Les Anciens Astronautes à l’origine de notre monde
Qui est Robert Charroux ?
Robert Charroux, de son vrai nom Robert Grugeau, est né le 7 avril 1909 et est décédé le 24 juin 1978. Sa passion pour l’écriture de romans de science-fiction, dans un premier temps, débuta à partir de 1942.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il eut pour mission d’évacuer les collections des musées nationaux. En effet, ces dernières afin d’éviter le pillage des troupes nazies, furent déplacées de la capitale vers différents châteaux et musées de la Province. Puis, en 1944, il prit la direction du dépôt, situé au château de Vertueil, suite à sa nomination par la direction des musées nationaux. Il exerça cette fonction jusqu’au retour des collections dans leurs musées d’origine.
Au sortir du conflit mondial, il fonda le Club International des chercheurs de trésors. Cet événement marqua, ainsi, la fin de ses ouvrages de science-fiction pour aller, progressivement, vers la pseudo-histoire et l’archéomanie3 avec un premier livre écrit en 1962 : Trésors du monde enterrés, emmurés, engloutis. Il devint, notamment, connu pour sa théorie des Anciens Astronautes ainsi que pour ces idées d’extrême droite.
Il fut, alors, l’auteur de huit livres édités chez Robert Laffont, dans une collection dirigée par Francis Mazière : Les énigmes de l’Univers. Il y publia aux côtés de Erich Von Däniken, Georges Ranque, Louis Charpentier, etc. pour les plus connus.
L’énigme des Andes
L’Énigme des Andes, est paru en 1974, dans la collection Les énigmes de l’univers, chez Robert Laffont, mais aussi, plus tard, dans L’aventure Mystérieuse, de chez J’ai Lu.
La première fut créée en 1967 par Robert Laffont, sous la direction de Francis Mazière, qui est notamment connu pour son écrit controversé et très critiqué au sujet de l’Île de Pâques. La deuxième quant à elle, a déjà fait l’objet d’un petit descriptif dans mon article sur l’Histoire de Rampa, un autre livre paru dans cette même collection. Elle a pour but de regrouper tout un tas d’ouvrages ésotériques allant des Templiers aux Ovnis, du New Age à la pseudo-archéologie. Le tout est diffusé au public, sans méthode, sans recul et sans rationalisme.
Le récit de Robert Charroux, composé de 390 pages, entend faire la lumière sur les origines de notre humanité qui auraient été apportées sur Terre par des Extraterrestres. Il vient, de ce fait, compléter son premier livre traitant des mondes engloutis et, notamment du mythe de l’Atlantide.
Cet ouvrage, ainsi que les autres présents dans ces collections, ont fait l’objet de nombreuses critiques portées par des archéologues, tels que Jean-Pierre Adam et Jean-Paul Demoule, ainsi que par d’autres scientifiques tels que Henri Broch ou encore, plus récemment, par les membres de l’ALDHHAA1.
Résumé
En quelques lignes, nous pouvons résumer l’ouvrage de la manière suivante, nous y reviendrons plus en détail par la suite :
L’Énigme des Andes, est divisé en treize chapitres permettant de couvrir beaucoup de sujets qui, de prime abord, ne semblent pas avoir de lien entre eux. On y retrouve des thématiques qui commencèrent à devenir très populaires auprès du grand public dans les années 1960-1970. Sont alors abordées : l’archéologie fantastique par le biais des Pierres d’Ica, des pistes de Nazca et de l’Atlantide, pour introduire, ensuite, la Théorie des Anciens AstronautesB, selon laquelle des Extraterrestres auraient rendu visite à notre planète, il y a des milliers d’années pour « éduquer les populations primitives ». L’auteur agrémente cet ouvrage par le récit de prétendues découvertes scientifiques ainsi que des récits d’apparitions d’OVNIS. Le tout glissant discrètement aux lecteurs des idées eugénistes.
« Les livres de Charroux [sont des] recueils d’énigmes et de mystères où les récits pseudo-archéologiques figurent en bonne place, et qui connaîtront un énorme succès populaire. »2
Claudie Voisenat
Des Anciens Astronautes à la fin du monde
En 1960, fut publié le premier ouvrage, d’une longue série au sujet de l’archéomanie3, et qui connaîtra un vif succès : Le Matin des Magiciens – Introduction au réalisme fantastique. Coécrit par Louis Pauwels et Jacques Bergier, le livre prétend diffuser l’ « Histoire » à une classe sociale émergente, désireuse d’apprendre en dehors des amphithéâtres, universités et ouvrages très peu vulgarisés, encore trop réservés à une élite, à cette époque. Ce succès s’explique, également, par l’arrivée du livre de poche, moins cher et donc plus facilement diffusable auprès d’un certain public4.
C’est ce livre, qui ouvrira la voie à l’éditeur Robert Laffont pour sa collection Les Énigmes de l’Univers (dont fait partie l’écrit qui nous intéresse aujourd’hui), puis à la collection de poche L’Aventure Mystérieuse de chez J’ai Lu.
Ces ouvrages sont à remettre dans le contexte de l’époque, qui au sortir de la Seconde Guerre mondiale, tient pour responsable la science de la destruction de villes par l’invention de la bombe atomique.
En effet, les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, par les Américains, les 6 et 9 août 1945, marquèrent vivement les esprits, créant des inquiétudes face à la croissance des tensions entre les États-Unis et l’Union Soviétique (Russie). Les années 1960, sont ainsi marquées par la crise des missiles de Cuba5 ayant fait craindre au monde le début d’une guerre nucléaire.
Ces événements renforcèrent la méfiance envers les sciences et les institutions, alimentant l’idée que les progrès techniques et scientifiques pourraient avoir des effets néfastes pour l’humanité.
Robert Charroux, nous dit à ce sujet :
« En travaillant à la fabrication des bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, les physiciens se sont engagés délibérément dans la voie du crime »6.
Ce sentiment contribua à l’émergence des mouvements de la contre-culture7 et à la contestation croissante des sciences établies dans les années 1970, illustré, en France, par les événements de mai 1968, « consacrant le droit à l’existence de ces discours parallèles« 8.
Ces années sont également impactées par l’évolution et, surtout, par la diffusion de la recherche en archéologie et en histoire, permettant une meilleure connaissance de notre passé.
Nous pouvons citer, par exemple, les découvertes des plus anciennes traces d’écriture, datées d’il y a plus de 3 000 ans, et des preuves de l’évolutionnisme, avec la mise au jour d’homo habilis, d’homo erectus, de Néandertal, etc. Elles ont pour conséquence de décrédibiliser totalement le récit biblique et son histoire du monde, notamment sa création en sept jours, qui ont, pourtant, servi de modèles jusqu’alors. Cet élément, perturbe une grande partie de la population, très investie dans la religion, qui ne trouve plus autant de réponses qu’avant aux angoisses existentielles.
Pauwels et Bergier, ainsi que les auteurs qui suivront, dont Robert Charroux, s’inscrivent dans ce contexte et se servent de ce rejet des sciences, des institutions et de l’affaiblissement des religions monothéistes pour proposer une nouvelle Histoire du monde. En effet, ils partent du postulat de départ que :
« La préhistoire et la proto-histoire enseignées de nos jours sont truffées d’erreurs et d’invraisemblances. »9
Par conséquent, ils se donnent pour objectifs de rédiger des ouvrages, tels que L’Énigme des Andes, permettant de « corriger » l’Histoire, dite « officielle ». Selon ces derniers, elle est incorrecte puisqu’elle aurait été écrite par une élite mondiale, que Charroux nomme la Conjuration, dans le but de dissimuler aux communs des mortels, la véritable histoire de l’humanité.
Cette dernière serait plus ancienne que ce que l’on veut bien nous faire croire et proviendrait d’une « race supérieure » venue des confins de l’Univers. On assiste, alors, à la naissance de la théorie des Anciens AstronautesB sous la plume de l’auteur qui nous intéresse dans cet article (nous y reviendrons).
Quelles sont les idées véhiculées par Robert Charroux dans son ouvrage et sont-elles validées par les données scientifiques ? Ces concepts, sont-ils nouveaux ? Ou, ce livre est-il un recueil des hypothèses pseudo-archéologiques préexistantes ? Quels sont les apports de Robert Charroux à ce mouvement pseudo-scientifique ? Et quels échos rencontrent-ils encore aujourd’hui ? Enquêtons !
L’histoire remaniée…
Puisque les auteurs de ces ouvrages ésotériques prétendent que les hommes et les femmes de l’ « Histoire » ou de l’ « archéologie officielle » mentent, ils proposent aux lecteurs une nouvelle version de l’histoire de l’humanité.
Ces livres sont, notamment, marqués par un aspect : le rejet de l’évolutionnisme10. Ils font, ainsi, de l’être humain un être ayant toujours existé tel quel. Pour appuyer cette hypothèse, les auteurs recherchent des idées exotiques, faisant remonter nos origines au temps où la Terre n’accueillait pas encore de formes de vies intelligentes.
Cela leur permet de proposer, ce que Charroux nomme la « Primhistoire »11, qu’ils appuient et légitiment par des pseudo-découvertes archéologiques. Et ce, à commencer par les fameuses Pierres d’Ica.
Les Pierres d’Ica
Dans les années 1960, le bruit commença à courir qu’auraient été découvertes à la Plaza des Armas, au Pérou (Amérique du Sud), les premières pierres d’Ica.
Près de 11 à 15 000 d’entre elles furent entreposées dans le musée « secret » d’un chirurgien, le Docteur Javier Cabrera, qui dira que :
« Mes pierres proviennent de la civilisation des premiers hommes cultivés de notre Terre »12.
Dr Javier Cabrera
Cette collection, il la présenta à Robert Charroux, dont il avait lu les livres, ainsi qu’à Francis Mazière, directeur de la collection « Les Énigmes de l’Univers » de Robert Laffont, en avril 1973. Ces derniers avaient déjà pour intention de publier un ouvrage au sujet de l’Amérique latine, et notamment des pistes de NazcaA, dans le but de prouver l’existence des Anciens AstronautesB. Cette publication participa à la diffusion ainsi qu’à la renommée de ces objets à l’échelle internationale.
