scientifique.

Enfin, par phénomènes inexpliqués, l’auteur entend regrouper tous les phénomènes aussi appelés « paranormaux » ou les capacités « psi » : de la prémonition, à la télépathie, en passant par les maisons hantées ou encore les sorties de corps. Il part, ainsi, du postulat de départ que ces événements sont toujours inexpliqués aujourd’hui, rejetant de fait, les explications fournies à ce jour par les sceptiques, les scientifiques, parfois même par les magiciens et prestidigitateurs, en capacité de reproduire parfois de tels phénomènes de manière tout à fait rationnelle, mais nous y reviendrons plus tard.

Résumé

Dans Phénomènes inexpliqués, Renaud Evrard tend à expliquer aux lecteurs comment une discipline s’intéressant au domaine du paranormal, met au point des méthodologies, des études afin de répondre à la question suivante : existe-t-il réellement des capacités psi et des phénomènes paranormaux ? Comment expliquer alors que la parapsychologie soit relayée dans la case pseudo-science ?

L’ouvrage est ainsi divisé en sept parties. Dans une première partie l’auteur revient sur sa découverte de la discipline, son parcours universitaire jusqu’à intégrer la Parapsychological Association. Cela lui permet de revenir sur la délimitation de la discipline, à quels sujets elle s’intéresse et comment certaines affirmations sont testées par des protocoles : cartes Zener, Ganzfeld, Selfield, dont nous reparlerons dans la suite de cet article.
Une deuxième section s’attarde davantage sur l’histoire de la parapsychologie et des premiers laboratoires de tests, quelles furent les expérimentations et les conclusions, les différences d’interprétations entre les académies de science et les parapsychologues. Cette partie est également l’occasion pour lui de décrire davantage les méthodes employées en parapsychologie, ainsi que les résultats obtenus sur certains sujets testés.
Une autre partie permet de reprendre cette fois l’historique des affirmations extraordinaires avancées au fil du temps : du mesmérisme, aux tables tournantes, en passant par la villa Carmen et autres cas relevant du « paranormal » Pour l’auteur de l’ouvrage, nul doute qu’il faut rouvrir ces dossiers trop rapidement balayés d’un revers de manche par la « science officielle », n’hésitant pas à avancer que certaines prétentions n’ont jamais été éprouvées au regard de la science.
Une quatrième partie s’intéresse à la critique portée à la parapsychologie, notamment une en particulier, à savoir : la zététique. Nous nous attarderons très peu sur ce chapitre, le tout étant un procès d’intention envers la zététique et Henri Broch. Cependant, certains sujets mériteront tout de même que nous nous y arrêtions. Les critiques des sceptiques sont-elles vraiment à rejeter ? Les zététiciens sont-ils les seuls à émettre des hypothèses plus rationnelles pour expliquer le paranormal ? Nous verrons, plus tard, que la réponse penche plutôt vers le négatif.
Mais qu’en est-il en France plus particulièrement, quelle est la place de la parapsychologie ? Est-elle reconnue ? Est-elle présente dans les universités ? Le cinquième chapitre de Renaud Evrard s’intéresse à ces questions.
Sixièmement, la place de la parapsychologie à l’université est explorée. Cette partie fait la part belle à la partie « professionnelle » de la parapsychologie : qui consulte qui ? comment cela se passe ? Elle explore également, les nouvelles technologies ainsi que les nouvelles sciences qui, selon l’auteur, pourrait permettre l’explication du fonctionnement des phénomènes psi, par la physique quantique, par exemple.
Enfin, une septième et dernière partie, conclue sur le phénomène « paranormal ». L’auteur y détaille les difficultés rencontrées lors d’étude de tels phénomènes. En effet, plus ils sont répliqués, moins ils sont probants. De quoi challenger les parapsychologues à chercher, parfois dans les nouvelles sciences pour valider et légitimer la réalité de ces phénomènes. On trouve alors, un emploi de la recherche en physique quantique dans cette partie. Nous y reviendrons.

« Pour qualifier ces personnes, les parapsychologues parlent de sujets « psi ». Ils assurent que leurs dons paranormaux sont scientifiquement prouvés. Disons-le tout net et jusqu’à preuve du contraire : c’est faux ! Aucune expérimentation, rigoureuse et dûment contrôlée, n’a démontré jusqu’ici la réalité de tels exploits. »2

Jusqu’à preuve du contraire… mes premiers pas dans la démarche scientifique, Jacques Poustis

Parapsychologie : science ou pseudo-science ?

En 1778 arrive à Paris, Franz Mesmer, un médecin allemand. Il développe dans la capitale française, au contact de la haute bourgeoisie, une théorie selon laquelle toutes les formes de vie possèderaient une énergie ou un fluide magnétique. Ainsi, les maladies interviendraient lorsque les énergies d’une personne seraient bloquées. Pour y remédier, Mesmer propose des séances durant lesquelles l’individu est placé dans un état de transe pendant que ce dernier passe ses mains à divers endroits du corps de la personne afin de « transférer l’énergie »3 et ainsi, la guérir.

Pour savoir ce qu’il en est réellement de cette capacité extraordinaire, une première commission, menée par le professeur Husson, va étudier le phénomène avant de conclure à la véracité des prétentions affirmées par Mesmer. Cependant, une autre étude, commandée quelques années après, rejette, quant à elle, les conclusions de la première. Naît, alors une controverse pendant ce siècle des Lumières (1715-1789) où la science en tant qu’art, en tant que méthode, en tant que métier, commence à prendre forme :

« Lavoisier a bien résumé la démarche intellectuelle des Lumières :
« L’art de conclure d’après des expériences et des observations consiste à estimer des probabilités et à estimer si elles sont assez grandes ou assez multipliées pour constituer des preuves. »
. »4

Absolutisme et Lumières 1652-1783, Joël Cornette

De fait, l’opinion se divise en deux, entre les tenants du magnétisme animal et les tenants des résultats allant à l’opposé, tout deux utilisant des méthodes d’expérimentations différentes. Cette opposition se retrouvera par la suite dans d’autres affaires, notamment dans le spiritisme et ses tables tournantes, les ectoplasmes, la télépathie ou encore les EMI (expériences de mort imminente) et les voyages astraux, pour les thématiques plus récentes. Cela aura pour conséquence, des décennies plus tard, la création d’une nouvelle discipline : la parapsychologie, se donnant pour objectif d’étudier ces phénomènes dits « paranormaux » en dehors des clous de la méthode scientifique dont les bases furent posées au XVIIIe siècle. Le terme, lui-même, de parapsychologie remonterai à 1893 sous la plume de Boirac.

D’abord confidentielle, réunissant quelques chercheurs en la matière, « La parapsychologie a intégré pour la première fois l’université en 1912 à Stanford, avec le programme de recherche établi par John Edgar Coover »5. Depuis, la discipline a rejoint d’autres laboratoires de recherche à travers le monde, même si les chercheurs qui les composent ne sont pas seulement parapsychologues, le titre n’étant pas protégé par la délivrance d’un diplôme, bien souvent il s’agit de psychologues ou des chercheurs d’autres disciplines. Néanmoins, cette dernière est souvent relayée dans la case pseudo-science, par les sceptiques, par les membres de la communauté scientifique pouvant expliquer ces phénomènes par des lois physiques bien connues, mais aussi par les magiciens et prestidigitateurs, capables reproduire avec « un truc » ces-dites expériences paranormales. Qu’en penser alors ?

« Et si ce qu’on appelait le « paranormal » était un phénomène bel et bien réel ? Alors les parapsychologues seraient, depuis cent cinquante ans, les seuls à l’avoir appréhendé rigoureusement. »6

Quelle.s conclusion.s pouvons nous tirer de la parapsychologie ? Quels sont les méthodes, les protocoles et les expériences de cette discipline ? Leurs résultats sont-ils validés ou infirmés par les données dont on dispose par le consensus scientifique ? A quels sujets d’étude s’intéressent la parapsychologie ? Comment expliquer que ses conclusions soient si divergentes avec celle du consensus scientifiques ? Certains biais rentrent-ils en ligne de compte dans l’établissement des conclusions parapsychologiques ? Enquêtons !

Parapsychologie et protocoles

Depuis sa création, la parapsychologie a pour prétention d’être une discipline reconnue par la communauté scientifique, dont elle est, à ce jour, exclu en raison de la méthodologie utilisée contraire à celle de la science. Néanmoins, elle s’évertue, tout de même à mettre en place des protocoles dans le but de tester les prétentions extraordinaires avancées par certaines personnes. Dans son ouvrage, Renaud Evrard, évoque certains d’entre eux, sur lesquels nous allons nous attarder dans cette partie.

Parapsychologie et Cartes Zener

«  »Cartes de Zener », du nom du collaborateur de Joseph Banks Rhine à l’université Duke – cercle, croix, vagues, carré ou étoile à cinq branches. »7

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer le sujet des cartes Zener dans l’article consacré à « L’histoire de Rampa » écrit par Lobsang Rampa, néanmoins revenons sur le sujet puisque Renaud Evrard en parle dans son ouvrage. En 1930, furent créées par Karl Zener, les cartes portant son nom, dans le but de tester les prétentions paranormales d’une personne. Elles ont été utilisées lors des premières recherches quantitatives effectuées dans le domaine de la parapsychologie par Joseph Banks Rhine.

Un paquet de cartes Zener est composé comme suit : il contient 5 exemplaires de 5 cartes différentes. Vous pouvez trouver, encore, ces paquets de cartes en vente.

