« Histoire de Rampa » T.Lobsang Rampa


Lobsang T.Rampa, à l’origine du New Age

Qui est T.Lobsang Rampa ?

Selon ses récits, Tuesday Lobsang Rampa serait né au Tibet, au début des années 1910. Son père, dont on ignore le nom, serait l’un des hommes les plus éminent du Tibet. En revanche, nous avons peu d’informations sur sa mère dont il ne parle pas, ou très peu. Ainsi entouré, il aurait grandi près du Potala, de l’autre côté du Kaling Chu, le fleuve heureux. Malheureusement, sa famille sera tuée par les communistes chinois durant son enfance.

Il aurait, par la suite, intégré Chakpori, pour parfaire son initiation et apprendre la médecine. Une fois son initiation finie et, ayant obtenu son troisième œil suite à une opération, il quitta Lhassa pour devenir pilote de l’armée chinoise. Il devint par la suite et dans l’ordre chronologique : médecin-chef de l’hôpital pendant la guerre sino-japonaise, partit pour la Russie, puis pour l’Europe en étant livreur de véhicules, pour les États-Unis, l’Angleterre, puis à nouveau l’Amérique du Nord pour finir ses jours en Angleterre.

Histoire de Rampa

L’Histoire de Rampa, (The Rampa Story) est paru, en France, en 1960, dans la fameuse collection rouge L’Aventure Mystérieuse. Cette dernière fut publiée par la maison d’édition J’ai Lu dans les années 1960-1970. Cette collection a pour but de regrouper tout un tas d’ouvrages ésotériques allant des Templiers aux Ovnis, du New Age à la pseudo-archéologie. Le tout est diffusé au public, sans méthode, sans recul et sans rationalisme.

Cette publication fait suite à celle du « Troisième Œil », écrit par Lobsang Rampa et publié en 1956 dans la même collection en France. Ayant rencontré un très vif succès, de nombreuses personnes, dont des journalistes et des scientifiques s’intéressèrent de près à ce Lobsang Rampa, dont on ignorait tout. Il ressortit de ces différentes enquêtes que l’auteur était bien loin d’être la personne qu’il disait être, à savoir Lobsang Rampa (nous en reparlerons en partie 4.1). En guise de réponse à ces articles, Rampa décida d’écrire un nouvel ouvrage « Histoire de Rampa », afin d’expliquer au grand public qu’il est bien celui qu’il prétend être. Cependant, son âme a changé de corps pour prendre celui d’un homme britannique.

Au total, 19 livres ont été écrits par Lobsang Rampa.

Résumé

En quelques lignes, nous pouvons résumer l’ouvrage de la manière suivante :

L’introduction de l’Histoire de Rampa prévient le lecteur que la vérité seule sera racontée à l’intérieur. Ce livre a pour but, au-delà de raconter la vie de l’auteur lui-même, de démontrer qu’un être humain peut s’intégrer dans un autre corps. C’est-à-dire qu’un esprit peut changer de corps s’il en a envie. Le lecteur suit les aventures de la vie de Lobsang Rampa, de sa naissance au Tibet à son installation en Angleterre dans le corps d’un autre, sans oublier les multiples aventures plus incroyables les unes que les autres que ce dernier aurait vécu.
Néanmoins, ce livre se veut également être un guide spirituel pour toutes les personnes s’intéressant à l’ésotérisme ainsi qu’à ce qui deviendra par la suite le New Age.

« Chaque fois que vous en aurez l’occasion, précisez que Le Troisième Œil de Lobsang Rampa, n’est pas un document, mais une pure fiction d’un auteur occidental. »

14e Dalaï-Lama en 1960.