Le musée se présente tel un entrepôt, recueillant toutes les pierres que Cabrera a acheté, à Ocucaje, auprès de huaqueros. Doux nom qui fut attribué aux pilleurs de sites archéologiques péruviens.
La légende de l’image dit : « Le docteur Cabrera dans son musée. À sa droite, on voit le portrait de son aïeul Jeronimo, fondateur de la ville d’Ica. En bas, à gauche : la pierre à la césarienne ».
Crédit : Robert Charroux, 1973. Publié dans L’Énigme des Andes.

Selon lui, il serait d’une importance capitale de les conserver, car, telle une bande dessinée dont il faudrait assembler les différentes cases, elles contiendraient l’histoire du monde depuis environ 50 000 000 années :
« Les pierres d’Ica dateraient des temps post-diluviens au cours desquels des Initiateurs qui furent appelées dieux, et qui obligatoirement, venaient « du ciel » puisque aucune civilisation connue n’existait alors, auraient donné leur essor aux populations de la Celtie, de l’Egypte, du Pérou et de Tiahuanaco, riverains de l’océan, de grands fleuves ou du lac Titicaca. »13
L’intérêt de nos trois chercheurs de trésors va se porter sur les dessins et sur ce qu’ils représentent, pouvant interroger quant à leur date de fabrication.
Toute personne découvrant, pour la première fois, ces images en déduirait qu’elles datent de notre époque puisqu’on y retrouve, notamment : des loupes, des télescopes, des stéthoscopes, des fusées, mais aussi des représentations de césariennes sous anesthésie14, de greffes du cœur, etc.. Le tout constituant un ensemble d’inventions ou d’avancées médicales, relativement récentes.
Pour l’auteur et le directeur de publication, pas question de remettre en cause la date de création des pierres d’Ica, avancée par le Dr Cabrera, qui serait de 66 millions d’années15, date à laquelle eut lieu l’extinction crétacé-paléogène.
Cependant, les données scientifiques nous indiquent qu’à cette époque, l’Homme, tel qu’on le connaît aujourd’hui, n’existe pas. Notre Terre est peuplée de diverses espèces de dinosaures, dont certaines s’éteignent à cette période, en raison de différents changements climatiques, mais aussi par l’impact d’une météorite à Chicxulub (Mexique). Le genre homo, quant à lui, serait apparu vers 2 800 000 ans16, selon les plus anciens restes que l’on ait retrouvé.
Cette information, pourtant connue de ces trois personnes, ne leur permet pas de remettre en cause les datations avancées. Au contraire ! Ils trouvent une réponse à cette objection dans certains dessins qui représentent le genre humain aux côtés de dinosaures. Pour eux, cela constitue la preuve que l’humanité est plus ancienne que ce que la Conjuration nous apprend à l’école.
Il semble important, de relever cette donnée, car elle nous permet de constater que chaque élément contraire au récit de Robert Charroux, qui pourrait lui être formulé, est rejetée en bloc, par dogmatisme :
« Nous réputons malhonnêtes tous ceux qui auraient le mauvais esprit ou la mauvaise foi de douter de l’existence et de l’antiquité de ces pierres gravées. »17
On y retrouve, également, des événements dont les épisodes se seraient déroulés des millénaires après avoir été dessinés. Cet élément démontrerait que les populations autochtones auraient été inspirées par des « Initiateurs » qui leur auraient prophétisé les événements à venir. Ou encore, que ces populations gardaient le souvenir de races venues d’outre-espace, ayant vécues sur Terre avant le Déluge universel. Nous avons, là, le commencement de la théorie des Anciens AstronautesB.
En réalité, il existe bien un consensus scientifique autour de ces fameuses pierres d’Ica et il a conclu, dès 1964, à la fraude :
« Elles ont été gravées par des paysans d’Ocucaje adroits et astucieux. »18
Dès 1952, l’américaniste Henri Reichlen19 posa la question de l’authenticité de ces pierres lorsqu’il les vit pour la première fois. Il mena l’enquête jusqu’en 1964, date à laquelle il rencontra les artisans à l’origine des dessins.
On sait, depuis lors, que les créateurs étaient « des indiens d’Ocucaje et d’anciens élèves de l’École des Beaux Arts de Lima, qui travaillaient sur des galets ramassés dans le rio de l’Ica » 20. Pour leurs réalisations, ils se sont inspirés d’un véritable dépôt de galets gravés retrouvé dans une nécropole d’Ocucaje, datée du Ve au Ier siècle avant J-C. Il s’agissait d’une tradition locale, de la culture des Paracas, qui enterrait des galets, ressemblant à des œufs, près de ses défunts.
L’étude comparée des galets antiques et des modernes a permis de conclure au faux, grâce à l’identification d’une différence d’oxydation21. De plus, les graveurs furent observés pendant leur réalisation, ce qui permit, aux chercheurs et enquêteurs, d’identifier l’outillage utilisé : gouge, burin, fraise de dentiste et ils y ajoutaient parfois une patine à l’aide d’un frottis gras permettant de donner un aspect plus ancien au galet. Après leur fabrication, ils étaient transmis à des haqueros, qui, à leur tour, les revendaient à des touristes.
Dans Au Cœur de l’Extra-ordinaire, Henri Broch conclu sur cette affaire de la manière suivante :
« En résumé, la fantastique bibliothèque des Andes constituée par ces pierres d’Ica n’est qu’une pitoyable mystification conçue au XXe siècle en travestissant un site authentique. »22
Henri Broch
Néanmoins, pouvons-nous donner cette même conclusion au deuxième sujet qui occupe beaucoup Robert Charroux dans son ouvrage ? Si les Pierres d’Ica ne permettent pas de valider l’hypothèse d’une visite extraterrestre, en est-il de même des pistes de Nazca ?
Les Pistes de Nazca
En 1939 (ou 1949 ?23), Paul Kosok, alors en prospection aérienne, découvre ce qu’il va nommer les pistas (pistes) de Nazca, en raison de leur ressemblance avec des pistes d’atterrissage.
Les lignes de Nazca, au sud d’Ica, au Pérou, consistent en un ensemble de géoglyphes24 représentant, en grande majorité, des figures géométriques, mais aussi des dessins. Répartis le long d’une ligne d’environ 50 km, certains ont pour particularité de n’être pas visibles depuis le sol. Pour cela, il faut prendre de la hauteur, que ce soit sur un massif rocheux ou dans les airs à l’aide d’un avion.


Deux exemples de figures de Nazca, que sont le condor et le colibri.
Crédit : Robert Charroux, 1973. Publié dans L’Énigme des Andes
Pour Robert Charroux, si ces dessins sont surtout visibles du ciel, c’est parce qu’ils ont été réalisés par ou pour des êtres qui vivraient au-dessus ou au-delà de notre Terre, soit des dieux ou des extraterrestres :
« Nous avons émis l’hypothèse que les tracés de la Nazca étaient l’œuvre d’un peuple « agi » (commandé) par les intelligences extérieures de la Terre, ou mû par un fantastique inconscient collectif ».25
Le lecteur est amené à en conclure, de lui-même, que des extraterrestres auraient rendus visite à nos ancêtres dans l’Antiquité. En effet, ces tracés auraient servi de pistes d’atterrissage pour leurs vaisseaux spatiaux.
Cependant, plusieurs autres hypothèses sont avancées dans l’ouvrage :
- Selon Paul Kosok, qui fut le premier à les étudier, les pistes de Nazca consisteraient en un immense calendrier astronomique. Ce dernier serait daté d’environ 100 avant J-C ou 100 après J-C.
- Robert Charroux, quant à lui, avance l’idée que ces pistas seraient une représentation des traînées que l’on trouveraient sur la surface de la Lune. Elles auraient été dessinées par le même peuple que celui à l’origine des lignes de Nazca, bien avant l’arrivée des Incas.
Après les avoir vues du ciel, puis du sol, l’auteur fait la remarque suivante :
« Il est facile de tracer une piste avec le pied ou avec la main, il suffit de racler légèrement le sol et le substrat blanc apparaît aussitôt. »26
Cela s’explique par le fait que les pistes de Nazca ont été réalisées dans une zone désertique où se trouvent de nombreux cailloux et galets de teinte brun rougeâtre comme du fer rouillé. Les dessins et figures géométriques sont réalisés en déplaçant ces cailloux afin de laisser apparaître la terre présente en dessous :
« C’est ce procédé de champlevé qui a été utilisé pour tracer ce que l’on nomme (depuis leur découverte par les aviateurs, dans les années 40) les pistes. »27
Henri Broch
Néanmoins, les artistes ne partaient pas à « l’aveugle ». Avant toute chose, ils débutaient leurs travaux par la création d’un modèle réduit sur une surface carré d’environ 0.75 mètre de côté. Cette maquette était ensuite reportée dans le désert, avec des dimensions supérieures, à l’aide de pieux et de cordes.
Si aujourd’hui, les archéologues peuvent établir que la civilisation Nazca a utilisé cette technique, c’est parce qu’ils en ont trouvé des vestiges28, tels que des jalons de bois, des traces de trous retrouvés au centre de courbes, etc.
Ce sont ces éléments, ainsi que des poteries retrouvées au cœur des pistes, qui ont permis la datation des lignes de Nazca. Elles ont été comparées à celles découvertes dans les sites funéraires de cette civilisation, permettant d’établir qu’un seul et même peuple était à l’origine de ces deux dépôts. À ce jour, les géoglyphes de Nazca sont datés d’une période allant de 200 avant notre ère à 600 après J-C.
Cette datation rentre, alors, en contraction avec les éléments avancés par Robert Charroux, à savoir que les pistes de Nazca seraient l’œuvre de civilisation(s) extraterrestre(s). Cette idée est appuyée par d’autres éléments connus des archéologues. En effet, tous les dessins et figures de Nazca ne sont pas visibles depuis le ciel puisque certains sont réalisés sur des coteaux permettant de les observer du sol.
De plus, ils ne sont pas uniques au monde, pour les lecteurs de ce billet de blog habitants en France métropolitaine ou en Europe de l’Ouest, l’exemple le plus proche, géographiquement, que l’on ait est le Cheval blanc d’Uffington, daté de l’âge du bronze (il y a ± 3 000 ans).
Crédit : Yann Arthus-Bertrand, 1998.