Ces cartes furent créées dans le but de « vérifier » les allégations de télépathie des personnes. Le test se passe de la manière suivante : on donne 5 cartes avec les 5 symboles différents au télépathe et les 5 mêmes à l’expérimentateur. Les deux personnes ont le jeu de cartes tournées vers elle, afin que l’autre personne ne puisse pas voir celui de son binôme. L’expérimentateur choisit une première carte qu’il sépare des autres, mais qu’il garde pour lui. Le télépathe doit alors deviner quelle carte a été sélectionnée par le testeur. Il pose son choix sur une table, suivi par l’expérimentateur qui en fait de même et vérifie si les deux symboles sont correspondant. Ce test est répété à plusieurs reprises8.

Cependant, ces cartes posent quelques problèmes :

« Elles étaient à l’origine fabriquées artisanalement avec de très nombreux et grossiers défauts. […] Les symboles pouvaient être distingués directement au dos des cartes.[…] Elles furent quelque peu améliorées et, à partir de 1936, [elles furent] confiées à la production industrielle. Ce qui n’empêchait pas des défauts majeurs comme un dessin de trame s’étendant jusqu’aux tranches ou encore un dos non symétrique (ce qui est toujours le cas) ! »9

Au Cœur de l’Extraordinaire, Henri Broch

Parapsychologie et protocole Ganzfeld

En réponse à ces critiques, les parapsychologues mirent en place un nouveau protocole, encore parfois utilisé aujourd’hui : le protocole Ganzfeld.

« Le dispositif employé était le « Ganzfeld », un champs sensoriel uniforme induit par une lumière rouge et un bruit aléatoire, environnement idéal pour un sujet confortablement installé dans un fauteuil. Cette « déprivation sensorielle » devait permettre au sujet de se concentrer sur ses ressentis. Sollicité pour deviner des cibles (sons, images…) sélectionnée aléatoirement par un ordinateur, le participant à l’expérience de « Ganzfeld-ESP » doit faire le tri dans ses productions mentales. Cette image est-elle le pur produit de son imagination où provient-elle d’une couche plus profonde de son esprit ? Il doit ensuite communiquer celles qui permettront de reconnaître l’image ou la vidéo sélectionnée parmi trois leurres qui seront également présentés pendant la phase de jugement. »10

La personne testée est assise sur un fauteuil, avec un casque sur les oreilles, des lunettes ou des balles de ping-pong sur les yeux (?). Elle est positionnée dans une pièce éclairée en rouge. L’expérimentateur est, quant à lui, placé dans une autre pièce, adjacente, avec pour mission d’envoyer une image par télépathie au percipient. À la fin de cette expérience, l’expérimentateur présente quatre images au testé qui doit en choisir une parmi celles présentées.

Pour des parapsychologues, tels que Renaud Evrard dans son livre Phénomènes inexpliqués, ce protocole est rigoureux, fiable et permettrait de prouver l’existence des phénomènes psi.

Cependant, les résultats obtenus lors de ces expériences, ne permettent pas d’établir l’existence de la clairvoyance ou de la télépathie. En effet, elles sont très rarement répliquées et les bonnes réponses obtenues par les sujets testés correspondent à ce que peut produire le hasard. D’un pouvoir extraordinaire, on pourrait s’attendre à un succès s’écartant davantage des résultats pouvant être produits par le hasard. Cependant, le taux de bonnes réponses est, à chaque fois, aux alentours de 25 %, ce que peut produire également un lancer de pièce.

Parapsychologie et Selfield

Tout comme les cartes Zener, le protocole Ganzfeld reçut, de la part de la communauté scientifique de nombreuses critiques, jugé peu fiable. Et ce, notamment par le fait que le sujet ayant le choix entre 4 images peut, tout à fait par hasard tomber juste de temps à autre. La plus grande critique repose alors sur le manque d’analyses statistiques, le hasard pouvant produire de tels résultats, voire mieux en certains cas. Pour y répondre, les parapsychologues travaillèrent donc à l’établissement d’un nouveau protocole :

« Le Selfield est une version améliorée du précédent protocole [Ganzfeld] où une seule personne dans cet environnement relaxant et immersif, doit deviner si, quelques instants plus tard, l’ordinateur allait aléatoirement sélectionner une photographie ou une forme neutre. »11

Proposé par Mario Varvoglis et quatre collègues, tous membre de l’Institut Métapsychique International, dans une étude, de 2019, intitulée The Selfield: Optimizing Precognition Research12, le Selfield se donne pour mission de répondre aux problématiques rencontrées par le Ganzfeld. Voici ce que proposent les quatre chercheurs : « a) l’amélioration des technologies immersives utilisées, afin de favoriser l’expérience de « flux » chez les participants ; b) un meilleur alignement des éléments d’induction et de rétroaction audiovisuels avec la tâche psi ; c) la refonte de l’ensemble des cibles, pour les rendre plus stimulantes et marquantes ; d) la simplification du déroulement des séances expérimentales, en passant d’un protocole impliquant deux participants (télépathie) à un protocole de précognition avec un participant unique, pouvant être mené par un seul expérimentateur« 13.

Quels sont les résultats de ce nouveau protocole ? Est-il plus fiable, comme l’affirment les parapsychologues, que le traditionnel Ganzfeld ?
Il est intéressant de relever ici que cette étude de Varvoglis et ses collègues est la seule dont on dispose, du moins en ligne. Le protocole ne semble donc pas avoir été répliqué, une étape nécessaire en science afin de valider ou d’infirmer les résultats obtenus, ou s’il a été reproduit, nous ne disposons pas de ces études ainsi que de leurs conclusions. Néanmoins, cette unique étude conclue, en français, que les taux de réussite des participants se situent entre 48.6 % et 52.1 %14. Ce qui, de prime abord, peut sembler exceptionnel, mais regardons cela de plus près.

Dans cette expérimentation, on demandait aux détenteurs de capacités psi de déterminer à l’avance si l’ordinateur allait choisir une sphère pleine ou une sphère vide, le tout afin de démontrer la capacité de précognition de ces derniers. Placés dans une pièce sans bruits, sans la possibilité de voir, les testés du protocole doivent faire appel à leur don avant de donner le résultat à l’expérimentateur. Seules deux personnes prennent part à l’étude : le/la testé.e et l’expérimentateur. Le percipient, après un temps de concentration, indique à l’expérimentateur s’il voit une sphère vide ou une sphère pleine. L’expérimentateur le note et lance l’ordinateur afin que ce dernier choisisse l’une ou l’autre des deux options. Les réussites et les échecs sont notés et permettent d’arriver, à la fin de l’expérimentation à un résultat pouvant aller jusqu’à 52,1 %.

Sauf que cette donnée peut être obtenue, également par un lancer de pièce. Si nous remplaçons, nos expériences par pile la sphère est vide et face la sphère est pleine, avant de demander à l’ordinateur de générer un résultat au hasard, les résultats seraient plus ou moins les mêmes. D’une capacité extra-sensorielle, l’on pourrait s’attendre en toute logique à un résultat à la hauteur de 100 % de réussite. Ici, ce n’est pas ce que nous obtenons, au contraire. Tout à chacun, essayant le test, donnant une réponse au hasard, à tout autant de chance d’arriver à 50 % de réussite, et ce, sans le moindre don. Nous devons donc rejeter la pertinence de ce protocole, ne permettant pas d’obtenir des résultats probantS, et ne permettant pas d’authentifier l’existence de la capacité de précognition.

L’ouvrage de Renaud Evrard, poursuit donc son évocation des protocoles parapsychologiques, en citant le Remote Viewing.

Le remote viewing

« Cette pratique a été notamment développée dans le cadre des applications militaires de la parapsychologie à des fins « d’espionnage psychique ». »15

Le Remote Viewing fut repris et popularisé par les physiciens Russell Targ et Harold Puthoff au Stanford Research Institute (SRI), dans les années 1970-1980. Dans cette même période, le gouvernement étasunien s’y intéresse également et met en place le projet Stargate16, dans le but d’utiliser ces capacités pour localiser les armes russes, dans un contexte de guerre froide. Les deux organismes se mirent donc à travailler ensemble sur le sujet, la CIA finançant une grande partie des travaux du SRI.

L’expérience du Remote Viewing implique trois personnes : le percipient (soit la personne dont les allégations sont testées) isolé avec un expérimentateur, et un autre expérimentateur jouant le rôle de « radar »17. Quel est le but de cette expérimentation et comment fonctionne-t-elle ?
Pour tester des allégations de voyance et/ou de télépathie, un expérimentateur se rend dans un lieu, non définit à l’avance, dans un rayon accessible à 30 min en voiture du laboratoire. Le/la voyant.e doit, alors, déterminer où se trouve l’expérimentateur n°1. Pour ce faire, il décrit, dessine et rapporte ce qu’il voit à l’expérimentateur n°2 se trouvant avec lui. A l’issue du test, le percipient et l’expérimentateur n°2 rejoignent l’expérimentateur n°1 et constatent la réussite ou l’échec de l’expérience. Le protocole est ainsi répété à plusieurs reprises.

Deux problématiques émergent de cette méthode expérimentale. La première lorsque la personne testée et l’expérimentateur n°2 rejoignent l’expérimentateur n°1, le testé peut compléter ses allégations, par exemple : « Voyez ! Quand je disais qu’il y avait une étendue d’herbe, bien sûr j’apercevais ce court de tennis« . A ce moment, les parapsychologues considèrent l’expérience comme étant une réussite. L’exemple vous paraît grossier ? Certes… Mais il permet d’expliciter ce qu’il se passe, en grande majorité dans ce type de protocole : la validation a posteriori. Tout élément apporté par le voyant pendant le test peut être reprit lors de la découverte de l’endroit. Cela marche d’autant mieux si les affirmations sont très vagues permettant à beaucoup de choses ou d’endroits de coller aux-dites affirmations. Cet élément peut, également, se résumer en une affirmation : « L’essentiel c’est que ça valide« 18.