Les ouvrages de Rampa : un moment charnière entre la Théosophie et le New Age

À la sortie du premier ouvrage de Lobsang Rampa, « Le Troisième Œil », de nombreux tibétologues conclurent au faux. Pour eux, il est évident, pour qui connaît un peu ce pays, que le Tibet décrit n’a rien à voir avec la « réalité », qu’il s’agit d’un Tibet fantasmé. Cela est corroboré par le fait que Lobsang Rampa ne parle pas tibétain, mais aussi parce que ses doctrines, ne correspondent pas à celles authentiques du bouddhisme tibétain. En réalité, bon nombre de ces idées sont issues d’un mouvement créé à la fin du XIXe siècle : la Théosophie.

La Société Théosophique1 a été fondée en 1875 par Héléna Blavatsky (1831-1891) et le colonel Henry Steel Olcott à New York. Leur idéologie est développée dans deux ouvrages ayant rencontré un fort succès, et écrit par Héléna Blavatsky : Isis dévoilée2 (1877) et La Doctrine secrète (1888). Ce mouvement s’inscrit en porte-à-faux du « matérialisme scientifique », ainsi que de la « religion dogmatique » :

« Notre but premier est de constituer le noyau d’une Fraternité universelle de l’Humanité sans distinction de race, de couleur ou de croyance ; notre deuxième but est d’encourager l’étude des Écritures aryennes et autres, ainsi que des religions et des sciences du Monde, de démontrer l’importance de l’ancienne littérature asiatique, notamment des philosophes brahmaniques, bouddhistes et zoroastriennes ; notre troisième but est d’approfondir sous tous les aspects possibles les mystères cachés de la Nature, et tout spécialement les pouvoirs psychiques et spirituels latents dans l’homme. »3

Un autre élément de contexte important, qui aide à l’émergence de ce courant, c’est l’ampleur mondiale du colonialisme britannique, notamment par son occupation de l’Inde et son souhait de conquête du Tibet. L’intérêt des Occidentaux, va alors, se tourner vers ces pays encore très mal connus et peu accessibles, devenant ainsi les objets de fantasmes. Les mentalités de l’époque imaginent ces territoires orientaux comme des Jardins d’Éden, des terres vierges, qui ne sont régit que par la Nature et où l’impact de l’homme est quasi inexistant : pas d’industries, pas de médecine avec des traitements (découverte du vaccin contre la rage par Pasteur en 1885), pas de chimie, pas de conflits avec des armes modernes, pas d’avancées scientifiques, etc. On assiste alors à un « déplacement du centre de gravité spirituel du monde, de Jérusalem vers l’Inde et le Tibet »4.

Au fond idéologique commun à toutes les tendances de l’ésotérisme occidental, la Société Théosophique introduit de nouveaux concepts. Ceux-ci incluent le karma, le mantra, le yoga, la réincarnation, les Annales Akashiques, ainsi que l’initiation, etc. Utilisés par Lobsang Rampa dans ses ouvrages, ces termes sont apportés par Héléna Blavatsky qui a vécu quelques années en Inde, au moment de la création de son mouvement, dans les années 1880. À son retour, elle prétendait avoir été l’élève de maîtres invisibles vivant dans l’Himalaya. Ces maîtres étaient Root Hoomi et Morya, deux grands initiés tibétains aux pouvoirs surhumains qui « communiquaient » avec elle grâce à des petits morceaux de papier qui flottaient du plafond au-dessus d’elle. Cette thématique de l’initiation par des maîtres, dans l’Himalaya sera reprise, quasi à l’identique, par Rampa dans son livre. Elle remit, également, au goût du jour le mythe de l’Atlantide5 qui connaîtra un très grand écho dans le monde occidental par la suite, mais aussi dans les œuvres de Rampa.

On constate, alors que la Société Théosophique a su diffuser très largement ses idées, et que Rampa, s’en inspire amplement pour rédiger ces ouvrages. Néanmoins, même si les liens entre les deux sont forts, les spécialistes pensent que Lobsang Rampa n’a jamais été membre d’une quelconque société.
Aujourd’hui, l’influence de la Société Théosophique est bien moindre6. Cependant, on en retrouve quelques traces dans d’autres mouvements nés par la suite, tels que l’Anthroposophie7 et le New Age.