En définitive, les pistas de Nazca n’ont pas été réalisé il y a des millions d’années par une civilisation supérieure venue sur Terre, mais par la civilisation qui a donnée son nom à cette ville. Pour Robert Charroux, néanmoins, elles sont un exemple parmi tant d’autres. Ainsi, avec les pierres d’Ica, il constitue un ensemble de sites archéologiques, sur lesquels il passe plus ou moins rapidement, afin de démontrer l’existence d’une civilisation plus ancienne que ce que les archéologues ont mis au jour. Il créé, ainsi, ce que l’on nomme un mille-feuille argumentatif29.
Autres cas
Pour donner plus de poids à son hypothèse des Anciens AstronautesB qui auraient foulé la Terre, il y a des millénaires afin de peupler, ou éduquer nos ancêtres, Robert Charroux accumule dans son ouvrage tout un tas d’histoires, censées constituer des preuves. Ces dernières sont évoquées afin de légitimer ce qui a été avancé, en amont, au sujet des Pierres d’Ica et des pistas de Nazca. Le but est de « démontrer » au lecteur que s’il y a autant de « preuves », autant de cas répertoriés, c’est pour une bonne raison, et dans ce cas, pour donner raison aux hypothèses émises par l’auteur.
« Ces monuments, ces dessins, même si les techniques sont différentes, relèvent d’un gigantisme qui suppose une idée identique avec un dénominateur commun : race inconnue de constructeurs. »30
Revenons sur chacune d’entre elles, de manière concise :
Glozel
C’est ainsi que nous retrouvons l’affaire Glozel, dont nous avons déjà parlé sur ce blog, et dont vous pouvez retrouver l’article ici.
Tout commença en 1924 lorsque, Emile Fradin et son grand-père découvrirent des ossements, des objets en pierre ou en os et des morceaux de céramique, pendant qu’ils défrichaient un champ. Persuadé d’avoir fait une découverte importante, Emile Fradin va entreprendre des fouilles dans ce champ, d’abord seul, puis en compagnie d’Antonin Morlet. Rapidement, les archéologues de métier vont en déduire que le site, daté du Néolithique31 par Morlet, notamment, est l’œuvre d’un, ou de plusieurs, faussaire(s).
L’utilisation de ce cas, permet à Robert Charroux d’avancer l’idée que :
« La France partagerait […] le privilège d’avoir connu les premiers âges du fer. »32
Cependant, l’archéologie considère, à ce jour, que l’âge du fer aurait débuté aux alentours de 1 200 avant notre ère, en Anatolie (actuelle Turquie). Cette donnée rentre en contradiction avec l’hypothèse de Robert Charroux, qui refuse d’admettre, pour des raisons idéologiques, que les origines de l’écriture et d’autres avancées ont eu lieu dans cette zone géographique que l’on nomme le Croissant Fertile.
La Vaulx
Le cas des rochers gravés de La Vaulx, à Saint-Aubin de Baubigné, dans le département des Deux Sèvres, est plus difficile à cerner. En effet, rares sont les sources qui concernent ce site archéologique et la plupart d’entre elles datent des année 1900-1910.
Selon Marcel Baudoin, les pierres gravées auraient été découvertes en 1876, par un jeune chasseur33. Il aurait confié sa trouvaille au marquis de la Bretesche, qui, à son tour, en parla à Amédée de Béjarry ainsi qu’à Fortuné Parenteau, directeur du Musée Archéologique de Nantes.
« A ce moment, on attribuait dans le pays ces gravures à un vieux berger, idiot, ayant vécu quelques années auparavant. M. Parenteau, ajoutant crédit à cette naïve croyance, abandonna ses recherches. »34
Aujourd’hui classé Monument historique, le site se visite, en accès libre, toute l’année et certaines de ces pierres sont conservées au sein du musée l’Abbaye, à Mauléon. Dans les médias, les conservateurs de ce musée avancent une date de réalisation, de ce site, à l’âge du Bronze. Néanmoins, en l’absence de travaux récents à ce sujet, nous ne pouvons en être certains.
En revanche, ce qui est sûr, c’est que l’interprétation qui en a été faite par Robert Charroux, à savoir que ces gravures représenteraient des hommes modernes, témoignant de l’existence d’une civilisation ancienne avancée, est, quant à elle, totalement rejetée.
Bibliothèque du Magdalénien Lussac-les-Châteaux
À Lussac-les-Châteaux, ville située dans le département de la Vienne, se trouve une grotte préhistorique, dite de la « Marche ».
Selon Morgane Calligaro, elle fut découverte, en 1937, par Léon Péricard et Stéphane Lwoff35, qui y réalisèrent des fouilles durant cinq ans36. Les deux chercheurs, ainsi que leurs successeurs, y découvrir des tablettes gravées situées dans des couches archéologiques, permettant de dater l’ensemble de la période magdalénienne (entre 15 904 et 14 996 avant notre ère).
Ce qui est intrigant dans ce dépôt, c’est le nombre important de représentations humaines, réalisées sur des plaques de calcaires et de grès. En effet, c’est un élément que l’on retrouve peu dans d’autres sites ou dépôts préhistoriques de cette période.
Ce sont sur ces figures, que l’intérêt de Robert Charroux se porte, car il y voit des hommes préhistoriques habillés tel que l’homme moderne pourrait l’être aujourd’hui. De cette interprétation, il en déduisit deux éléments :
1- La première étant qu’il ne devait pas faire si froid durant la période magdalénienne, que ce que les chercheurs nous disent. Négligeant totalement, de fait, les différents changements climatiques qu’a connue notre planète ainsi que le réchauffement actuel, accéléré par l’activité humaine.
2- La deuxième étant que les figures humaines représentées pourraient être celles d’êtres supérieures venues sur Terre pour élever, éduquer, les « populations primitives ».
Si, encore aujourd’hui, ce dépôt découvert dans la grotte de la Marche, à Lussac-les-Châteaux, fait l’objet d’études, il est, en revanche, bien admis qu’il ne s’agit pas de représentations d’ « Ancêtres Supérieurs », tel qu’avancé par Robert Charroux.
Dalle de Palenque

« Le défunt roi Pacal est placé devant un cosmogramme, et en même temps, on le voit en effet tomber dans les mâchoires décharnées du monstre terrestre . »37
Claude-François Baudez
La dalle de Palenque mesure 3,80 m de long, 2,20 m de large 0,25 m d’épaisseur, pour un poids total de 6 tonnes.
La Dalle dite de « Palenque » a été découverte en 1952, dans le temple des Inscriptions de Palenque, une ancienne cité maya se trouvant au Mexique.
Cette stèle de calcaire recouvrait les restes du roi K’inich Janaab’ Pakal Ier, plus connu sous le nom de Pacal II, qui aurait vécu de 603 à 683. Pour les archéologues, l’interprétation du dessin de la stèle permet de conclure que l’homme représenté au milieu n’est autre que le roi Pakal.
Il se trouve au-dessus du masque du monstre de la Terre, souvent utilisé dans l’iconographie maya pour symboliser la mort et au-dessous d’un quetzal, oiseau dont les plumes servaient uniquement aux parures des chefs, pour symboliser la vie. Pakal est, alors, entre les deux sur un autel sacrificiel, donnant ainsi sa vie pour que la germination soit bonne.
Cette iconographie, plutôt claire pour les archéologues spécialistes de cette civilisation, l’est moins pour un public non averti. Ainsi, la dalle de Palenque a été, dès sa découverte, nommée le « Cosmonaute Maya ». Pour les archéomanes, dont Robert Charroux, il n’est, on ne peut plus clair, qu’il s’agit là de la représentation d’un homme dans une fusée, témoignant de la visite d’une civilisation extraterrestre, il y a des millénaires.
Comme nous venons de le voir, cette interprétation rentre en contradiction avec les connaissances établies à ce sujet.
Les tablettes Naacals
En 1926, le colonel James Churchward publia un ouvrage qui va marquer durablement les archéomanes : The Lost Continent of Mu38.
Il y raconte comment, un jour, il fit la rencontre d’un prêtre indien qui lui apprit à lire les textes d’une civilisation disparue, qu’il nomme les Naacals. Ce nom fut, mentionné pour la première fois, sous la plume d’Augustus Le Plongeon, en 1896.
Toujours selon Churchward, après avoir insisté auprès du prêtre afin qu’il lui montre les tablettes, il en traduisit le contenu : les Naacals auraient habité la terre de Mû, continent qui aurait disparu à la suite d’un déluge, qui se trouverait entre les îles d’Hawaii et de celles de Fidji et de Pâques. Cette civilisation, plus sophistiquée que la nôtre, aurait donnée naissance aux cultures : indienne, babylonienne, perse, égyptienne et maya.
Aujourd’hui, les archéologues et chercheurs considèrent les ouvrages de Churchward, au sujet de Mu, comme étant des romans. En effet, nul autre que le colonel ne rapporta avoir vu ces tablettes, qui semblent avoir été inventées par ce dernier. Le continent de Mu, quant à lui, semble être une réécriture du mythe de l’Atlantide, bien connu des historiens, qui ne lui accorde aucun crédit (nous en reparlerons).
La ligne Paracas-Ica-Tiahuanaco
Un autre thème récurrent chez les archéomanes est la création d’une ligne sacrée ou d’un équateur. Pour cela, ils utilisent la carte d’un pays ou une mappemonde sur laquelle ils ajoutent des sites archéologiques qu’ils considèrent comme étant exceptionnels, avant de les relier entre eux. Ils obtiennent, alors, une « ligne droite » qu’ils interprètent comme étant le témoignage d’une civilisation supérieur. En effet, selon eux, le hasard ne peut pas permettre que certains sites archéologiques puissent s’aligner le long d’une ligne.
C’est ainsi que nous retrouvons, dans l’ouvrage de Robert Charroux, la ligne Paracas-Ica-Tiahuanaco :
1- Paracas : est une ancienne civilisation qui se trouvait sur la presqu’île de Paracas, située au nord d’Ica, au Pérou. Lors de fouilles archéologiques, de nombreuses sépultures creusées dans le sable furent mises au jour. Ces dernières renfermaient des momies, « ainsi que des textiles ornés de broderies figuratives représentant des divinités ou des êtres mythiques, souvent antropozoomorphes »39.