Le deuxième élément est que le testé et l’expérimentateur n°2 se déplacent sur le site afin de constater l’échec ou la véracité de la prédiction à l’issue de chacun des essais. Ainsi, le voyant peut procéder par élimination : le test n°1 était un cour de tennis, donc il ne sera pas dans les tests suivants ; le test n°2 était une église, donc elle ne réapparaîtra pas dans les expériences suivantes, etc. Le voyant peut donner des détails de plus en plus précis au fur et à mesure que les possibles se réduisent.
Pour qu’une telle expérience soit convaincante, il faudrait que le percipient décrive précisément l’endroit qu’il aperçoit et que le test soit répété à plusieurs reprises. L’expérimentateur n°1 se déplaçant à divers endroits, en fonction d’un timing donné sans qu’il soit pré-défini et sans que l’expérimentateur n°2 n’ait aucune information. Le percipient et l’expérimentateur n°2 se trouvant dans une pièce où le deuxième ne doit donner aucune information au premier. Plusieurs tests devraient, alors, être réalisés, en demandant au testé d’être très précis sur ce qu’il voit, puis à la fin de l’expérimentation, l’expérimentateur n°2 communique ce qui a été vu et l’expérimentateur n°1 confirme ou non en fonction du lieu où il se trouvait.

Malheureusement, ce n’est pas ce que nous observons dans les conclusions des études menées par les parapsychologues. Tant et si bien que le projet Stargate fut abandonné par le gouvernement étasunien en 1995, en raison de résultats trop inconsistants et trop peu utiles pour le renseignement. Le Remote-viewing n’est donc pas un protocole privilégié dans le cadre de la recherche sur la précognition, la voyance.

Le rétro-priming

« Le plus typique de ces protocoles est le « rétro-priming » dans lequel Bem inverse une expérience classique de psychologie au cours de laquelle un sujet doit rapidement dire si une image est « bonne » ou mauvaise, cela après avoir observé à l’écran un mot positif ou négatif. […] Il constate toujours des réponses plus rapides lorsque mot et image s’accordent, même dans l’après-coup. »19

Cette étude de Bem, mise en place en 2010, fut tentée d’être répliquée, notamment par Thomas Rabeyron, parapsychologue, en 2014 dont les résultats, non probants, furent publiés dans la revue Frontiers in Human Neuroscience20. Ils sont censés démontrés qu’une personne ayant une capacité psi pourrait répondre beaucoup plus vite à la question si le mot s’accorde à l’image et moins vite s’ils sont en désaccord. Néanmoins, ces travaux posent diverses questions : « Plusieurs chercheurs ont avancé qu’une grande partie des résultats de recherche pourrait être erronée, pour diverses raisons telles qu’une puissance statistique insuffisante ou des pratiques de recherche discutables.« 21

Si les travaux de Bem sont censés démontrer l’existence d’une capacité de précognition, c’est-à-dire la connaissance implicite du futur chez certains sujets, comment expliquer que les réplications de cette méthode expérimentales ne donnent pas les mêmes résultats positifs ? Deux explications sont alors avancées : la première se penche sur le protocole et son analyse, en relevant les problématiques présentes dans l’un et l’autre, la deuxième est proposée par le chercheur lui-même, en avançant une explication ad hoc, validant tout de même son étude. Nous allons nous pencher sur la première tout d’abord, la seconde aura une place toute particulière dans la dernière partie de cet article.

Selon Nicolas Gauvrit, enseignant-chercheur en science cognitive, le traitement statistique fait des expériences de Bem, par ce dernier, est « parfaitement inadapté »22. Il démontre, notamment, une erreur méthodologique concernant les tests du parapsychologue ayant pour effet, une fois corrigée, de rendre non-significative son étude. Ainsi, « tout son travail ne prouve donc… rien »23. Il note également le changement du protocole durant l’expérience, dérogeant ainsi à la méthode scientifique :

« S’ajoute à ces entorses à la tradition scientifique une autre singularité. 100 personnes participent à l’expérience 1. Chacune de ces 100 personnes fait 36 essais. Sur ces 36 essais, 12 correspondent à des images érotiques, 12 à des images neutres, et 12 à des images négatives… du moins pour les 40 premiers participants. Puis tout change subitement.« 24

Daryl Bem et l’astuce des tests multiples, Nicolas Gauvrit

Nous pouvons donc en conclure que les expériences de Bem ne sont pas suffisantes, loin s’en faut, pour démontrer l’existence de capacité psi et, notamment de la précognition.

En somme, sur l’intégralité de ces divers protocoles, dont les résultats sont très faibles, comme nous l’avons constaté, le consensus scientifique rejette, pour l’heure, l’existence de telles capacités extra-sensorielles. Ce consensus a pu s’obtenir, notamment, par des tests, par la réplication de ces expériences, mais aussi par la création de « prix sceptiques » ayant pour but de tester de telles allégations :

Au début des années 1980, un laboratoire de parapsychologie a ouvert ses portes à l’Université Washington à Saint-Louis, aux États-Unis. La nouvelle s’est répandue assez vite, suscitant ainsi l’intérêt de l’illusionniste James Randi.

À l’ouverture du laboratoire, il décida donc, de mettre en place le projet Alpha. Le but ? Envoyer deux jeunes illusionnistes se faire passer pour des médiums et ainsi participer aux protocoles de tests parapsychologiques. Puisque les deux hommes n’étaient pas de réels médiums, ils devaient, en toute logique, échouer aux tests. Or, il arriva tout l’inverse et le laboratoire proclama qu’ils avaient une preuve de l’existence des phénomènes psi en la personne des deux « médiums ». Le pot-au-rose fut dévoilé le 28 janvier 1983, entraînant des querelles entre les sceptiques et les parapsychologues25.

Pour palier, notamment, au manque de rigueurs des parapsychologues, furent créés des prix afin de tester les allégations paranormales :

  • 1922, aux Etats-Unis : le magazine Scientific American créé, sous l’expertise d’Harry Houdini grand magicien de son temps, un prix de deux-mille-cinq-cents dolars à quiconque serait capable de démontrer l’existence d’un pouvoir psychique.
  • 1964, aux États-Unis : One Million Dollar Paranormal Challenge. Mis en place par James Randi, il avait pour but d’offrir une somme importante à toute personne pouvant démontrer, avec des protocoles rigoureux, l’existence de pouvoirs psi ou de phénomènes, dits, paranormaux. À l’origine, la somme offerte pour ce prix était de 1 000 $ et est montée jusqu’à un 1 000 000 $. Malgré les milliers de personnes testées, jusqu’en 2015, le prix n’a jamais été remporté26.
  • 1987, en France et en Belgique : Défi Broch-Majax-Theodor. Lancé sur le service ZET de l’Université Nice-Sophia Antipolis, ce prix a fusionné avec celui de Jacques Theodor, créé en 1982. Le montant du prix était à l’origine de 500 000 F, puis a atteint 1 000 000 F, avant le passage à l’euro puis il passa à 200 000 euros. Tout comme le prix de James Randi, il avait pour but de tester les personnes prétendant avoir des pouvoirs. Malgré 264 candidats et la dizaine de personnes testées, jusqu’en 2002, le prix n’a jamais été remporté, non plus.

Par exemple, pour tester les allégations de télépathie, ce dernier prix utilisait, en accord avec les participants, le protocole suivant :

Les sujets sont soumis, en premier lieu à une fouille, afin de s’assurer qu’ils ne disposent pas de micro ou d’un moyen de communication. Les deux personnes se trouvent dans deux pièces distinctes et le ou la télépathe est placée dans une cage de Faraday27. De l’autre côté, une carte est tirée au hasard et est communiquée par téléphone à l’observateur du télépathe. Sans en avoir connaissance, ce dernier doit deviner la carte qui a été tirée. Les résultats sont reportés sur une feuille avant la réalisation d’une conclusion.

C’est, notamment, par la réalisation de ces tests que les scientifiques et sceptiques conclurent à la non existence de phénomènes télépathiques. Ils permettent également de démontrer que les protocoles utilisés par les parapsychologues, à savoir les cartes Zener, le Ganzfeld, le Selfield, le Remote Viewing et le Retro-priming ne sont pas suffisants pour prouver l’existence de capacités psi. Et lorsque les protocoles mis en place sont plus rigoureux, comme ceux des défis sceptiques, les personnes prétendant posséder des capacités extrasensorielles se retrouvent dans l’incapacité de les démontrer.

Le champ du paranormal

Attaquons désormais le vif du sujet ! Nous allons, dans cette partie, nous concentrer sur ce que l’on appelle le paranormal, c’est-à-dire, littéralement, ce qui sort de la normalité. Penchons-nous, dans l’ordre, sur les capacités extrasensorielles que possèderaient certains individus, au détriment des autres, ou les expériences sortant de l’ordinaire, évoquées dans l’ouvrage de Renaud Evrard. Qu’en pense les sciences ? Ces dossiers sont-ils réellement restés en suspend ?