En quoi les ouvrages de Rampa marquent un moment charnière entre la Société Théosophique et le New Age ? Quelles sont les idées majeures que Lobsang Rampa véhicule dans ses ouvrages ? Et quels sont ses apports aux nouvelles spiritualités ? En quoi consistent-ils et qu’en pense la science ? Enquêtons !

Qui se cache derrière Tuesday Lobsang Rampa ?

En 1955, l’éditeur E.P Dulton ayant reçu le manuscrit du livre Le Troisième Œil, l’envoya au tibétologue Hugh Richardson afin d’obtenir son avis. Ce dernier corrigea maintes erreurs de Rampa concernant le Tibet et conclu au faux, entrainant ainsi la non-publication de l’ouvrage de Rampa chez cet éditeur8. Pour Richardson, ainsi que d’autres tibétologues ayant étudié les ouvrages de Rampa, l’auteur ne pouvait être celui qu’il prétend être, puisque le Tibet qu’il décrit n’existe pas. Autrement dit, le Tibet que décrit Rampa n’a rien à voir avec le Tibet réel du milieu du XXe siècle. Malgré ces informations, l’éditeur Secker & Warburg décida de publier l’ouvrage.
Suite à sa publication, qui rencontra un très fort succès, de nombreuses personnes, notamment des journalistes, réalisèrent des enquêtes afin d’obtenir davantage d’informations sur cet homme qui se faisait appeler Tuesday Lobsang Rampa.

C’est ainsi qu’en 1957, fut diffusée l’enquête du détective Clifford Burgess. Les médias et le grand public apprennent, alors que Rampa n’est autre que Cyril Henri Hoskin, né le 8 avril 1910 à Plympton en Angleterre et que ce dernier est fils d’un artisan plombier9. Cette enquête, nous donne la chronologie de la vie de Rampa :

L’enquête conclue en indiquant au lecteur que, de sa naissance à son décès, Lobsang Rampa n’aura pas quitté le monde occidental : le continent européen et le Canada. André Couture dira, à ce propos, dans son ouvrage intitulé La Réincarnation :

« Lobsang Rampa parle bien plus le langage de l’occultisme ou de la théosophie du XIXe siècle européen que celui du bouddhisme. Sa conception de l’âme n’a entre autres choses rien à voir avec les présupposés philosophiques du tantrisme tibétain. La critique historique de ces romans oblige à admettre que ce n’est pas l’âme d’un initié tibétain qui a été soudée de façon occulte aux corps d’un Anglais, mais bien un Anglais du nom de Hoskin qui s’est converti en un Tibétain en utilisant ce subterfuge que l’on appelle un pseudonyme. »10

Tuesday Lobsang Rampa répondit à cette enquête par la publication de son ouvrage : Histoire de Rampa. Il y explique que le corps qu’il occupe actuellement est bien celui de Cyril Henri Hoskin, mais que son corps astral (son âme), est bel et bien celui de Rampa ayant voyagé astralement dans ce corps. Nous allons développer cette idée un peu plus loin, mais commençons d’abord par un thème qui revient très régulièrement dans son livre : l’aura.

Avons-nous une aura ?

Pour savoir ce qui se cache derrière l’utilisation du mot « aura », nous pouvons utiliser la définition qu’en donne Tuesday Lobsang Rampa dans Histoire de Rampa :

« [L’aura est une] radiation qui entoure complètement le corps humain et qui, par ses couleurs changeantes, montre à l’Adepte si une personne est ou non digne de respect. On peut discerner, par les couleurs de son aura, la maladie dont souffre un être humain. »11