2- Ica : où furent retrouvées les fameuses pierres dont nous avons parlé dans la première partie.
3- Tiahuanaco : est une civilisation pré-inca qui vit le jour aux abords du lac Titicaca, situé en actuelle Bolivie. Cette cité est notamment connue pour « ses vastes édifices en pierre, […] dans lesquels de hautes sculptures monolithiques reproduisent les divinités d’un culte »40 ainsi que pour sa Porte du Soleil. Pour l’auteur, ces blocs monolithiques, n’ont pas pu être déplacés par ce peuple. Par conséquent, ces réalisations seraient l’œuvre de géants.
Cette ligne est interprétée comme étant la preuve d’un passage extraterrestre puisqu’il s’y trouverait les trois sanctuaires des Andes. Cependant, parmi ces trois sites, le dépôt de la nécropole d’Ica a été augmenté par des faux, questionnant, ainsi sa place sur cette ligne. De plus, d’autres sites archéologiques furent découverts en Amérique latine, certains étant d’autant plus importants que les trois évoqués ici. Nous pouvons en conclure que la réalisation de cette ligne ne repose sur rien et qu’elle ne permet pas de valider les thèses avancées.
Les cairns et les cirques de la Cordillère des Andes
Au cours de ses recherches sur les civilisations ayant vécu en Amérique latine avant la colonisation, Robert Charroux va se pencher sur le site de Moray.
Crédit : Philipp Weigell

Il identifie cette construction, qui ressemble à un pustule foncé, comme étant un cairn ou encore un amphithéâtre où se seraient déroulés des jeux de plein air et de combats. Ici, l’auteur réalise un anachronisme puisqu’il attribue à cette construction Inca, la même fonction qu’avaient les amphithéâtres durant la Rome antique ou les théâtres de la Grèce antique.
Grâce à des fouilles archéologiques minutieuses et à des études au sujet de la civilisation Inca, on sait qu’il ne s’agissait pas d’un lieu permettant d’accueillir du public. Les gradins, sont en réalité des terrasses permettant des expériences de culture agricole, qui ont été utilisées jusqu’à l’arrivée des Espagnols. À ce jour, trois structures de ce type ont été retrouvées à Moray. Néanmoins, seule la première découverte par Shirppe Johnson en 1932 a été fouillée et restaurée, permettant d’identifier près de 250 espèces de plantes.
Puisque cette structure n’avait pas la même fonction que les théâtres antiques retrouvés sur le continent européen, nous en concluons qu’une seule et même espèce « supérieure » n’est pas à l’origine de ces constructions.
Grande muraille du Pérou
Par la suite, Robert Charroux évoque une construction humaine qu’il nomme « La Grande muraille du Pérou », près de Chan Chan.
Après quelques recherches, on se rend compte que ce nom ne renvoie à aucun résultat. Il faut, donc, enquêter du côté du nom de la citée : Chan Chan.
Capitale de la civilisation des Chimús, elle fut construite en brique crue, aux alentours de 800 de notre ère, sur une surface d’environ 20 kilomètres carrés41. Classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, le site archéologique de Chan Chan est très bien conservé et permet aux chercheurs de reconstituer l’histoire et le fonctionnement de cette civilisation.
Les études portées sur cette dernière indiquent que le site a cessé d’être occupé à partir de 1470, date à laquelle elle fut vaincue par les Incas. En effet, les rivalités entre les deux cités sont plutôt bien connues, puisque sont encore visibles les enceintes réalisées autour des habitations et des lieux de vie.
Enceintes qui peuvent constituer les structures observées par l’expédition Johnson-Shippee et rapportées, par la suite, par Robert Charroux.
Néanmoins, il peut aussi s’agir de systèmes d’irrigations créés par cette civilisation pour répondre aux besoins en eau des habitants de cette cité, construite dans un territoire aride.
Là, encore, nul besoin de chercher une hypothèse exotique, de rechercher une quelconque construction extraterrestre dans cette réalisation bien humaine.
Les figurines d’Acambaro
Découvertes en 1944-1945, par l’Allemand Waldemar Julsrud, à Acambaro, au Mexique, ces figurines constituent un ensemble de 38 objets, selon Robert Charroux. Retrouvées sur un site appartenant à la civilisation tarasque, aux environ du Xe siècle de notre ère, certaines d’entre elles, mis au jour plus tard, représentent assez distinctement des dinosaures.
La découverte de ce dépôt aurait eu lieu en deux temps.
Une première fouille, réalisée par Julsrud et des habitants de la région, aurait mis au jour un premier lot de figurines, mais dont aucune ne représentait le genre humain au côté de dinosaures. C’est, seulement, dans un second temps, que ce type fut rapporté à Waldemar par des habitants peut-être trop intéressés par la prime que ce dernier accordait à quiconque pouvait lui apporter de nouvelles figurines. Cet élément, ainsi que les datations, par thermoluminescence, de ces objets ont permis d’établir que ceux représentant des êtres humains aux côtés de dinosaures sont des faux réalisés aux alentours de 1930-1940.
Ces figurines ne peuvent donc pas être utilisées afin de démontrer que le genre humain est plus ancien et qu’il aurait vécu aux côtés de dinosaures.
Les mounds builders
Le nom « mounds builders » désigne un ensemble de peuples autochtones, ayant vécus dans l’actuelle partie orientale des Etats-Unis, que sont l’Ohio, l’Illinois, le Mississippi et le Wisconsin.
Ayant vécu de -1 000 jusqu’au XIVe siècle, cette civilisation nous a laissé un nombre important de tumulus (mounds en anglais), qui semblent avoir eu des fonctions funéraires. Certaines de ces constructions sont très connues, notamment le tumulus du Grand Serpent, ayant fait l’objet d’un épisode dans la série Ancient Apocalypse (À l’aube de notre histoire), de Graham Hancock, disponible sur Netflix. Il y reprend l’hypothèse également défendue par Robert Charroux, à savoir que ces civilisations étaient trop peu avancées pour en être à l’origine.
À ce sujet, l’auteur accorde du crédit à d’anciennes traditions, qu’on lui aurait rapportées, racontant que ces structures sont l’œuvre d’une :
« race inconnue venue de « l’autre côté de l’océan », donc d’Europe, et dont la civilisation fut anéantie par les autochtones américains »42.
Cette idée rentre en totale contradiction avec ce que nous avons avancé plus haut, à savoir que les recherches scientifiques accordent la paternité de ces tumulus aux peuples autochtones du nord-est des Etats-Unis, ayant disparus, au XIVe siècle, à la suite de différents facteurs, que sont les changements climatiques, les épidémies ou encore les conflits.
Cratères
Finalement, peut-être que cette race supérieure ne provenait pas de l’espace, ni du continent européen, mais plutôt d’un monde parallèle, se trouvant dans notre Terre, nommé Agartha.
Apparu, pour la première fois, dans l’œuvre Les Fils de Dieu de Louis Jacolliot à la fin du XIXe siècle, ce nom désignerait un monde souterrain, dont l’entrée ne pourrait se faire que lors de l’emprunt d’un cratère, permettant d’y descendre. Pour Robert Charroux, aucun doute, l’entrée de ce monde se situerait au Vénézuela dans la région du Sarisariñama, un tepuy situé à 2 300 mètres d’altitude.
Sur ce plateau, se trouvent ce que l’auteur nomme des cratères, mais qui sont, en réalité des dolines. Ce sont des formations géologiques, tout à fait naturelles, faisant suite à une érosion ainsi qu’un effondrement du plateau, qui prennent le nom de cénotes si elles se remplissent d’eau. Dès l’époque de la civilisation maya avait lieu un culte aux dieux du Xibalba43 autour de ces formations, considérées comme étant des zones communiquant avec l’« inframonde ». Charroux reprend ici cette tradition afin d’accréditer son récit, censé démontrer l’existence d’Agartha.
Même si ces dolines posent encore beaucoup de questions aux géologues, l’on sait, en revanche, qu’elles ne permettent pas l’accès à un monde souterrain, si tant est qu’il existe.
En définitive, nous constatons, dans le récit de Robert Charroux, un mélange des genres entre de véritables découvertes archéologiques, qu’il agrémente d’interprétations rejetées par les recherches scientifiques, et entre faux fabriqués de toute pièce dans le but de servir une hypothèse ou une idéologie. Cet ensemble de « preuves » avancées constitue, nous l’avons dit un peu plus haut un mille-feuille argumentatif29, dans lequel le lecteur est prié de se dire : « Il y a tellement d’éléments, donc, c’est forcément vrai ». Or, lorsque l’on creuse un peu comme nous venons de le faire, on se rend vite compte que ces hypothèses reposent sur très peu de choses, voire sur rien. Cependant, elles sont présentées aux lecteurs pour servir un narratif, qui est que notre monde aurait été visité il y a des millénaires par des extraterrestres qui auraient « éduqué » les peuples primitifs. C’est ce que l’on appelle la théorie des Anciens Astronautes ou néo-évhémérisme.
… Au profit de la Théorie des Anciens Astronautes
« L’homme princeps, le premier de tous, serait vieux de millions de millions d’années. Sa patrie d’origine serait une planète lointaine dans l’espace et dans le temps, sans doute même extérieure à notre univers connu »44.
Cette hypothèse, au cœur de l’ouvrage de Robert Charroux, prend sa source, dans un premier temps, dans des romans de sciences-fictions et notamment dans ceux d’Howard Phillips Lovecraft : L’Appel de Cthulhu ainsi que Les Montagnes hallucinées. On y retrouve des extraterrestres, assimilées parfois à des anciens dieux ou démons, venues sur Terre il y a des millénaires45. Ces œuvres auraient inspiré Louis Pauwels et Jacques Bergier pour la rédaction du Matin des Magiciens, dont nous avons déjà parlé en introduction.
Mais, de quoi parle-t-on lorsque l’on emploie les termes « théorie des Anciens Astronautes » ? Quels sont les éléments s’y rapportant dans L’Énigme des Andes ? Et quels sont les apports de Robert Charroux à cette hypothèse ?