La dermo-optique

« Elle [Yvonne Duplessis] y testait la dermo-optique, c’est-à-dire la perception des couleurs par la peau et sans le secours des yeux, qui était sa grande spécialité. »28

Dans les années 1970, Yvonne Duplessis développe et mène des expériences sur ce qu’elle nomme la dermo-optique. Elle se distingue des autres capacités extraordinaires, étudiées par les parapsychologues de la manière suivante, à savoir que :

« La perception dermo-optique, est développée au niveau des mains, par une prise de conscience que fait le sujet d’impressions non visuelles ressenties. Cette prise de conscience recouvre une sensibilité inhérente à tout être humain qui s’exprime par des réactions sensorielles, et motrices, aux variations surtout thermiques de l’environnement.« 29

Spécificité de la perception dermo-optique, Yvonne Duplessis

Ainsi, il ne s’agit donc pas d’une capacité extra-sensorielle, à proprement parler, puisqu’elle implique l’utilisation des mains (donc d’un sens) durant l’expérimentation. Pendant les tests, le voyant a, soit les yeux bandés, soit il doit deviner le contenu d’une enveloppe scellée : déterminer une carte Zener par exemple ou une carte d’un jeu normal. Il peut alors manipuler à son aise le contenu s’il a les yeux bandés ou le contenant opaque, contrairement aux autres expériences où le sujet est éloigné de l’objet. On teste, de fait, la capacité de précognition du percipient.

Les premières études concernant cette capacité extra-ordinaire remonteraient au XIXe siècle, sous le nom de vision extra-rétinienne. On « constatait », alors, que certaines personnes disaient « voir » des objets lors de séance d’hypnose ou chez des personnes souffrantes de diverses pathologies psychiques.

Dans les années 40, cette capacité prend le nom de vision extra-oculaire, sous la plume de l’américain Thurston qui étudia le cas d’une femme aveugle disant percevoir le monde par sa nuque (?!). D’autres cas furent ainsi étudiés, dans le but de montrer que certaines personnes privées de la vue peuvent voir quand même par d’autres biais.

Yvonne Duplessis s’inscrit dans cette lignée en créant des travaux et des expérimentations censés démontrer que des personnes aveugles ou ayant les yeux bandés peuvent identifier des nuances de couleurs grâce à leurs mains. Elle attribuait ce phénomène à des variations de rayonnement infrarouge ou à une sensibilité cutanée spécifique aux longueurs d’onde.

Cependant, un examen attentif de ces expérimentations ont permis de démontrer que certaines personnes testées pouvaient, en réalité, voir en dessous du bandeau… ou que d’autres biais étaient en jeu. Ainsi les réplications menées par d’autres équipes n’ont pas pu démontrer l’existence de la capacité à discerner les couleurs sans la vision. A ce jour, et ce jusqu’à preuve du contraire, la dermo-optique est rejetée par le consensus scientifique30.

Le magnétisme

Nous avons déjà évoqué le sujet dans l’introduction de cet article, néanmoins, revenons plus longuement dessus en apportant le regard de Renaud Evrard sur cette thématique.

« En 1778, le médecin allemand Franz Anton Mesmer arrive à Paris. Il propose une médecine alternative en appliquant des « passes magnétiques » pour soigner toutes les maladies du corps ou de l’esprit. »31

Pour l’auteur de Phénomènes inexpliqués, le magnétisme et son étude auraient subis une certaine injustice. En effet, selon lui, une première commission (la commission Husson) aurait validé l’existence ainsi que les prétentions de guérison du magnétisme avant d’être contredite par une deuxième (la commission Dubois). Néanmoins, toujours selon notre auteur, il n’y a aucun doute que la première commission avait raison puisque la deuxième fut menée par l’Académie des sciences et donc, forcément, invalide puisqu’elle mettait tout en œuvre pour invalider cette pratique.

Si cette dernière phrase vous semble tout droit sortie d’un scénario hollywoodien ou d’une théorie du complot, vous avez raison, mais n’en restons pas là. Dès lors, le magnétisme est-il validé par le consensus scientifique ou non ?

« Entre le vrai et le faux, entre le bon et le mauvais, l’honnête et le déloyal, entre la science enfin et le charlatanisme, je ne puis trouver un juste milieu ; et quand je le trouverais, je ne saurais m’y tenir. J’ai lu et vu les œuvres des magnétiseurs, et je me déclare en état d’hostilité contre eux ; j’ai lu et médité le rapport de la commission, et j’ai été révolté de voir la réputation de tant de graves personnages compromise par d’indignes jongleries. »32

Examen historique et raisonné des expériences prétendues magnétiques, Frédéric Dubois

Sauf que, en réalité, deux commissions nommées en simultanée par Louis XVI, indépendantes l’une de l’autre, s’intéressent au magnétisme et à son retentissement au sein de la société dès 1784. Et cela, Renaud Evrard ne le mentionne pas. La première est formée de 4 membres de la Faculté de Médecine de Paris et de 5 membres de l’Académie des Sciences, tandis que la deuxième est composée de 5 membres de l’Académie Royale de Médecine. Leurs conclusions sont similaires, à savoir qu’elles rejettent les prétentions de guérison du magnétisme relevant, selon les mots de la conclusion de la première commission, « de l’imagination des clients« 33.

Il n’y avait donc, a priori, pas lieu de consacrer une nouvelle commission a un phénomène rejeté unanimement par la société savante de l’époque. Cependant, Pierre Foissac, dans les années 1820-1830 s’intéresse au cas d’une femme somnambule, dont il va faire part à Husson ainsi qu’à d’autres scientifiques. Malheureusement, face à l’absence progressive des phénomènes produits par cette femme au fur et à mesure des tests et expériences, Foissac proposera à cette commission de contacter et de s’intéresser aux magnétiseurs. De cette étude sortira un compte-rendu, publié en 1831, et qui affirmera la véracité des prétentions de guérison du magnétisme, venant contredire les deux commissions antérieures.
Quand on parcourt les lignes de la commission Husson, on remarque que certains cas sont relatés où le magnétisme n’a eu aucun effet sur des personnes malades. La différence entre ces sujets et ceux qui ont ressentis des effets ? La prédisposition à la croyance au magnétisme. La commission Husson, validant les prétentions du mesmérisme indique, en même temps, dans son rapport que les passes ne fonctionnent que si le client croit à ces effets.

Nous pouvons donc conclure du magnétisme que ces effets ne sont pas supérieurs à l’effet placebo, aussi appelé effet contextuel. En fonction du contexte ou nous nous trouvons et/ou des personnes qui nous entourent, notre cerveau, qui contient une sorte d’armoire à pharmacie, peut piocher à l’intérieur sans que nous en soyons conscients, pouvant apporter un soulagement, une guérison (pour une maladie bénigne) du client ou du patient34.

Puisque le magnétisme n’a jamais pu démontrer d’efficacité supérieure à l’activation de notre petite pharmacie interne, elle fut relayée au rang de pseudo-science et ce jusqu’à aujourd’hui.
Dans son ouvrage, Renaud Evrard déplore que le magnétisme fut mal jugé et soit si peu étudié de nos jours. Cela s’explique par le fait que les chercheurs s’étant penchés sur le sujet au XVIII et au XIXe siècle, ayant conclu sa non efficacité, n’ont pas jugé utile et nécessaire de garder le dossier ouvert. La science a suffisamment de sujets d’étude qu’il n’est pas nécessaire de ressortir les vieilles affaires, déjà jetées à la poubelle.

Le spiritisme

« Le mouvement [le spiritisme] était né cinq ans plus tôt, en 1848, aux États-Unis, dans l’ouest de l’état de New York, autour de la modeste famille Fox. »35

Le spiritisme est né aux États-Unis, en 1847 ou 1848 selon les sources, autour de trois sœurs : Leath, Margaret et Kate Fox. Selon la légende, les deux plus jeunes sœurs (Margaret et Kate) auraient, une nuit, entendu du bruit dans leur maison et auraient communiqué avec l’entité en présence à ce moment. Lorsque leur grande sœur, Leath, découvrit cette capacité, elle s’employa à introduire ses deux jeunes sœurs au sein des salons et des foyers de membres de la haute société afin de communiquer avec leurs défunts. Aux États-Unis, la Guerre de Sécession entre 1861 et 1865 permit au spiritisme de connaître ses premières heures de gloire, la communication avec les défunts apportant à certains endeuillés, une forme de réconfort. Leur succès fut tel qu’elles vinrent jusqu’en Europe faire la démonstration de leur prétendu pouvoir. De fait, nous retrouvons, par exemple, les premières mentions des tables tournantes dès 1852-1853, témoignant de la diffusion rapide de ce phénomène. De là, et surtout dans les années 1920, pour l’Europe, de nombreuses personnes se revendiquèrent également en capacité de communiquer avec les morts :

« Sociologiquement, il est facile de deviner que la croissance du spiritisme dans ces années-là, provient de l’après 1918 et des nombreux deuils que la Première Guerre mondiale a provoquée. »36

Les Maîtres de l’Imposture, Clément Freze

Le spiritisme était surtout pratiqué en salon, avec un.e médium pouvant communiquer avec l’au-delà et plusieurs autres personnes assises autour d’une table. Au fur et à mesure du temps et des pratiques, les séances se sont faites de plus en plus spectaculaires : d’abord une simple communication avec les défunts, puis les tables tournantes, les ectoplasmes, les Ouija, la production de plusieurs bruits (tintements de cloche par exemple), etc. Nous reviendrons sur certains de ces éléments dans les parties suivantes.