Cette aura, de taille, de qualité et de couleurs différentes en fonction des individus, ne serait pas, à l’origine, visible par tous. Seuls les voyants, médiums et autres initiés, pourraient y lire des indications de caractère, de santé et d’émotion.
Cependant, aujourd’hui, l’on trouve facilement sur Internet, des exercices permettant de voir son aura. Pour cela rien de plus simple (faites l’expérience avant de lire la suite). Posez votre main sur un mur blanc et écartez légèrement les doigts. Fixez longuement votre main. Vous devriez voir apparaître autour de cette dernière une couleur. Elle correspondrait à l’une des interprétations suivantes :

  • Rose : affection
  • Rouge vif : colère
  • Rouge foncé : passion et sensualité
  • Jaune : activité intellectuelle élevée
  • Orange : égoïsme, orgueil et ambition
  • Marron : cupidité
  • Vert : lié aux sentiments et au pardon
  • Bleu : religion et dévotion
  • Violet : capacités psychiques et pouvoir occulte12

Maintenant que vous êtes un initié à la vision de l’aura et à son interprétation, demandons-nous d’où vient cette idée.

Tout comme beaucoup de concepts décrit par l’auteur dans ces œuvres, celui de l’aura est inspiré du courant théosophique.
En 1897, après le décès d’Héléna Blavatsky, Charles Webster Leadbeater reprit ce terme, utilisé durant l’Antiquité, « faisant référence à un mouvement d’air, une brise légère représentée dans l’art par le gonflement d’une draperie au-dessus de la tête des personnages importants »13. Il lui donna le sens que l’on a gardé de ce terme et que nous retrouvons dans le livre de Lobsang Rampa. Rien avoir, donc, avec une quelconque influence du bouddhisme.

À ce jour, l’existence de l’aura n’a jamais pu être démontrée par la science. Selon le spécialiste de la lumière, Sébastien Point :

« Pour le scientifique et le médecin, l’aura est le nom donné à cet ensemble de troubles visuels, très probablement d’ordre neurologique, que certaines personnes subissent avant la survenue d’une crise de migraine ».14

Cependant, cette information n’explique pas pourquoi une couleur est apparue autour votre main pendant ce petit test (si vous l’avez fait).
Nous pouvons trouver un élément de réponse dans le fonctionnement de l’œil et de la vue, créant, parfois, des aberrations chromatiques. C’est ce qui arrive notamment, lorsque l’on fixe trop longtemps une chose. Toujours selon Sébastien Point, lorsque nous observons notre main éclairée à la lumière blanche, sur fond blanc, notre œil produit une synthèse de plusieurs images de différentes couleurs chacune. Or, lorsque nous regardons notre main sans produire de mouvements oculaires, nous court-circuitons ce mécanisme. Cela engendre ainsi la possible vision de halos ou aura colorés.

« Rien donc de paranormal, juste des phénomènes d’optique de base. »15

Dans son livre, Lobsang Rampa, pour prouver l’existence de l’aura, s’appuie sur différents travaux et, notamment ceux de Kilner sur l’atmosphère humaine :

« Il y a des années, un docteur Kilner, qui effectuait des recherches dans un hôpital de Londres, découvrit qu’il pouvait discerner l’aura, en certaines circonstances. »16

Cependant, cette étude n’est pas la première réalisée dans ce domaine, puisque dès 1898, furent crées les photographies Kirlian.

Les travaux de Semion Kirlian

Né le 20 février 1898, en Arménie soviétique, Semion Kirlian était un technicien. L’histoire raconte que l’idée de la photographie Kirlian, est née en 1939, le jour où, réparant un appareil médical électrique, il vit jaillir des étincelles entre sa main et une électrode enrobée de verre17. Il partagea sa découverte avec sa femme Valentina, et tout deux en ont déduit que ce procédé pouvait être utilisé pour diagnostiquer des maladies.

Exemple d’une photographie Kirlian d’une personne dans la position du lotus. Ce type d’image peut être produite avec n’importe quelle espèce animale et végétale ou n’importe quel objet. Il est intéressant de remarquer que l’on arrive, aussi, à obtenir une photographie Kirlian d’objets inertes, comme des pièces de monnaie par exemple, qui ne semble pas détenir d’aura.