La Panspermie
« La première civilisation terrestre fut apportée par le peuple des étoiles, thèses que corroborent les découvertes archéologiques contemporaines et le souci qu’ont désormais les gouvernements de se pencher sans parti pris sur le prodigieux problème des Ovni ! »46
Si Robert Charroux développe autant le volet archéologie/archéomanie dans son ouvrage, c’est pour une raison bien précise. En effet, tous les sites que nous avons évoqués plus tôt sont, pour lui, les preuves que, dans notre passé, une civilisation extraterrestre aurait rendue visite à notre planète.
Nous avons là, le départ de la théorie des Anciens Astronautes, même si ce concept, au moment de la rédaction de l’ouvrage n’existait pas encore. Il utilise, alors, le terme de panspermie.
Le mot panspermie renvoie à plusieurs hypothèses concernant le développement de la vie sur Terre ayant été apportée par un ou des éléments perturbateurs, d’origines extraterrestres. Néanmoins, ici, pour des raisons d’économie et de compréhension, nous ne développerons que l’idée avancée par Robert Charroux, à savoir qu’une civilisation avancée aurait peuplé notre Terre il y a des millénaires.
Pour cela, il ne s’appuie pas uniquement sur les sources archéologiques, dont nous avons parlé plus tôt, afin d’accréditer cette thèse. Effectivement, on retrouve, dans L’Énigme des Andes, bon nombre de références aux textes anciens et, notamment, à la Bible, réinterprétée par le prisme de cette hypothèse, même si Charroux reconnaît que cette dernière est faillible dans l’absolu, puisque « incomplète ». Ainsi, par exemple, la mention des anges serait, en réalité, l’évocation du souvenir du passage des extraterrestres, considéré comme des dieux par nos ancêtres.
Plus loin dans le livre, il nous confie plus d’information au sujet de cette civilisation :
« Les initiateurs venus de quelque planète de notre galaxie (Vénus probablement) ont eu une existence réelle, du moins beaucoup le pensent. »47
L’idée principale que défend l’auteur est qu’une vie extraterrestre aurait foulé le sol de notre Terre à deux moments de notre histoire : il y a 12 000 ans environ et il y a 5 000 ans.
Nous avons peu d’informations au sujet de la première, en revanche, il nous apprend que la deuxième aurait été causée par l’arrivée de la comète Vénus, dans notre système solaire, devenant ainsi une nouvelle planète s’intercalant entre Mercure et la Terre. Une fois installés sur notre planète, les Vénusiens auraient fondé et régné sur :
« Les plus anciennes civilisations connues […] sur la Cordillère des Andes »48.
Mais aussi en Phénécie et en Assyro-Babylonie. Il attribue, ainsi, la paternité des monuments historiques anciens, dont nous avons encore des traces aujourd’hui, à ces extraterrestres. Et ce, au détriment de nos ancêtres, véritables constructeurs des pyramides d’Egypte, de Mycènes, des temples grecs, des constructions d’Amérique latine, etc.
Cependant, cette hypothèse rentre en totale contradiction avec les données astronomiques établies au sujet de notre Terre ainsi que de notre système solaire.
Grâce à l’observation de systèmes proto-planétaires, c’est-à-dire de systèmes solaires naissant, nous arrivons à mieux appréhender la manière dont se créé une étoile et les planètes qui l’entourent. Nous avons, par ailleurs, déjà abordé l’une de ces recherches dans mon article « Destination Orion ».
En bref, ces nouveaux systèmes se formeraient à partir de l’effondrement d’un nuage de gazs, permettant la création d’une étoile et l’agrégation de matière donnant naissance aux planètes telluriques ou gazeuses. Après quelques milliers d’années de formation, ressemblant à une partie de billard cosmique, où chaque planète trouve sa place et où elle n’est pas percutée par de grands astéroïdes, le système se « stabilise ». C’est le cas de notre système solaire, qui ne rencontre plus de périodes, que l’on appelé de « bombardements massifs » d’astéroïdes, depuis 4 milliards d’années.
Même s’il arrive encore que des objets extérieurs viennent traverser notre système solaire, tel que des astéroïdes ou des comètes, nous ne rencontrons plus d’éléments s’apparentant à une planète depuis lors. Par conséquent, on estime, contrairement à ce qu’avance Robert Charroux, que Vénus a une date de formation identique ou quasi-identique à celle de notre Terre, soit il y a 4,5 milliards d’années.
Cependant, ces informations nous poussent à nous poser une question : si notre Terre a, réellement, accueillie une civilisation extraterrestre, pourquoi n’en gardons-nous pas de traces à l’heure actuelle ?
Disparus lors d’un déluge
Dans l’Énigme des Andes, l’auteur passe un temps considérable à nous informer que les plus anciens et plus extraordinaires sites archéologiques d’Amérique latine proviendraient d’une race supérieure, extraterrestre, muée en divinité.
Néanmoins, si, à ce stade, le lecteur n’est pas convaincu de la véracité de ces propos, Robert Charroux ajoute une hypothèse, qui semble rentrer en contraction avec ce qu’il a avancé jusqu’alors : une civilisation extraterrestre est bel et bien venue sur Terre, mais nous n’en gardons aucune trace.
En effet, cette dernière aurait disparu lors du déluge universel, événement rapporté par nos ancêtres qui l’ont gardé en mémoire et qui auraient réalisé ces monuments en leur souvenir.
Pour avancer cette idée, il s’appuie sur de nombreux textes anciens faisant référence à un tel cataclysme, dont la Bible ; mais aussi sur des ouvrages ayant marqué le monde de l’ésotérisme, comme le Timée et le Critias de Platon, La Doctrine Secrète d’Héléna Blavatsky, etc.
De fait, Charroux avance l’hypothèse suivante : il y a des millions d’années, notre Terre était peuplée par des ancêtres supérieurs, habitants, dans un premier temps la Terre de Mû, puis l’Atlantide. Malheureusement, cette civilisation fut engloutie par les eaux ne laissant aucune trace, hormis un souvenir marqué vivement dans les mémoires de nos ancêtres qui l’évoquèrent dans d’anciens textes.
« Mûens, Atlantes ou Préatlantes, ont disparu dans un immense cataclysme. »49
Nous avons déjà, furtivement, parlés de la Terre de Mû dans la partie traitant des tablettes Naacales, mais revenons-y un peu plus en détail.
Avancée pour la première fois par Brasseur de Bourbourg, en 1866, Mû serait un continent de l’Océan Pacifique qui abritait, autrefois une civilisation avancée. Reprise par James Churchward, en 1931, il développa cette idée dans plusieurs de ses ouvrages et, notamment, dans Mu, le continent perdu, contribuant à la publicité de cette hypothèse.
Sur des tablettes qu’il aurait mises au jour en Inde, il découvrit l’histoire de l’Empire du Soleil (Mu), vivant sur une île du Pacifique.
À l’aube du 12e millénaires avant notre ère, ce territoire aurait subi un cataclysme tel qu’il aurait intégralement disparu, emportant avec lui près de 64 millions d’habitants. Cependant, quelques rescapés se seraient installés en Birmanie ainsi qu’en Amérique latine, transmettant ainsi leurs savoirs aux autochtones, permettant, par la suite, la réalisation des sites archéologiques précités.
Cette histoire, peu connue, est pourtant proche d’une autre, née sous la plume de Platon au Ve siècle avant notre ère : le mythe de l’Atlantide.
Contrairement à Mu, cette île se trouverait « au-delà du détroit de Gibraltar », par conséquent, dans l’Océan Atlantique. Laissé de côté pendant des siècles, c’est Héléna Blavatsky (dont nous avons déjà parlé dans mon article consacré à Lobsang Rampa) qui sortit de l’oubli l’Atlantide au profit de sa doctrine : la théosophie.
Il est intéressant de remarquer que seul Platon mentionna dans ses œuvres, que sont le Timée et le Critias, l’existence de l’Atlantide. Nous pouvons, dès lors, nous questionner quant à la véracité de ce récit.
Fort bien compris par les historiens qui se sont penchés sur ce texte, le récit de l’Atlantide témoigne, en réalité, des conflits passés de la Grèce antique avec l’empire Perse.
Même si Platon n’était pas né au moment de la fin des conflits, il fut fortement marqué par le souvenir rapporté par les anciens et notamment par son maître, Socrate, qui avait participé à la bataille décisive de Marathon, en 490 avant notre ère. Il s’agit de la raison pour laquelle nous retrouvons dans son récit des éléments de la société Atlante se rapportant à celle de la Grèce Antique ou de l’Empire Perse. L’on comprend alors que l’invention du mythe de l’Atlantide sous la plume de Platon, avait pour but de magnifier la Grèce, au détriment des Perses sans pour autant citer ni l’un, ni l’autre.
Cependant, même si l’Empire achéménide, le premier empire perse, s’effondre en -330, aucune des deux civilisations ne connut un cataclysme tel que celui décrit dans l’ouvrage de Platon. Nous pourrions, dans ce cas, en déduire, tout comme le fait Robert Charroux, que l’Atlantide consiste en île ayant réellement disparu.
Là encore, les historiens nous donnent des éléments de réponse :
« Platon ne pouvait pas laisser subsister ce pays fantastique, puisqu’il n’existait pas. »50
Jean-Pierre Adam
Il doit, alors, inventer une fin à son récit qu’il trouve en faisant intervenir un cataclysme, provoqué par Poséidon51 afin de punir cette société décadente. Il est fort probable que, à cette fin, il s’inspire d’éléments ayant réellement eu lieu, tel que la destruction de l’île de Théra à la suite d’une éruption volcanique en 1450 avant J-C, ou encore par les nombreux séismes qui touchent régulièrement la Grèce.
En définitive, rien ne nous permet d’affirmer l’existence de l’Atlantide. Cette donnée fut confirmée par l’opération Famous, menée en 1973 et en 1974, portant sur l’étude des plaques tectoniques :
« À l’époque présumée où l’Atlantide et l’Empire de Mu doivent s’épanouir, on ne trouve en quelque point du globe que ce soit, que les couches correspondant au paléolithique, avec une chronologie « normale » jusqu’au sol moderne. »52
Jean-Pierre Adam
Par conséquent, l’hypothèse de l’existence d’un continent ou d’une île appelée Mu, Atlantide ou par tout autre nom, est rejetée par la théorie de la dérive des continents53. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’aucune ville n’a jamais été engloutie par les eaux, prenons l’exemple d’Alexandrie (en partie), de Pavlopetri, de Thônis-Héracléion, ou encore de Canope.