Sauf que, en 1888, le monde spiritiste et les médiums découvrent dans les lignes du New York Worl, une déclaration de Margaret Fox, dans laquelle elle dénonce les procédés mis en place avec sa sœur pour produire les fameux coups des esprits. Elle se termine par ces mots :

« J’ai bon espoir que cette déclaration, venant solennellement de moi, la première et celle qui a connu le plus grand succès dans cette tromperie, brisera la face de la croissance rapide du spiritisme et prouvera que tout cela n’est que fraude, hypocrisie et illusion. »37

New York World, Margaret Fox Kane

Elle accompagnera, également, cette déclaration de démonstration de ses « talents », à la New York Academy of Music, qui lui permettaient, avec sa sœur, de donner l’illusion de communication avec les défunts. Pour des raisons qui restent encore obscures à ce jour, Margaret Fox se rétracta de cette déclaration l’année suivante, en 1889. Néanmoins, cela ne remet pas en cause les talents et démonstrations qu’elle a avancé afin d’expliquer la manière frauduleuse dont elle et sa sœur communiquaient.

Malheureusement, l’espoir de Margaret Fox ne se réalisa pas et encore de nos jours, certaines personnes font profession de la communication avec nos proches disparus.
Sur ces sujets, bon nombre de prestidigitateurs, et plus récemment de mentalistes, ont mis en exergue les outils utilisés pour donner l’illusion de donner des informations sur les défunts. Aux États-Unis, Joe Nickell, dans son Psychic Sleuths, a regroupé plusieurs cas de médiums étant intervenus dans le cadre d’affaire judiciaire. Car, en effet, si les médiums possédaient de réelles capacités, il n’y pas meilleure application de leur don que celle de retrouver les disparus, les assassins, les corps, etc. Ce qui ressort de l’étude de Joe Nickell, c’est que, malheureusement, les médiums ne font pas mieux que le hasard et utilisent des procédés bien connus pour donner l’illusion d’une réussite. En voici quelques exemples :

  • La lecture à chaud : utilisée surtout depuis le début du XXIe siècle. Les médiums se renseignent sur vous, en amont, par le biais des réseaux sociaux.
  • La lecture à froid : récupérer des informations sur un individu par l’observation de ses réactions et une ligne de questionnement imprécise pour cibler rapidement ses besoins ou ses manques.
  • Les phrases interro-négatives : utilisée notamment en début de séance : « C’est pas un papa qui est parti ? », « C’est pas une figure maternelle qui est partie ? »
  • Fishing : le médium lance une hypothèse et ajuste en fonction de la réaction verbale ou non-verbale du client.
  • L’Effet Barnum ou Effet Forer : Faire une affirmation suffisamment générale pour pouvoir correspondre à un grand nombre : « Vous êtes plutôt quelqu’un d’extraverti avec vos proches, mais très introverti lorsque vous connaissez peu de personnes, il vous arrive également, parfois de douter de vous » (Si cette description vous correspond, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire).
  • La reformulation : si le médium est assez malin et retient bien les informations, il pourra vous les redonner plus tard, sous forme d’information médiumnique, alors que vous lui avez donné l’information auparavant.

Les mentalistes utilisent également ces méthodes, lors de leurs spectacles, pour faire croire à une communication avec les défunts, parfois en ayant des résultats bien meilleurs que les prétentions des médiums. Sur ce sujet, je vous invite à suivre la chaîne YouTube de Clément Freze, mentaliste, vulgarisateur, ayant debunké un médium38.

Les tables tournantes

« Chaque participant pose ses doigts sur le plateau d’une table en frêne de quatre-vingts centimètres de diamètre, montée sur une lourde colonne qui se termine par trois pieds distants entre eux de cinquante-cinq centimètres. Au bout d’un moment, la table se met à tourner sur elle-même, emportant les convives. »39

Crédit de l’image : ?

L’arrivée du spiritisme en Europe, au-delà des différents voyages des sœurs Fox, a été facilité par l’introduction d’une démonstration spectaculaire lors des séances de spiritisme, à savoir les tables tournantes. A partir de cette nouveauté, les séances de spiritisme ne sont plus simplement l’occasion de communiquer avec des défunts ou d’entendre de simples craquements ou petits bruits, elles deviennent de véritables démonstrations de tour de force.

Parmi les grands adeptes de cette discipline, nous retrouvons un certain Victor Hugo, profondément meurtri par le décès de sa fille Léopoldine. Cette pratique finira par être répandu dans les salons, les sphères de la haute société et les certains médiums étaient sollicités quotidiennement. Néanmoins, le spiritisme restait un phénomène de classes sociales plutôt aisées puisqu’il fallait pouvoir régler le prix demandé par le.la médium afin de rentrer en contact avec les défunts. On sait par ailleurs que bons nombres d’entre eux arrivaient à intégrer les salons dans le but de soutirer un maximum d’argent à des personnes endeuillées. Il fallait, donc pour ces derniers, faire preuve de beaucoup d’imagination afin de rendre la séance toujours plus extraordinaire, sans se faire prendre, afin de garder un maximum de clients.

Le phénomène intéresse alors les prestidigitateurs et les scientifiques qui commencèrent à investiguer certains médiums afin de comprendre ce qui pouvait le provoquer :

« De manière générale, les guéridons et autres ustensiles n’étaient pas forcément mis en mouvement sous l’action d’esprits de revenants ou d’ectoplasmes aux muscles puissants mais peut-être plus prosaïquement par les mouvements généralement inconscients de gens qui croyaient recevoir des messages d’un au-delà magnifique qui, en fait, ne les recevaient que d’eux-mêmes ».40

Au Cœur de l’Extra-ordinaire, Henri Broch

Renaud Evrard le mentionne dans son ouvrage : le phénomène a été expliqué par le réflexe idéo-moteur mis en exergue grâce au travaux de Michel-Eugène Chevreul au XIXe siècle :

« Je conçois très bien qu’un homme de bonne foi, dont l’attention tout entière est fixée sur le mouvement qu’une baguette, qu’il tient entre ses mains, peut prendre par une cause qui lui est inconnue, pourra recevoir, de la moindre circonstance, la tendance au mouvement nécessaire pour amener la manifestation du phénomène qui l’occupe. Par exemple, si cet homme cherche une source, s’il n’a pas les yeux bandés, la vue d’un gazon vert, abondant, sur lequel il marche, pourra déterminer en lui, à son insu, le mouvement musculaire capable de déranger la baguette, par la liaison établie entre l’idée de la végétation active et celle de l’eau »41.

Lettre à M. Ampère sur une classe particulière de mouvements musculaires, Eugène Chevreul

Pourtant, Renaud Evrard décide de ne pas retenir cette explication. Pour quelle raison ? Car elle reviendrait à dire que certaines personnes ne peuvent pas se revendiquer de la capacité de communiquer avec les défunts et que l’être humain est en capacité de s’illusionner seul. Néanmoins, et ce jusqu’à preuve du contraire, l’explication par le réflexe idéo-moteur est la plus rationnelle à ce jour. C’est-à-dire que le phénomène des tables tournantes s’éclaircit à la lumière de ce « phénomène psychologique selon lequel penser à un mouvement suffit à provoquer des réactions physiques involontaires qui induisent ce mouvement, sans que le sujet en ait conscience »42.

C’est ce même phénomène que nous retrouvons en action dans : la Ouija, le pendule, les baguettes de sourciers, etc. Néanmoins, cette explication ne convient pas à tous les phénomènes, dont par exemple les ectoplasmes.

Les ectoplasmes

« L’ectoplasme n’est ni prouvé, ni réprouvé. »43

L’ectoplasme, nom que l’on doit à Charles Richet, est un phénomène que l’on rencontrait dans les séances de spiritisme de la fin du XIXe siècle au début des années 1930. Afin de mieux comprendre ce dont il s’agit, appuyons nous sur cette définition :

« En parapsychologie, l’ectoplasme désigne une manifestation physique d’un esprit ou d’une entité émanant du corps du médium. Bien que de nombreux témoignages relatent leur apparition, l’existence de l’ectoplasme n’a jamais été prouvée. Les ectoplasmes photographiés dans l’histoire ont souvent été falsifiés à base de tissus et/ou de morceaux d’animaux. Cette pratique visant à donner une dimension physique à la médiumnité n’existe pratiquement plus de nos jours suite à la baisse de notre crédulité face à ces pseudo-phénomènes. »44

Les Maîtres de l’Imposture, Clément Freze

Cette démonstration ectoplasmique avait la même prétention que les tables tournantes, à savoir rendre l’expérience encore plus spectaculaire. Le mot ici est choisi sciemment dans le sens où la séance de spiritisme n’était plus seulement une communication avec les défunts mais était devenue un véritable spectacle auquel on venait assister.

Le cas le plus spectaculaire et le plus connu d’ectoplasmes et de séances médiumniques dignes des meilleurs représentations de prestidigitation, reste celui d’Eva Carrière et ses séances à la Villa Carmen d’Alger. De son vrai nom, Marthe Béraud, la jeune femme vivait chez la famille Noël dans la fameuse villa Carmen depuis le décès de son fiancé, date à laquelle ses dons de médiumnité se seraient dévoilés.
Dans les années 1905-1906, elle exerçait sous son nom d’origine. Pendant les séances, elle prétendait communiquer avec un certain Bien Boa, que les clients pouvaient voir se matérialiser pendant les séances. Néanmoins, la supercherie fut rapidement dévoilée, le grand brahmane hindou était en réalité, tantôt une silhouette en carton, tantôt un acteur du nom d’Areski. Ce dernier avait, par ailleurs, révélé dans les pages d’un journal de l’époque, qu’il s’introduisait dans la pièce, pendant les séance grâce à une trappe.