Crédit : Emmanuel HEREDIA / Chemikus69

En réalité, ce phénomène est bien connu en physique des plasmas. C’est ce que l’on nomme l’effet Corona (qui n’a rien à voir avec la Covid-19) ou l’effet couronne : une décharge électrique créant un halo de lumière autour d’un objet.

La machine Kirlian consiste en un petit boîtier comportant « un oscillateur haute fréquence alimentant une bobine d’où « sort » une tension très élevée, mais d’intensité faible »18. Lorsqu’un objet est posé sur une feuille photosensible, elle-même mise sur le boîtier, elle reçoit une légère décharge électrique. Cela libère des électrons qui cherchent un moyen d’atteindre l’objet présent sur le papier photographique. Le résultat que l’on obtient, c’est une photo semblable à celle en exemple ci-dessus. Les filaments que l’on aperçoit sont des aigrettes provoquées par ionisation de l’air. Il est intéressant de noter qu’il est impossible de reproduire deux fois la même photographie, car beaucoup d’éléments rentrent en jeux : la température ambiante, l’humidité de l’air et de la peau (si l’objet photographié est un humain).

On peut donc en conclure que l’aura ne peut être discernable par la photographie Kirlian, ni même par nos propres yeux puisqu’il s’agit d’aberrations chromatiques. Cependant, cette première « découverte » ouvre les portes à d’autres études postérieures et, notamment, à celles du Docteur Kilner.

L’ « atmosphère humaine » du Dr. Kilner

En 1911, le docteur Walter John Kilner, alors électricien médical en Angleterre, publia « The Human Atmosphere », influencé par les travaux de René Blondlot sur les rayons N19. Il y évoque ses tentatives de création de dispositifs pour entraîner l’œil dans le but d’observer l’activité « aurique », qui selon lui, consisterait en un rayonnement ultraviolet. Cette observation permettrait d’identifier les maladies physiques et/ou psychiques des individus testés de la manière suivante :

Un sujet, placé dans une pièce noire, était éclairé de face puis de profil par une lumière blanche. L’observateur regardait à travers une plaque de verre ou de lunettes traitées avec des filtres bleus ou turquoise, utilisant des substances comme la spectauranine ou la dicyanine20. Ces produits, bien que rares et toxiques, permettaient de distinguer un contour lumineux autour du sujet. Cette observation était, par la suite, reportée sur un carnet. Les variations de couleur et d’apparence de l’aura étaient interprétées comme des signes de maladies ou de troubles (dessin, ci-contre représentant un jeune homme en bonne santé).

Crédit : Walter John Kilner, The Human Atmosphere

Dans son étude, il distingue trois couches qui composeraient l’aura :

  • Le double éthérique : couche la plus fine et la plus proche de notre corps. Elle n’est, cependant, pas représentée sur les dessins d’étude de Kilner.
  • L’aura interne : elle serait plus large que la première et se trouverait à environ 2,5 cm du corps. Kilner interprète cette zone comme étant celle qui témoignerait de l’état émotionnel et vital d’une personne.
  • L’aura externe : la plus éloignée. Elle pourrait s’étendre jusqu’à plusieurs centimètres de notre corps. Elle représenterait les aspects plus globaux de la santé et de l’esprit.

Kilner ajoute qu’après un certain temps d’observation au travers de la plaque de verre, les yeux sont suffisamment exercés. À ce moment, l’observateur pouvait se passer de l’utilisation des lunettes ou de l’écran.

Cependant, il semble que seul Kilner et ses comparses aient pu obtenir de tels résultats. En effet, dès 1912, une étude publiée dans le British Medical Journal21 affirma que les expériences de Kilner se sont avérées être négatives dans d’autres laboratoires. Cet élément poussa la communauté scientifique à conclure qu’il n’est pas possible d’observer l’aura, si elle existe, par le procédé utilisé par Kilner.