Or, si les sites archéologiques que nous avons évoqués n’ont pas été construits par une civilisation d’outre-espace et que cette dernière n’a pas pu vivre sur Terre puisque l’Atlantide est Mu sont rejetées par la science, cela veut-il dire que nous n’avons jamais reçu la visite d’extraterrestres ?
La réalité d’une vie extra-terrestre ?
La question de la présence d’une vie, ailleurs que sur notre Terre est complexe et occupe les astronomes depuis des millénaires.
Sommes-nous seuls dans l’univers ? En voilà une interrogation vertigineuse, dont on ne sait pas, d’ailleurs, si on souhaite vraiment connaître la réponse. Et pourtant, elle fait partie de ces questions qui permettent aux gourous, aux pseudo-chercheurs, aux chercheurs de vérité, d’appâter le chaland et de recruter de nouvelles ouailles.
Pour Robert Charroux, cette question ne se pose pas, en témoigne le nombre d’apparitions d’Ovni qu’il relate dans l’Énigme des Andes. De fait, il est convaincu de l’existence d’une vie extraterrestre :
« Voilà donc plus de 2 500 ans que les esprits les plus éclairés de la Terre croient que certaines zones du ciel sont habitées par d’autres hommes. »54
Suite à ce passage, on retrouve une liste de personnages connus, ayant laissé des écrits, que sont Anaximandre, Origène, Descartes, Bailly, Pythagore, Lucrèce, etc. On a là un parfait exemple d’argument d’autorité55, qui, s’il semble impressionnant de prime abord, ne valide pas pour autant la thèse défendue.
Alors qu’en est-il ? Vie extraterrestre ou non ?
Pour répondre à cette question, il faut se tourner vers Enrico Fermi, un physicien italien, qui, en 1950, proposa ce que l’on nomme « Le Paradoxe de Fermi », et qui peut se résumer de la manière suivante :
« S’il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ? »
Nous pourrions objecter que bon nombre de personnes rapportent, de bonne foi, avoir observé, voire même rencontré des Ovnis (Objets Volants Non Identifiés). Robert Charroux nous en propose de nombreux exemples, tels que le cas de Valensol, dans les Alpes-de-Haute-Provence et ayant eu lieu en 1965.
En France, ces observations peuvent être rapportées au GEIPAN, Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés, un service rattaché au CNES (Centre National d’Études Spatiales). Ce dernier a pour but de collecter et de regrouper les informations concernant une possible apparition en amont de la réalisation d’une enquête afin de déterminer s’il s’agit ou non d’un engin extraterrestre.
À ce jour, les enquêtes résolues par le GEIPAN démontrent que ces observations s’expliquent soit par des phénomènes naturels, soit par l’apparition d’objets bien humains :

« La statistique porte sur les cas publiés d’observations intervenues entre 2019 à 2023 et dont les phénomènes ont été identifiés (cas classés A ou B). Les phénomènes ont été regroupés par famille de phénomènes. »56
Crédit : GEIPAN, 2023.
Or, une fois que nous avons établi que les apparitions d’OVNIs se rapportent à des phénomènes naturels ou humains, pouvons-nous en conclure qu’il n’existe pas de formes de vie ailleurs que sur notre planète ? La réponse à cette question est éminemment complexe.
On suppose, de nos jours, que dans notre système solaire, pourrait se trouver une forme de vie, peut-être au stade d’organisme unicellulaire dans une des lunes de Jupiter : Europe. En effet, l’on considère que cette dernière « pourrait abriter un océan d’eau souterrain et une vie extraterrestre grâce à son réchauffement par effet de marée »57. Cependant, rien ne permet, pour l’heure, de confirmer cette information, puisqu’aucun objet fabriqué par l’Homme n’a rendu visite à cet astre, en dehors d’une mise en orbite.
Il semblerait, par ailleurs, que l’émergence d’une forme de vie peu évoluée, serait tout à fait possible sur une planète disposant de bonnes conditions climatiques, ainsi que d’éléments chimiques nécessaires à son apparition, tels que le carbone, l’hydrogène, le potassium, l’azote, des protéines, etc. Mais qu’en est-il d’une forme plus avancée, telle que notre espèce ?
« Les scientifiques estiment que les exoplanètes semblables à la Terre et situées dans les régions habitables d’étoiles analogues à notre Soleil pourraient se chiffrer en billions. »58
Óscar Augusto Rodríguez Baquero
Pour déterminer la possibilité qu’une planète soit peuplée d’une forme de vie intelligente, Frank Drake59 proposa, en 1961, une équation « afin de définir le nombre de civilisations extraterrestres susceptibles d’être détectées dans l’espace »60 :
N = R* x fp x ne x fl x fi x fc x L
Pour aider à la compréhension de cette équation semblant compliquée, de prime abord, voici quelques indices :
- N : correspond au nombre de civilisation se trouvant dans notre galaxie. C’est la donnée que nous cherchons à obtenir. Pour l’établir, nous avons besoin des informations suivantes :
- R* : est le nombre d’étoiles qui se créée chaque année dans notre galaxie.
- fp : le nombre d’étoiles ayant des planètes orbitant autour.
- ne : l’estimation du nombre de planètes propices à la vie par étoile. Autrement dit, l’estimation du nombre de planètes comme la Terre dans un autre système solaire.
- fl: part de ces planètes où la vie apparaît effectivement.
- fi : part de ces planètes où apparaît une forme de vie intelligente.
- fc : part de ces planètes étant en capacité et voulant communiquer au-delà de leur système solaire.
- L : la durée de vie moyenne d’une telle civilisation, en années.
Malheureusement, à ce jour, nous n’avons pas la réponse à cette équation :
« Selon l’optimisme avec lequel on mesure chacun des paramètres, le résultat va de dix civilisations extraterrestres détectables par an, à une seule sur des millions d’années. »61
Même si, pour Frank Drake, « trouver d’autres formes de vie dans l’Univers n’est qu’une question de temps », force est de constater, qu’à ce jour, nous ne sommes pas entrés en contact avec l’une d’entre elles. Par conséquent, et ce, jusqu’à preuve du contraire, nous devons considérer que nous sommes seuls dans l’Univers et que nous n’avons jamais reçu la visite d’une civilisation extraterrestre.
Dans ce cas, pourquoi Robert Charroux accorde-t-il tant d’importance à une hypothétique civilisation d’êtres supérieurs venus d’outre-espace dans ce livre ?
En réalité, il s’agit d’un moyen détourné pour promouvoir des idées eugénistes et racistes, que l’on découvre en creux, au fur et à mesure de notre lecture.
… Au service d’idées eugénistes
« Les travaux des archéomanes ont souvent pour but de revenir à une autorité d’un récit biblique ou nationaliste, au prix de divers efforts de concordisme ou de négation des datations. »62
Thomas C. Durand
Si Robert Charroux insiste autant sur le fait que les peuples autochtones d’Amérique latine n’ont pas pu construire les monuments que l’on voit aujourd’hui, c’est pour une raison tout à fait raciste.
En effet, il transparaît dans son ouvrage que la « civilisation » ne peut provenir que d’une société d’Europe Occidentale. Or, sachant pertinemment que les Européens ne sont pas à l’origine des sites archéologiques que nous avons vu en première partie, en dehors des sites de Glozel, La Vaulx et Lussac-les-Châteaux, il préfère faire intervenir des « Ancêtres Supérieurs » extraterrestres au détriment des véritables constructeurs, que sont les peuples autochtones.
Nous avons là un parfait exemple de suprémacisme blanc : « une idéologie raciste, fondée sur l’idée de la supériorité de ceux parmi les humains dont la peau est perçue comme blanche par les autres ou par eux-mêmes par rapport aux autres humains. Plus largement, il considère la civilisation occidentale comme dominante et supérieure aux autres. »64
Par ailleurs, Charroux nous dit, clairement, dans son livre :
« Jadis, les Dieux blancs venaient du ciel ».65
Nous retrouvons, ici, l’idée selon laquelle certaines populations seraient les descendantes d’ « Ancêtres Supérieurs », faisant d’elles des civilisations plus avancées, quoi que cela puisse dire, au détriment des autres. Bien évidemment, cette affirmation ne repose sur rien, mais elle sert, néanmoins ce narratif qui considère les autres peuples comme étant inférieurs aux Européens.
L’auteur ne se contente pas de cette simple affirmation exotique. Au contraire, il use d’autres arguments pour appuyer son propos. En effet, si nous accordons du crédit au fait que l’être humain descendrait d’une civilisation extraterrestre, nous devons en déduire que les avancées scientifiques de ces dernières décennies, au sujet de la genèse de notre espèce, sont fausses :
« L’homme princeps découle d’une mutation sélective du tronc primate qui est l’origine du groupe biologique des animaux les plus intelligents. Il ne descend pas du singe […]. »66
Javier Cabrera
À ce sujet, nous avons, notamment, évoqué, en introduction, que les récits pseudo-historiques ont pour particularité de rejeter l’évolutionnisme.
Cette théorie avancée, entre autres, par Charles Darwin, nous apprend que le genre humain n’est pas né de la main de Dieu, mais est plutôt le fruit d’une évolution génétique, ayant eu lieu durant des millénaires (et continue d’avoir lieu), à partir d’un organisme unicellulaire, soit une bactérie. Néanmoins, cette idée est rejetée par les archéomanes pour qui la Bible dit vrai au sujet de la création du monde et pour qui il n’est pas envisageable que l’être humain provienne d’Afrique. Par conséquent, Robert Charroux s’inscrit en porte-à-faux des données scientifiques établies depuis le XIXème siècle.
Au-delà d’effectuer une hiérarchisation des individus en fonction de leur couleur de peau, Charroux, dénigre, également, les êtres humains n’ayant pas la même religion que lui, à savoir le catholicisme :
« Et la nouvelle terre pour quelques exégètes signifierait que le peuple juif – peut-être d’origine extra-terrestre – trouverait un jour la vraie Terre Promise ailleurs que sur notre globe ! »67
La civilisation extraterrestre qui aurait donné vie aux personnes de religion juive, nous le comprenons en creux, est différente et bien inférieure, de ces « Ancêtres Supérieurs » qui seraient les aïeuls de la population européenne. On retrouve, alors, des idées antisémites, discriminant la population juive en raison de leur religion tout en l’invitant, par ailleurs, à quitter notre Terre. Et ce dans le but de favoriser les Européens de religion catholique :
« Dans la France des années 1960, Robert Charroux fait des Aryens les dépositaires de la « semence quasi divine des hommes venus d’une autre planète » et les initiateurs de toutes les cultures humaines à travers le monde »68.