Suite à ce scandale, Marthe Béraud décide de changer de nom pour devenir Eva Carrière et ainsi reprendre les séances de spiritisme sans le poids de la fraude sur sa réputation. Dans ses nouvelles séances, il n’y a plus de silhouette complète ni d’acteur, mais à la place, des ectoplasmes, qui suscitèrent l’intérêt d’Harry Houdini, dont nous avons déjà parlé plus tôt. Ce dernier suspectait, à nouveau, la fraude et avait établi dès lors quelques hypothèses de falsification. C’est au décès de cette dernière, que sa compagne Juliette Bisson dévoila des photographies mettant en exergue l’utilisation de papier mâché et de visage découpé dans des magazines pour créer les ectoplasmes.

La fraude, à nouveau dévoilée dans la presse, malgré les tentatives d’étouffement par certains parapsychologues mit, quasiment, un terme aux démonstrations d’ectoplasmes lors des séances de spiritisme. Nous pouvons donc en conclure, qu’il ne s’agissait pas de témoignages d’une possible communication avec un ou des défunts.

La psychokinèse ou la télékinésie

« David Jamet, était surpris de voir se multiplier sur Internet les vidéos de personnes affirmant pouvoir déplacer de petits objets par la pensée. Elles utilisaient très souvent des pyramides en papier ou des roues en plastiques, pivotant autour d’un axe. […] Ces chercheurs sont parvenus à isoler l’effet à mesurer par rapport à toutes les forces physiques connues, tout en continuant à enregistrer des déplacements inexpliqués, rebaptisés « anomalies psychophysiques ». »45

Ces vidéos sur Internet, faisant la démonstration de capacités psychokinétiques, sont toujours d’actualité46. Néanmoins, l’importance de cette production de vidéos valide-t-elle pour autant l’existence d’un tel phénomène ?

La grande majorité des démonstrations de télékinésie consiste à faire déplacer de petits objets, comme Renaud Evrard le relève dans son ouvrage. L’explication de ce phénomène est, pourtant, plus décevante qu’une capacité extraordinaire puisqu’il s’agit la plupart du temps, soit d’électricité statique permettant, par exemple, à une canette de suivre votre main, soit de convection thermique et/ou de courant d’air. Vous pouvez en faire, par ailleurs l’expérience, proposée par Henri Broch, chez vous :

Pour cela, munissez-vous d’un bouchon de liège, d’une aiguille et d’un papier fin, tel que du papier cigarette, découpé en carré. Plantez l’aiguille à l’envers dans le bouchon (en faisant attention de ne pas vous piquer), et posez soigneusement, le centre du papier sur l’aiguille. Vous aurez, au préalable, plié le carré des deux côtés, afin de donner l’impression d’un petit moulin. Enfin, approchez votre main droite, en faisant un creux, doucement vers l’objet, puis essayez avec la main gauche. Votre petit moulin se met alors à tourner, dans un sens ou dans l’autre, produit, simplement par l’effet de la chaleur de votre main (convection thermique) et l’existence possible d’un petit courant d’air. Il n’y a donc aucun besoin d’expliquer ces phénomènes par de la psychokinèse. Mais qu’en est-il pour des objets plus volumineux ?

Certaines personnes personnes sont, en effet, connues pour leurs torsions de cuillères ou de barres de fer : Uri Geller et, en France plus spécifiquement, Jean-Pierre Girard. Ces deux illusionnistes se sont tournés au fur et à mesure vers une activité plus lucrative, en faisant croire à un don véritable, suscitant l’intérêt des parapsychologues.

Cependant, de nombreux sceptiques et prestidigitateurs se sont penchés sur le sujet afin de comprendre le phénomène. En y regardant de plus près, ils ont proposé trois hypothèses : 1- de légères cisailles sur les objets pour qu’ils finissent par se briser, 2- l’utilisation du nitinol qui est un métal à mémoire de forme, 3- l’utilisation de la chaleur corporelle.

« Les parapsychologues affirment que la psychokinèse est la manipulation contrôlée d’objets matériels par la seule force de la pensée. Mais pour un magicien de scène il est aisé de donner l’illusion de faire flotter un objet plus lourd que l’air, de modifier son apparence ou de maîtriser son déplacement. C’est bien pour cela que, lors de contrôles de phénomènes présentés comme « paranormaux », les scientifiques font parfois appel à des prestidigitateurs »47.

Jusqu’à preuve du contraire…, Jacques Poustis

A ce jour, et ce jusqu’à preuve du contraire, les capacités de télékinésie n’ont pas été démontrées. Les démonstrations proposées par les tenants ainsi que par les personnes disant disposer de ce don, sont trop faibles et explicables par des phénomènes physiques, et sinon, par la mise en place d’un « truc », permettant de bluffer le public mais pas les magiciens et sceptiques plus avertis.

La théorie quantique généralisé

« Selon la théorie quantique généralisée, tous les phénomènes parapsychologiques pourraient se modeler sur la notion de synchronicité, c’est-à-dire qu’ils ne correspondent pas à des transferts d’énergie, mais à des corrélations d’intrications. »48

Selon Renaud Evrard, la parapsychologie serait, désormais, validée par la physique quantique.
Il s’agit d’un terme un peu barbare pour désigner un champ de recherche scientifique qui s’intéresse à l’infiniment petit et seulement à l’infiniment petit. Le mot quantique provient du terme latin, quantum, qui désigne la plus petite mesure indivisible, que ce soit celle de l’énergie, de la quantité de mouvement ou de la masse. Par conséquent, est quantique toute chose extrêmement petite, indivisible et proche du zéro absolu qui correspond à −273,15 °C. Il est important de relever qu’à ce jour, ce modèle n’est pas compatible avec la physique classique. Nous ne pouvons, donc, pas appliquer les théories de la physique quantique à tout ce qui est à l’échelle macroscopique.

Dans ce cas, nous pourrions nous poser la question à savoir : que vient faire la physique quantique dans des ouvrages de parapsychologie, ayant pour caractéristique de se consacrer aux possibles capacités extraordinaires ?

Puisqu’elle est une science très difficilement compréhensible pour toute personne ne travaillant pas dans ce domaine de recherche, lorsque ces découvertes furent diffusées auprès du grand public, elles ont été interprétées, simplifiées parfois à l’extrême et sorties de leur contexte. De fait, la physique quantique s’est vu appliquée à l’être humain. Cependant, il y a un hic, puisque l’humain n’est pas infiniment petit, ni indivisible, ni proche du zéro absolu, conditions nécessaires à l’application de la physique quantique.

Par conséquent, la physique quantique ne peut pas valider les prétentions parapsychologiques :

« Mais la notion complexe d’intrication quantique qu’il [Renaud Evrard] évoque n’a de signification réelle qu’au niveau des particules et vouloir en faire une analogie avec des phénomènes se déroulant à une échelle humaine n’a absolument aucun sens ».49

Notes de lecture « Phénomènes inexpliqués », Thierry Charpentier

La physique quantique a pour elle qu’elle est difficilement compréhensible pour notre cerveau, ayant quelques difficultés à s’imaginer l’infiniment petit, et son fonctionnement qui est à contre-courant de notre vie quotidienne. Cela a, parfois, pour conséquence que certaines personnes, et notamment le mouvement New Age, tente d’appliquer le modèle quantique à d’autres sujets. De fait, il est important de ne pas confondre le discours scientifique et les interprétations qui déforment la science à des fins spirituelles, comme nous pouvons le constater ici.

Parapsychologie et biais

Nous avons constaté, tout au long de cet article, que les capacités extraordinaires revendiquées par certaines personnes pouvaient s’expliquer par des phénomènes physiques, psychologiques ou encore par des trucs et astuces de magiciens. Jusqu’à preuve du contraire, nul ne peut prétendre détenir de supers pouvoirs. Dans ce cas, comment expliquer que la parapsychologie, elle, arrive à faire des études allant dans le sens inverse de nos conclusions ? Pourquoi est-elle considérée comme une pseudo-science ? Dans cette partie, nous allons nous intéresser aux biais méthodologiques de la parapsychologie.

Principe de parcimonie ou Rasoir d’Occam

Le principe de parcimonie, aussi appelé rasoir d’Occam, affirme que parmi plusieurs explications possibles, celle nécessitant le moins d’hypothèses ou de changements superflus est la plus plausible. Pour simplifier, cela pourrait se résumer par l’expression « l’explication la plus simple est souvent la meilleure ».

Néanmoins, nous ne retrouvons pas cette préoccupation dans l’étude des phénomènes paranormaux par la parapsychologie. Pour chaque sujet testé, on préfère voir si la prétention « fonctionne » ou non, reproduire les études, affirmer que l’individu en question aurait un don, mais don qui serait donner par qui, pourquoi ? Pourquoi certaines personnes et pas d’autres ? Comment se créé ce don ? Comment on le développe ? Existe-t-il une force supérieure à l’Homme décidant de qui aurait de supers pouvoir ? etc.

Voyez comment les études parapsychologiques nous pousse à créer de plus en plus de questionnements et d’hypothèses, tandis que l’explication la plus parcimonieuse est : soit il s’agit d’un phénomène physique (le courant d’air ou l’électricité statique, pour la télékinésie par exemple), soit d’un phénomène psychophysiologique (comme le réflexe idéo-moteur pour les tables tournantes) ou soit d’un « truc » (comme les ectoplasmes étant des supercheries).