De plus, les travaux de Kilner peuvent s’expliquer par un phénomène physiologique, connu depuis l’Antiquité : la persistance rétinienne.

Ce phénomène désigne une image qui reste « imprimée » sur la rétine après l’avoir regardée. Par exemple : on a tous déjà vu une source de lumière un peu forte, que ce soit une lampe, un feu de voiture, etc. L’on sait également que pour la préservation de notre vue, il vaut mieux ne pas la regarder trop longtemps. Pourtant, lorsque cela arrive et que l’on détourne le regard, on « voit » encore ce point de lumière qui n’est pourtant plus dans notre champ de vision. C’est cela que l’on nomme la persistance rétinienne.

Des expériences, la mettant en exergue, sont possibles à réaliser sans pour autant abîmer la vue. On en retrouve une, par exemple, dans l’ouvrage de Georges Charpak et Henri Broch, Devenez sorciers, devenez savants, pages 41 à 4622.

Si l’on fixe pendant un certain temps une image, comme celle ci-contre, au moment où nous détournerons notre regard, il nous semblera encore la voir.

Crédit : ac-montpellier, Einstein.

On peut donc en conclure que, contrairement à ce qu’avance Rampa, les travaux du Docteur Kilner ne permettent pas de mettre en évidence l’existence de l’aura. Les recherches scientifiques sont formelles à ce sujet : nous n’avons pas d’aura. En revanche, ses travaux vont servir de soutiens aux théories de la Société Théosophique.

Néanmoins, selon l’auteur, l’aura ne serait qu’un témoignage de l’un de nos sept corps, dont le corps éthérique observé par Kilner en 1911. Ce concept des différents corps est important dans les théories de la société théosophique, et par extension de Rampa, car il nous permettrait de réaliser des voyages astraux.

Le voyage astral, réalité ou fiction ?

Dans ces différents ouvrages, Lobsang Rampa nous présente le voyage astral comme un outil permettant de se déplacer où il veut, sans son corps physique, pour visiter certains lieux de la Terre ou de l’espace et surtout, les Annales Akashiques.

Le concept de voyage astral est né aux alentours de 1880. Il a émergé au sein de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée23, mais aussi de la Société Théosophique. C’est surtout cette dernière qui joua un rôle fondamental dans la diffusion de cette idée.
Pour mieux la comprendre, nous devons revenir sur l’un des principes de la société théosophique, enseigné par Héléna Blavatsky : le septénaire.

Issu du mot sanskrit Saptaparna, désignant une plante à sept feuilles, le septénaire désignerait les sept corps que posséderait un être humain. Ils seraient répartis comme suit :

  • Le corps physique
  • Le corps éthérique : il peut légèrement dépasser de notre corps physique, produisant, ainsi une aura.
  • Le corps astral : copie du corps physique humain, mais composé d’une matière plus fine. Il s’agit du siège de nos émotions.

Lors d’une méditation, au moment de l’endormissement, durant la nuit, à cause d’une lésion cérébrale, lors d’une expérience de mort imminente, de la consommation de drogues ou d’un choc émotionnel ou physique, notre corps astral se détacherait de notre corps physique, produisant ainsi, un voyage astral. Il serait, selon cette hypothèse, possible de voyager librement dans le temps et dans l’espace, sans les contraintes que nous procure notre corps physique. Et cela, tout en restant relié à ce dernier par ce que l’on nomme un cordon d’argent, permettant à notre corps astral de réintégrer notre corps physique à la fin du voyage.

C’est grâce aux ouvrages de Rampa que cette thématique atteint le grand public dans les années 1950. Elle est devenue très populaire par la suite, tant et si bien, qu’on en entend encore parler aujourd’hui, parfois sous d’autres noms, comme le shifting. Mais qu’en est-il réellement ?