Nous touchons, là du bout des doigts, une autre thématique revenant régulièrement dans l’ouvrage, à savoir l’eugénisme : « ensemble des méthodes et pratiques visant à sélectionner le patrimoine génétique des générations futures d’une population en fonction d’un cadre de sélection prédéfini »69.
Pour Robert Charroux, l’humanité arrive à sa fin. Plusieurs éléments en témoigneraient : la NASA a fait réaliser la plaque de Pioneer pour qu’il reste une trace de l’humanité dans l’espace, les « hommes et les femmes ne peuvent souvent plus être distingués »70, des milliers de personnes souffrent de malnutrition, la crainte d’une guerre atomique, etc.
Si l’humanité est vouée à disparaître, comment éviter cela ? L’auteur, après avoir provoqué la peur chez son lecteur, propose quelques solutions, peu reluisantes.
Pour la première, il se repose sur le récit qu’il nous sert depuis le début, au sujet de la disparition des Ancêtres Supérieurs. Ces derniers auraient vécu les mêmes événements que notre humanité, les précipitant ainsi vers leur perte. Dans leur cas, la « nature » s’en serait chargée en provoquant un cataclysme : le Déluge.
Pour la seconde, il se propose d’éliminer une partie de la population et, plus particulièrement, les « tarés ». Selon lui, si l’humanité va mal, c’est parce que les évolutions médicales permettent, aujourd’hui, à des personnes en situation de handicap de vivre plus longtemps et d’avoir des enfants :
« Les médecins, les chirurgiens, les hygiénistes, les assistantes sociales, philanthropes inconscients assurent la vie et la perpétuation des individus tarés que la nature, plus intelligente, aurait voulu éliminer. »71
Même si Robert Charroux semble peu à l’aise avec l’idée d’une « élimination » de cette partie de la population, rappelant ainsi les heures les plus sombres de notre histoire, il propose, en revanche, une sélection en amont. C’est-à-dire qu’il préconise que des hommes soient choisis selon des critères, qu’il ne développe pas dans son ouvrage, afin d’inséminer des femmes, elle aussi sélectionnées selon ces mêmes critères. C’est ce que firent les nazis, pendant la Seconde Guerre mondiale au travers du Lebensborn72.
Ces affirmations valurent à Robert Charroux d’être qualifié de fasciste, de nazis et l’on comprend mieux pourquoi. Tout son ouvrage est rédigé de telle sorte que, le lecteur découvrant des sites archéologiques extraordinaires, poursuive sa lecture en quête de réponse à ces questions pour arriver, à la fin, à la conclusion que notre humanité va mal et que les deux seules solutions pour la sauver sont le Déluge et/ou l’eugénisme.
Là se trouve tout le talent de Robert Charroux. Sa narration, sa manière d’amener le sujet sont très efficaces. En effet, si le lecteur débute son ouvrage au milieu, il sera choqué de ces affirmations, de ce racisme, de cet antisémitisme et le refermera aussitôt. En revanche, commençant par le début et le récit de la création de sites archéologiques, il sera séduit et poursuivra sa lecture jusqu’à adhérer à ces idées négatives. Là réside toute la problématique d’un tel livre.
Nous pouvons conclure cet article par cette phrase avancée par Robert Charroux, lui-même, dans L’Énigme des Andes et qui résume parfaitement cet ouvrage :
« Nos thèses, nous en convenons volontiers n’ont aucune rigueur scientifique et donnent prise à la contestation ».73
Pourtant, malgré ce manque fulgurant de rigueur scientifique, ce livre connu une diffusion telle que son auteur inspirera, notamment, l’écrivain suisse-allemand Erich Von Däniken. Ce dernier étant à l’origine de l’exportation de ces théories dans les pays de langue anglaise et allemande – en particulier l’idée de l’origine extraterrestre des civilisations humaines.74
Le succès de ces livres fut tel qu’ils connurent des rééditions, mais aussi une présence plus accrue en télévision, notamment, par la réalisation de « Mystères ».
Diffusée à partir du 8 juillet 1992, cette émission est une adaptation de « Unsolved Mysteries », proposée aux États-Unis depuis le 20 janvier 1987. À chaque émission, présentée par Alexandre Baloud, sont narrées au public quatre, cinq ou six histoires ayant trait au paranormal et plus ou moins inspirées par ces publications.
À partir de 1993, « Mystères » fut suivi par le « Journal de l’étrange« , émission proposant elle aussi de revenir sur des événements dits paranormaux. Finalement, « Mystères » s’arrêtera en 1994, par manque d’audimat, mais elle ouvrira la porte à d’autres programmes du même genre que sont : « Normal, paranormal » sur M6, « Les 30 Histoires les plus mystérieuses » sur TF1, « la Grande Soirée du paranormal » sur Direct 8, puis plus tard « La Soirée de l’étrange« , à nouveau sur TF175.
Au-delà de ces émissions de télévision, la collection de Robert Laffont, permit à de nombreuses personnes de s’intéresser à ces « hypothèses » et d’en faire de nouvelles productions bien des années après. C’est ainsi qu’en 2010, vit le jour, le docu-fiction très connu, intitulé La Révélation des Pyramides, réalisé par Patrice Pouillard et Jacques Grimault, encore très diffusé sur la chaîne RMC Découverte. Aujourd’hui, ces discours pseudo-archéologiques et pseudo-scientifiques trouvent une écoute toute particulière sur les réseaux sociaux et notamment YouTube.
Les histoires que nous racontent ces documentaires ou vidéos YouTube sont très séduisantes de prime abord. L’image est belle, le montage correct et la narration très efficace, nous amène, petit à petit, à penser que les membres de la communauté scientifique nous mentent, que des extraterrestres sont venus sur Terre, etc. Même si ces discours ne semblent pas très dangereux à première vue, ils peuvent néanmoins entraîner certaines personnes vers le complotisme, vers le rejet des sciences et de la médecine, et enfin vers des dérives sectaires. Par conséquent, il est important de rester vigilant.
Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les notes de bas de page ainsi que mes sources, certaines sont consultables en ligne. Si le sujet vous intéresse vraiment et que vous souhaitez, davantage, pousser la recherche, je vous invite à lire les ouvrages de Jean-Pierre Adam, de Jean-Loïc le Quellec et de consulter les sites de l’ALDHHAA1 ainsi que le blog d’Irna76. On y trouve beaucoup de contenu au sujet de la pseudo-archéologie.
Envie d’en parler ? Vous pouvez laisser un commentaire ou échanger dans la section « On papote ? »
Sources :
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, 394 p.
- ADAM, Jean-Pierre, Le Passé Recomposé, Édition du Seuil, collection Science Ouverte, 1988, 256 p.
- BAUDOUIN, Marcel, Les rochers gravés de Saint-Aubin-De-Baubigné : découverte de nouvelles gravures. Démonstration de leur âge néolithique et de leurs rapports avec le culte solaire. In: Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, VI° Série. Tome 2, 1911. pp. 534-567. [En ligne] <https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1904_num_48_2_19709>
- BROCH, Henri, Au Coeur de l’Extra-ordinaire, Book-e-book, 1991, 386 p.
- C.DURAND, Thomas, Pyramidologie, aux sources de la pseudo-archéologie, Book-e-book, 2021, 93 p.
- COLLECTIF, L’Amérique Précolombienne, Encyclopaedia Universalis, La grande histoire des Civilisations, 384 p.
- RODRIGUEZ BAQUERO, Óscar Augusto, La présence humaine au-delà du système solaire, collection Voyage dans le Cosmos, RBA, 2018, 160 p.
- ROSSONI, David, La pseudo-histoire décodée, l’exemple de Rennes-le-Château, Book-e-book, 2022, 313 p.