Si nous disposons d’une explication scientifique et éprouvée à plusieurs reprises de ces phénomènes pourquoi préférer l’explication surnaturelle, beaucoup plus couteuse ? Pour certaines personnes, croire au paranormal, c’est répondre à une angoisse existentielle, et là, chacun est maître de juger pour soi-même si l’on préfère une explication proche du réel qui désillusionne parfois, plutôt qu’une affirmation fausse mais qui nous rassure.

Le Cherry-picking et effet cerceau

« Le cherry picking est une technique qui consiste à sélectionner les arguments de manière à ne retenir que ceux qui vont dans le sens d’un propos ou d’une hypothèse, tout en occultant ceux qui pourraient la remettre en cause. »50

Arrêtez de croire n’importe quoi !, Samuel Buisseret

Il s’agit d’une sorte de biais de confirmation. Lorsque nous cherchons une information, nous avons tendance à regarder des sources allant déjà dans notre sens, plutôt que de chercher à la contredire. C’est un biais dans lequel nous tombons tous et qui n’est pas propre à la parapsychologie.

Dans le cadre de ce domaine de recherche, le cherry-picking se constate de différentes manières.
Nous l’avons observé à plusieurs reprises sur les différents sujets abordés dans cet ouvrage, mais Renaud Evrard sélectionne quasi-systématiquement la réponse « capacité extraordinaire » tandis qu’il a connaissance (puisqu’il en parle dans le livre) des explications scientifiques desdits phénomènes. Par exemple, il connaît le réflexe idéo-moteur mais déplore le manque d’études sur le sujet des tables tournantes qu’il considère comme étant paranormal. De même qu’il connaît les travaux de la commission Dubois sur le magnétisme, mais les rejette au profit de la commission Husson allant dans son sens et qui valide l’existence des prétentions médicale du mesmérisme. Les exemples sont nombreux dans son ouvrage.

Dans l’ouvrage étudié ici, le cherry picking apparaît en tout cas comme un mécanisme récurrent dans l’interprétation des phénomènes paranormaux. Les membres des différents instituts de métapsychique, ou parapsychologiques ont pour la plupart, déjà pour hypothèse que ces dits phénomènes existent. De fait, leurs études sont construites dans le sens de démontrer l’existence des phénomènes plutôt que de chercher à les mettre à l’épreuve. Cependant, la démarche scientifique repose sur la possibilité de mettre une hypothèse à l’épreuve et, si les résultats ne la confirment pas, de pouvoir la remettre en cause. La mise en place de protocoles contrôlés, notamment avec des groupes témoins ou, lorsque cela est pertinent, des procédures en double aveugle, permet justement de limiter l’influence des attentes du chercheur et des participants sur les résultats. Cette exigence méthodologique ne semble pas toujours respectée dans les recherches parapsychologiques, et c’est ce que l’on appelle aussi l’effet cerceau :

« Il consiste, grave faute de logique, à admettre au départ ce que l’on entend prouver par la démonstration que l’on va faire »51.

Le Paranormal, Henri Broch

Lorsqu’on sélectionne ainsi les résultats allant dans le sens de l’hypothèse que l’on cherche à démontrer, encore faut-il savoir quelle importance accorder à ces résultats. C’est là qu’intervient une autre difficulté récurrente dans l’étude des phénomènes paranormaux : la compréhension du hasard et l’usage des statistiques.

Conception du hasard et des statistiques

Nous avons déjà rencontré cette difficulté dans la partie consacrée au Selfied : en parapsychologie, un résultat légèrement supérieur au hasard peut parfois être présenté comme un indice en faveur de l’existence d’une capacité extraordinaire. Cependant, obtenir 52 % de bonnes réponses, comme dans notre exemple précédent, lorsqu’il n’existe que deux possibilités ne signifie pas pour autant que l’on a démontré une capacité de précognition, au contraire.

Si deux réponses sont possibles et que l’on répond au hasard, on a déjà, en moyenne, une chance sur deux de trouver la bonne réponse. Une série de réponses aléatoires peut donc parfaitement produire un taux de réussite supérieur à 50 %. La question n’est donc pas simplement de savoir si le résultat dépasse 50 %, mais de déterminer si l’écart observé est suffisamment important pour être attribué à autre chose qu’aux fluctuations normales du hasard. Afin de déterminer si un phénomène paranormal est à l’œuvre ou si le sujet détient réellement une capacité particulière, il faudrait donc pouvoir montrer un écart suffisamment important par rapport au hasard, en tenant compte notamment du nombre d’essais réalisés. Une bonne connaissance de l’utilisation des statistiques permet justement d’évaluer ce point : il est nécessaire de déterminer, en amont des expériences, quelle probabilité un résultat donné aurait de se produire si l’hypothèse étudiée était fausse. Cela permet également de limiter l’effet cerceau, puisque l’interprétation des résultats ne devrait pas être construite après coup pour valider l’hypothèse de départ.

Même si, au fur et à mesure des années les conclusions des expérimentations sont plus parcimonieuses, indiquant que les résultats sont faibles, les parapsychologues continuent à s’interroger sur ces-dits phénomènes ayant pourtant reçu d’autres explications plus prosaïques.

Stratégie ad hoc

« Les phénomènes parapsychologiques semblent en fait réagir à la façon dont ils sont observés : forts lorsque les conditions sont mauvaises, faibles lorsqu’elles sont bonnes. »52

Nous le constatons régulièrement, que se soit dans l’ouvrage de Renaud Evrard ou dans les études parapsychologiques, les échecs de certaines études trouvent une explication permettant quand même de dire qu’elle a fonctionné. C’est que l’on peut qualifier de stratégie ad hoc, c’est-à-dire une explication construite après coup pour protéger les résultats de la parapsychologie qui ne correspondent pas à ce qui était attendu.

La parapsychologie utilise alors un phénomène bien connu en psychologie à savoir l’effet de déclin. Au fur et à mesure de certaines études, notamment, en psychologie, les chercheurs se sont rendus compte que plus ils testaient une hypothèse, plus cette dernière avait tendance à ce réduire. La parapsychologie s’est, dès 1930 avec les travaux de Rhine, approprié ce phénomène permettant de valider des études pourtant invalides ou ayant des résultats faibles.

Cette stratégie permet, alors de protéger la discipline et fonctionne tel un « face, je gagne, pile, tu perds ». Il devient alors, impossible de réfuter les études et expériences menées par les parapsychologues et c’est une des raisons pour lesquelles elle est aujourd’hui considérée comme étant une pseudo-science.

Nous pouvons enfin conclure cet article très long, par cette citation de Renaud Evrard :

« Et si ce qu’on appelait le « paranormal » était un phénomène bel et bien réel ? Alors les parapsychologues seraient, depuis cent cinquante ans, les seuls à l’avoir appréhendé rigoureusement. »53

Tout au long de cet article, nous sommes partis à la découverte de la parapsychologie, cette discipline s’intéressant aux phénomènes dits paranormaux. Nous y avons détaillé les protocoles utilisés, les sujets auxquels les parapsychologues s’intéressent ainsi qu’à la manière de produire des expérimentations, des études et des conclusions.

Nous nous rendons compte, alors, que les protocoles ne permettent pas de s’assurer de l’absence de biais, de l’absence de fraude de la part des participants et qu’ils existent dans le but uniquement de valider ce que les parapsychologues pensent déjà, à savoir que le phénomène paranormal existe. Les phénomènes mêmes, étudiés peuvent être expliqués de manière beaucoup plus prosaïques, comme nous l’avons vu, plutôt que de devoir faire appel à des dons, des pouvoirs qui ajouteraient davantage d’hypothèses couteuses.

La question de Renaud Evrard est ici très pertinente, mais peut être pas dans le sens dont il l’entend, puisqu’elle a pour postulat de départ que le phénomène est réel. Ce que nous dit aussi cette phrase, c’est que si le paranormal n’existe pas, les parapsychologues ont passé 150 ans a étudier un phénomène inexistant. Elle nous indique, par ailleurs, la place de la parapsychologie hors du champ scientifique. En 150 ans, si ce domaine de recherche avait vraiment pu démontrer l’existence de ces capacités, elle aurait, depuis intégrée les rangs de la Science. Hors il n’en n’est rien, faisant, de fait, de la parapsychologie une pseudo-science,

Si notre enfance, pour la plupart d’entre nous, a été bercé par des histoires de supers héros, nous sommes tentés de croire à l’existence de telles capacités. Pour autant, ne nous laissons pas compter de belles histoires par ce qu’elles nous font du bien au détriment du réel. Se bercer d’illusions est rarement bon pour l’intégrité psychique d’un individu encore plus quand ce dernier se trouve face à un élément contradictoire.

En somme, il semble, alors judicieux de laisser la parapsychologie où elle est depuis 150 ans, c’est à dire dans les rangs des pseudo-sciences. La problématique que nous retrouvons à nouveau dans cet article comme dans d’autres, c’est que ces concepts rencontrent un fort succès auprès du public et des lecteurs, non pas parce qu’ils décrivent la réalité, mais parce qu’ils correspondent à nos besoins psychologiques : donner du sens, se rassurer et garder une forme de contrôle. Et sur ce point, loin, soyons vigilants à ne pas se faire abuser de part cette faiblesse.

Si nous disposons d’une explication rationnelle et parfaitement explicable à un phénomène qui nous semble extraordinaire, pourquoi, parfois, préférer l’explication extraordinaire ? N’est-il pas mieux de connaître la vérité plutôt que de se bercer d’illusions ? Pouvons-nous laisser seulement aux magiciens, mentalistes cette possibilité de nous faire croire à l’extraordinaire, le temps d’un spectacle ?