De nombreuses expériences furent réalisées à ce sujet. Pour tester une telle capacité, on place la personne testée dans une pièce. On lui demande, au retour de son voyage, de décrire la pièce adjacente, un dessin mis dans une enveloppe ou tout autre élément dissimulé au sujet. À ce jour, ces tests, furent, en majorité, effectués par des parapsychologues, dont la méthodologie s’est avérée bancale. Cela est notamment dû à l’absence de double-aveugle, ou à la transmission (involontaire) d’informations. L’exemple le plus connu est celui de Nicolas Fraisse, qui occupe beaucoup les médias depuis 2015, alors que son cas a été débunké à plusieurs reprises.

En 2002, une étude parue dans Nature déclare que la partie du cerveau, responsable de l’impression de sortie de corps, aurait été localisée. Cette découverte eu lieu lors de l’opération du cerveau d’une femme épileptique. Cette dernière, éveillée pendant l’intervention, communiquait avec les médecins. Au moment où ils ont réalisé une stimulation électrique au niveau du gyrus angulaire droit, la patiente indiqua à haute voix qu’elle avait l’impression de se détacher du corps et de prendre une position de vision à distance24.
Les deux chercheurs ayant mené cette étude, Olaf Blanke et Margitta Seeck, en conclurent qu’un dysfonctionnement du traitement du soi corporel et du soi dans l’espace et la perspective, est lié au phénomène de sortie de corps. En cause, plusieurs zones de notre cerveau, identifiées lors de cette étude, dont le gyrus angulaire.

Notre cerveau, traitant un nombre incalculable d’informations qui nous entourent à chaque minute, serait donc le seul responsable des impressions de sortie de corps. Tout comme il est le responsable de nos oublis, de nos lapsus, de nos absences, etc., tel que décrit par Sebastian Dieguez, dans son ouvrage La Force de nos Bugs, et dont nous avons parlé dans l’article au sujet de la psychanalyse.

Par conséquent, ne sous-estimons pas notre cerveau. Il a une capacité incroyable à voir des choses où il n’y a rien et à imaginer des choses qui n’existent pas.

Cela peut-il nous permettre de changer de corps ?

Selon Lobsang Rampa, lorsque le voyage astral est bien maîtrisé par un initié, il peut également lui permettre de changer de corps :

« Un moi peut quitter volontairement son corps et permettre à un autre moi de s’y intégrer et de réanimer le corps déserté. »25

Au sein de la société théosophique, ce concept porte le nom d’adombrement. Il s’agirait d’un processus par lequel un être spirituellement très avancé, utilise avec son « plein accord conscient, le véhicule physique d’un disciple »26. Ceci dans le but de transmettre les enseignements spirituels de haut niveau, nécessaire au développement moral de l’humanité. Pour les théosophes, ce voyage dans un autre corps est donc possible, mais il est également temporaire.

Cependant, chez Rampa, on constate qu’il s’agit d’un changement définitif, qu’il appelle la transmigration. Ce nouveau concept qu’il apporte dans son livre sera repris, plus tard, par les tenants du New Age.

Longtemps sujet considéré comme étant banal, notamment par l’Église, ce que l’on peut appeler aussi la possession, est désormais rejetée par la science. Elle témoignerait plutôt d’une maladie mentale telle que la schizophrénie, le trouble dissociatif de l’identité, la paranoïa ou la mégalomanie.
Puisqu’à ce jour, les voyages astraux sont récusés par le consensus scientifique, nul besoin de chercher davantage au sujet de la transmigration. Assurons-nous du fait avant d’en chercher les causes…

Néanmoins, le voyage astral ne permettrait pas seulement de voyager dans d’autres lieux et d’autres temps et de changer de corps. Il serait nécessaire pour accéder aux Annales Akashiques.