- VOISENAT, Claudie. « L’expérience archéologique, une introduction ». in Imaginaires archéologiques, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2008, <https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.3412>
Pour aller plus loin :
- La Tronche en Biais, Netflix, l’apocalypse et les pseudosciences [TdF8.1], janvier 2023 : Netflix, l’apocalypse et les pseudosciences [TdF8.1] (youtube.com)
- REC TOULOUSE, Le paranormal face à la zététique, 20 juin 2023 : Le paranormal face à la zététique (youtube.com) / Passage sur la dalle de Palenque (timecode : 12:45 – 20:00)
- Astronogeek, 🪐Quelle est la probabilité de l’existence des Extra-Terrestres ?, 15 mars 2019 : 🪐Quelle est la probabilité de l’existence des Extra-Terrestres ? (youtube.com)
Notes :
- L’ALDHHAA, association loi 1901, se donne pour objectif la Lutte contre la Désinformations en Histoire, Histoire de l’Art et Archéologie : <https://aldhhaa.fr/> ↩︎
- VOISENAT, Claudie. « L’expérience archéologique, une introduction ». in Imaginaires archéologiques, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2008, <https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.3412> ↩︎
- Archéomanie, ou archéologie fantastique / romantique : désigne un ensemble de spéculations, de récits, d’hypothèses, pseudo-scientifiques autour de l’histoire et de l’archéologie. Exemple : les pyramides d’Égypte auraient été construites par des Extraterrestres. ↩︎
- ROSSONI, David, La pseudo-histoire décodée, l’exemple de Rennes-le-Château, Book-e-book, 2022. 322p : Premiers chapitres introduisant le terme de pseudo-histoire ainsi que le contexte qui lui permet d’émerger. ↩︎
- La crise des missiles de Cuba est un élément très marquant de la Guerre Froide, qui opposa l’URSS (Union soviétique) aux États-Unis de 1945 à 1989. En 1962, l’URSS décide d’installer des missiles à Cuba, en direction des États-Unis afin de répondre rapidement en cas d’attaque des Américains contre l’URSS. Les missiles n’ayant pas la portée qu’ils ont aujourd’hui, il était alors, impossible depuis une base russe d’envoyer un missile aux États-Unis. L’accord avec Cuba, permettait à l’URSS de se rapprocher de sa cible si le conflit venait à prendre une autre tournure. Les États-Unis prirent cet événement comme une agression et de nombreuses négociations commèrent afin que la Russie retire ses missiles à Cuba, chose qu’elle fit le 27 octobre 1962. Cet événement a fait craindre au monde entier, le départ d’un conflit nucléaire mondial. ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.278 ↩︎
- Selon Wikipédia : « Dans le domaine des études culturelles, une contre-culture se définit comme une sous-culture partagée par un groupe d’individus se distinguant par une opposition consciente et délibérée à la culture dominante ». ↩︎
- VOISENAT, Claudie. « L’expérience archéologique, une introduction ». in Imaginaires archéologiques, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2008, <https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.3412> ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.16. ↩︎
- Selon Wikipédia : « En biologie, l’évolution est la transformation du monde vivant au cours du temps, qui se manifeste par des changements phénotypiques des organismes à travers les générations. » ↩︎
- Primhistoire est le mot choisi par Robert Charroux, lui-même, dans L’Enigme des Andes pour désigner cette « nouvelle histoire » qu’il nous raconte. Aujourd’hui, le terme est associé à celui de « pseudo-histoire ». ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.119 ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.119 ↩︎
- Jean-Pierre Adam dans son livre Le Passé Recomposé, nous informe que l’anesthésie était connue des peuples incas. Elle était réalisée à l’aide de décoction réalisée à base de différents végétaux. ↩︎
- On notera ici que Robert Charroux, non content de dater des objets contemporains à une époque beaucoup plus anciennes, ne donne pas toujours la même date de datation au sein de son livre L’Enigme des Andes. ↩︎
- En 2013, eu lieu, en Ethiopie la découverte d’une mandibule attribuée au genre homo et datée d’environ 2 800 000 ans. Aucun nom n’a encore été attribué à cette espèce, nommée, pour l’instant homo. La publication de cette découverte eut lieu deux après, en 2015. Néanmoins, il est à noter qu’il ne s’agit que d’un tout petit fragment et que par conséquent, il sera difficile de caractériser cette espèce. ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.16 ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.107 ↩︎
- Selon Wikipédia : « Henry Reichlen (1914-2000) est un archéologue, ethnologue, anthropologue et linguiste suisse, spécialiste de l’Amérique précolombienne. » ↩︎
- BROCH, Henri, Au Coeur de l’Extraordinaire, Book-e-book, 1991, p. 71. ↩︎
- ADAM, Jean-Pierre, Le Passé Recomposé, Seuil, Science Ouverte, 1988, 256 p. ↩︎
- BROCH, Henri, Au Coeur de l’Extraordinaire, Book-e-book, 1991, p. 71. ↩︎
- Dans Le Passé Recomposé, Jean-Pierre Adam avance la date de 1949, tandis que les autres sources que j’ai pu consulter ont tendances à s’accorder sur celle de 1939. ↩︎
- Selon Wikipédia : « Un géoglyphe est un un grand motif, réalisé à même le sol ». ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.259 ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.249 ↩︎
- BROCH, Henri, Au Coeur de l’Extraordinaire, Book-e-book, 1991, p. 124-125. ↩︎
- BROCH, Henri, Au Coeur de l’Extraordinaire, Book-e-book, 1991, p. 125. ↩︎
- Selon Wikipédia : « Mille-feuille argumentatif : couramment utilisé pour légitimer les théories du complot, il s’agit d’enchaîner un grand nombre d’arguments, même de faible valeur individuellement, mais qui donnent ensemble une impression de solidité et de massivité de la thèse soutenue. Ce sophisme est utilisé dans de nombreux ouvrages. En ce qui concerne les extraterrestres, cette technique rhétorique peut donner : « Et les crop circles ? Et les nombreux témoignages ? Et les statues d’astronefs précolombiennes ? Et la perfection des pyramides ? Vraiment, les extraterrestres nous rendent visite depuis longtemps » ». ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 257 ↩︎
- Néolithique : 9 000 avant J-C à 3 000 avant J-C :
Cette période débute au Proche-Orient, dans le Croissant fertile. Elle est marquée par la sédentarisation des populations de par le développement de l’agriculture et de l’élevage. Elle se termine avec l’apparition et la diffusion de la métallurgie du bronze, à partir de 3 000 avant J-C. ↩︎ - CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 183 ↩︎
- BAUDOUIN, Marcel, Les rochers gravés de Saint-Aubin-De-Baubigné : découverte de nouvelles gravures. Démonstration de leur âge néolithique et de leurs rapports avec le culte solaire. In: Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, VI° Série. Tome 2, 1911. pp. 534-567. [En ligne] <https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1904_num_48_2_19709> ↩︎
- Capitan Louis, BREUIL Henri, Charbonneau-Lassay Louis. Les rochers gravés de Vendée. In: Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 48ᵉ année, N. 2, 1904. pp. 132-155. [En ligne] <https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1904_num_48_2_19709> ↩︎
- Il est important de souligner, ici, que la page Wikipédia, dédié à la grotte de la Marche, mentionne que la découverte aurait eu lieu en 1860. ↩︎
- CALLIGARO, Morgane, Les visages humains gravés de la Marche (Vienne) dans les collections du Musée de l’Homme. Archéologie et Préhistoire. 2018. [En ligne] <https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01878818/file/Les%20visages%20de%20la%20Marche_Morgane%20Calligaro-1.pdf> ↩︎
- BAUDEZ, Claude-François, Les Mayas, in : COLLECTIF, L’Amérique Précolombienne, Encyclopaedia Universalis, La grande histoire des Civilisations, p.260 ↩︎
- Ayant cet ouvrage à ma disposition, il n’est pas exclu qu’un article sorte à son sujet, un jour ;). Restez connecté, pensez à la newsletter ;). ↩︎
- BOUCHARD, Jean-François, Arts et civilisations de l’Amérique du Sud, in : COLLECTIF, L’Amérique Précolombienne, Encyclopaedia Universalis, La grande histoire des Civilisations, p.291 ↩︎
- BOUCHARD, Jean-François, Arts et civilisations de l’Amérique du Sud, in : COLLECTIF, L’Amérique Précolombienne, Encyclopaedia Universalis, La grande histoire des Civilisations, p.293 ↩︎
- BOUCHARD, Jean-François, Arts et civilisations de l’Amérique du Sud, in : COLLECTIF, L’Amérique Précolombienne, Encyclopaedia Universalis, La grande histoire des Civilisations, p.296 ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 255 ↩︎
- Selon Wikipédia : « Xibalba est le nom donné en maya au monde souterrain dirigé par les dieux de la mort et de la maladie. » ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 85 ↩︎
- WIKIPIEDIA, Théorie des anciens astronautes. [En ligne] <https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_anciens_astronautes> ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 195 ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 259 ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 207 ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 93 ↩︎
- ADAM, Jean-Pierre, Le Passé Recomposé, Seuil, Science Ouverte, 1988, p.48 ↩︎
- Le dieu de la mer dans la mythologie grecque. ↩︎
- ADAM, Jean-Pierre, Le Passé Recomposé, Seuil, Science Ouverte, 1988, p.38 ↩︎
- Selon Wikipédia : « On appelle dérive des continents l’ensemble des déplacements horizontaux des continents les uns par rapport aux autres ». ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 354 ↩︎
- Selon Wikipédia : « Argument d’autorité : consiste à invoquer une autorité lors d’une argumentation, en accordant de la valeur à un propos en fonction de son origine plutôt que de son contenu ». ↩︎
- GEIPAN, Statistiques, Répartition par phénomènes, 2023. [En ligne] <https://cnes-geipan.fr/fr/stats> ↩︎
- WIKIPEDIA, Europe (lune). [En ligne] <https://fr.wikipedia.org/wiki/Europe_(lune)> ↩︎
- RODRIGUEZ BAQUERO, Óscar Augusto, La présence humaine au-delà du système solaire, collection Voyage dans le Cosmos, RBA, 2018, p.125. ↩︎
- Frank Drake : 28 mai 1930 – 2 septembre 2022, était un astronome américain. ↩︎
- RODRIGUEZ BAQUERO, Óscar Augusto, La présence humaine au-delà du système solaire, collection Voyage dans le Cosmos, RBA, 2018, p.135. ↩︎
- RODRIGUEZ BAQUERO, Óscar Augusto, La présence humaine au-delà du système solaire, collection Voyage dans le Cosmos, RBA, 2018, p.135. ↩︎
- C.DURAND, Thomas, Pyramidologie, aux sources de la pseudo-archéologie, Book-e-book, 2021, p. 8. ↩︎
- WIKIPEDIA, Suprémacisme blanc. [En ligne] <https://fr.wikipedia.org/wiki/Supr%C3%A9macisme_blanc> ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 268. ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p. 81. ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.300. ↩︎
- C.DURAND, Thomas, Pyramidologie, aux sources de la pseudo-archéologie, Book-e-book, 2021, p.52. ↩︎
- WIKIPEDIA, Eugénisme. [En ligne] <https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nisme> ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.288. ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.291. ↩︎
- Selon Wikipédia : « Lebensborn e. V. : (Lebensborn eingetragener Verein, en français « Association enregistrée Lebensborn ») était une association de l’Allemagne nationale-socialiste, patronnée par l’État et gérée par la SS, dont le but était d’accélérer la création et le développement d’une race aryenne parfaitement pure et dominante ». ↩︎
- CHARROUX, Robert, L’énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des Atlantes, Robert Laffont, 1974, p.123 ↩︎
- VOISENAT, Claudie. « L’expérience archéologique, une introduction ». in Imaginaires archéologiques, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2008, <https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.3412>. ↩︎
- GODIN, Richard, « Mystères », l’éphémère émission qui a lancé le paranormal à la télévision, Le Nouvel Obs, 2022. [En ligne] consulté, le 11/11/2024 : <https://www.nouvelobs.com/teleobs/20220804.OBS61659/mysteres-l-ephemere-emission-qui-a-lance-le-paranormal-a-la-television.html> ↩︎
- https://irna.fr/ ↩︎



Laisser un commentaire