Pour en savoir plus sur ces différents sujets, je vous invite à consulter les notes de bas de page ainsi que mes sources, certaines sont consultables en ligne.


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Sources :

  • EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, 250 p.

Pour aller plus loin :

Notes :

  1. Les éléments de biographie sont issues du site web de Renaud Evrard : <https://renaudevrard.wordpress.com/> ↩︎
  2. POUSTIS, Jacques, Jusqu’à preuve du contraire… Mes premiers pas dans la démarche scientifique, Book-e-book, Une Chandelle dans les Ténèbres, 2008, p.33. ↩︎
  3. LIPSCOMB, Suzannah (Dir), Histoire de la magie, Le grand livre de la sorcellerie et des sciences occultes, GéoHistoire, 2025. ↩︎
  4. CORNETTE, Joël, Absolutisme et Lumières 1652-1783, Hachette supérieur, Carré Histoire, 2018, p.266. ↩︎
  5. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.76. ↩︎
  6. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.201. ↩︎
  7. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.72. ↩︎
  8. Vous pouvez vois à quoi ça ressemble dans : G Milgram, Les expériences de télépathie sur C8 🙄…et ailleurs !, 15 mars 2024 : Les expériences de télépathie sur C8 🙄…et ailleurs ! (youtube.com) (warning : le ton de la vidéo peut être moqueur), timecode : 13:25. ↩︎
  9. BROCH, Henri, Au Cœur de l’Extra-ordinaire, Book-e-book, 1991, 198 p. ↩︎
  10. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.58-59. ↩︎
  11. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.158. ↩︎
  12. VARVOGLIS, Mario (dir), The Selfield: Optimizing Precognition Research, Journal of Parapsychology 2019, Vol. 83, No. 1, p.13-24. [En ligne], consulté le 3 septembre 2026 : <https://www.metapsychique.org/wp-content/uploads/2024/05/OptimizingPrecog-JP2019.pdf> ↩︎
  13. VARVOGLIS, Mario (dir), The Selfield: Optimizing Precognition Research, Journal of Parapsychology 2019, Vol. 83, No. 1, p.13-24. [En ligne], consulté le 3 septembre 2026 : <https://www.metapsychique.org/wp-content/uploads/2024/05/OptimizingPrecog-JP2019.pdf> ↩︎
  14. VARVOGLIS, Mario (dir), The Selfield: Optimizing Precognition Research, Journal of Parapsychology 2019, Vol. 83, No. 1, p.13-24. [En ligne], consulté le 3 septembre 2026 : <https://www.metapsychique.org/wp-content/uploads/2024/05/OptimizingPrecog-JP2019.pdf> ↩︎
  15. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.72. ↩︎
  16. Projet Stargate est le nom de code d’un projet du gouvernement fédéral des États-Unis, dont le but était d’investiguer la réalité et les applications militaires de la vision à distance, plus particulièrement. Le 30 juin 1995, la CIA ferme le projet en invoquant un manque de preuves documentées ainsi que l’absence totale de valeur pour la communauté du renseignement. Les documents ayant été déclassifiés depuis, ils sont souvent brandis par les tenants du paranormal comme étant une preuve de l’existence de ces phénomènes, omettant d’indiquer que les résultats n’étaient pas probants. ↩︎
  17. BROCH, Henri, Au Coeur de l’Extra-ordinaire, Book-e-book, 1991, p.222. ↩︎
  18. En référence à la vidéo Youtube de Clément Freze au sujet du « médium » Bruno Charvet. [En ligne] : <https://youtu.be/pPd6SBNl2fc?si=iVc9lK0fJ7IloQIm> ↩︎
  19. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.61. ↩︎
  20. RABEYRON, Thomas, Retro-priming, priming, and double testing: psi and replication in a test–retest design, Frontiers in Human Neuroscience, 18 mars 2014. [En ligne], consulté le 7 septembre 2026 : <https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3957021/#s3> ↩︎
  21. RABEYRON, Thomas, Retro-priming, priming, and double testing: psi and replication in a test–retest design, Frontiers in Human Neuroscience, 18 mars 2014. [En ligne], consulté le 7 septembre 2026 : <https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3957021/#s3&gt; ↩︎
  22. GAUVRIT, Nicolas, Daryl Bem et l’astuce des tests multiples, Afis.org, 29 janvier 2011. [En ligne], consulté le 9 septembre 2026 : <https://www.afis.org/Daryl-Bem-et-l-astuce-des-tests-multiples> ↩︎
  23. GAUVRIT, Nicolas, Daryl Bem et l’astuce des tests multiples, Afis.org, 29 janvier 2011. [En ligne], consulté le 9 septembre 2026 : <https://www.afis.org/Daryl-Bem-et-l-astuce-des-tests-multiples> ↩︎
  24. GAUVRIT, Nicolas, Daryl Bem et l’astuce des tests multiples, Afis.org, 29 janvier 2011. [En ligne], consulté le 9 septembre 2026 : <https://www.afis.org/Daryl-Bem-et-l-astuce-des-tests-multiples> ↩︎
  25. Pour en savoir plus sur ce projet, je vous invite à parcourir l’ouvrage d’Henri Broch, Le Paranormal, à partir de la page 146. Le chapitre entier est consacré au projet mis en place par James Randi outre-Atlantique pour tester la fiabilité des protocoles parapsychologiques. ↩︎
  26. Et James Randi est décédé en 2020, mettant un terme définitif à ce test. ↩︎
  27. La cage de Faraday est réalisée en métal, lorsqu’elle est soumise à un champ électromagnétique externe, les charges positives restent à la surface et les charges négatives se déplacent librement à travers du métal, dans le sens opposé du champ électrique. C’est ce qui fait qu’une personne se trouvant dans une cage de Faraday, ne ressent pas de décharge, alors que de l’électricité est envoyé sur la structure. C’est ce même mécanisme que nous retrouvons dans les ascenseurs, les fours à micro-ondes, etc. PARRA CASTILLO, Sergio, Faraday et l’électromagnétisme, Science à haute tension, RBA, Les Grandes Idées de la Sciences, 2024, 157 p. ↩︎
  28. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.87. ↩︎
  29. DUPLESSIS, Yvonne, Spécificité de la perception dermo-optique, Revue Psi International, 1978, N° 4, Mars-Avril, p.81-88. [En ligne], consulté le 6 septembre 2026 : <https://www.revue3emillenaire.com/blog/specificite-de-la-perception-dermo-optique-par-yvonne-duplessis/> ↩︎
  30. On pourrait, également, ajouter ici que ces expériences ont un côté validiste, où on va essayer de (re)trouver un sens à une personne qui en a été privé. ↩︎
  31. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.90. ↩︎
  32. DUBOIS, Frédéric, Examen historique et raisonné des expériences prétendues magnétiques faites par la Commission de l’Académie Royale de médecine », Librairie de Deville Cavellin, 1833. [En ligne], consulté le 16 septembre 2026 : <https://archive.org/details/b31914913> ↩︎
  33. Selon les mots de Lavoisier. ↩︎
  34. BUISSERET, Samuel, Arrêtez de croire n’importe quoi !, De Boeck Supérieur, 2023, p.151-152. ↩︎
  35. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.95. ↩︎
  36. FREZE, Clément, Les Maîtres de l’Imposture, Yuri & Laïka, 2020, p.53. ↩︎
  37. FOX KANE, Margaret, article in New York World, 1888. ↩︎
  38. Clément Freze, Bruno… le ciel sur répondeur ! – Clément Freze, 30 janvier 2020 : Bruno… le ciel sur répondeur ! – Clément Freze (youtube.com) ↩︎
  39. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.95-96. ↩︎
  40. BROCH, Henri, Au Cœur de l’Extra-ordinaire, Book-e-book, 1991, p250. ↩︎
  41. CHEVREUL, Eugène, Lettre à M. Ampère sur une classe particulière de mouvements musculaires, Revue des Deux Mondes, 2e série, 1833, p.258-266. ↩︎
  42. LIPSCOMB, Suzannah (Dir), Histoire de la magie, Le grand livre de la sorcellerie et des sciences occultes, GéoHistoire, 2025, p.229. ↩︎
  43. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.115. ↩︎
  44. FREZE, Clément, Les Maîtres de l’Imposture, Yuri & Laïka, 2020, p.55. ↩︎
  45. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.160-161. ↩︎
  46. Je vous invite à consulter la vidéo de Clément Freze à ce sujet : TÉLÉKINÉSIE : La SECTE de la PsyCorp – Clément Freze (youtube.com) ↩︎
  47. POUSTIS, Jacques, Jusqu’à preuve du contraire… Mes premiers pas dans la démarche scientifique, Book-e-book, Une Chandelle dans les Ténèbres, 2008, p.60. ↩︎
  48. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.191. ↩︎
  49. CHARPENTIER, Thierry, Phénomènes inexpliqués, In : AFIS, Sexe et genre, que dit la biologie ?, Sciences & pseudo-sciences n°347, 13 novembre 2023. [En ligne], consulté le 24 août 2026 : <https://www.afis.org/Phenomenes-inexpliques> ↩︎
  50. BUISSERET, Samuel, Arrêtez de croire n’importe quoi !, De Boeck Supérieur, 2023, p.46. ↩︎
  51. BROCH, Henri, Le Paranormal, Seuil, Science Ouverte, 1985, p.189. ↩︎
  52. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.211. ↩︎
  53. EVRARD, Renaud, Phénomènes Inexpliqués, HumenSciences, Débat, 2023, p.201. ↩︎



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