Les Annales Akashiques

Le terme akashique, dans un premier temps, provient du sanskrit, akâsha, et désigne la « Lumière Astrale ». Il est réutilisé par Héléna Blavatsky et la société théosophique, auquel elle ajoute le mot Annales, en amont. Ainsi constitué, il désigne la « mémoire cosmique » ou la « mémoire du monde ». Il est mentionné, pour la première fois, dans son ouvrage intitulé Isis dévoilée, en 1877.

Selon James Randi, dans son Encyclopédie des affirmations, des fraudes et des canulars de l’occulte et du surnaturel, définitions résolument sceptiques de réalités alternatives :

« [Les Annales Akashiques] sont censées contenir des données sur tout ce qui s’est passé, se passe ou se passera dans l’univers entier. »27

Dans ces Annales Akashiques, que l’on ne pourrait rejoindre que lors d’un voyage astral, se trouverait la mémoire du monde : les événements passés, ceux qui se produisent et ceux qui sont à venir. Elles permettraient, également, de consulter la vie d’une personne afin de savoir si elle est digne de confiance. Par exemple, Rampa, dans son livre, s’en sert pour connaître la vie de Hoskin, le corps dont il va prendre possession.

Suite à la création de ce concept, de nombreux médiums affirmèrent avoir obtenu des informations par le biais de ces archives. Parmi eux, on compte Edgar Cayce et Rudolf Steiner7 :

« Le philosophe et occultiste autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) prétendait pouvoir lire les Annales Akashiques par projection astrale. Le prophète américain Edgar Cayce prétendait également pouvoir accéder aux Annales Akashiques par projection astrale. »28

Comme nous l’avons constaté plus tôt, le voyage astral est rejeté par le consensus scientifique. Il semble, alors, difficile d’atteindre cet espace qui contiendrait toutes les informations concernant notre monde et les personnes qui l’occupent.

« Hormis les témoignages anecdotiques, il n’existe aucune preuve de la capacité de se projeter dans l’astral, de l’existence d’autres plans ou des Annales Akashiques. »29

Nous pouvons, alors, faire le même constat que pour la transmigration : puisqu’à ce jour, les voyages astraux sont récusés par le consensus scientifique, nul besoin de chercher davantage au sujet des Annales Akashiques.

Enfin, il semble important de terminer notre enquête sur une dernière affirmation, très intéressante, de Lobsang Rampa : la communication par télépathie.

Sommes-nous des télépathes ?

À divers endroits dans son ouvrage, Rampa témoigne de son extraordinaire capacité à communiquer télépathiquement avec des chiens et avec des humains.

James Randi, définit la télépathie de la manière suivante dans son Encyclopédie :

« On parle souvent de manière redondante de « télépathie mentale ». Le terme a été inventé par le chercheur F. W. Myers en 1882. Il fait référence à la capacité supposée des humains ou des animaux à percevoir les pensées ou les émotions d’autrui sans utiliser les sens reconnus. C’est l’une des facettes spécifiques de la perception extrasensorielle. »30

Aujourd’hui, les perceptions extra-sensorielles, dont font partie les phénomènes télépathiques, sont encore étudiées par la parapsychologie. Néanmoins, les résultats de ces études sont rejetés par la science en raison du manque de rigueur méthodologique de ces dernières. Pour cette raison, cette discipline est considérée comme étant une pseudo-science. Faisons un rapide historique des recherches sur ce sujet :

Pour tester ces allégations, furent créées, en 1930, par Karl Zener, les cartes du même nom. Elles ont été utilisées lors des premières recherches quantitatives effectuées dans le domaine de la parapsychologie par Joseph Banks Rhine.

Un paquet de cartes Zener est composé comme suit : il contient 5 exemplaires de 5 cartes différentes. Vous pouvez trouver, encore, ces paquets de cartes en vente.

Crédit : Alex Ramos

Ces cartes furent créées dans le but de « vérifier » les allégations de télépathie des personnes. Le test se passe de la manière suivante : on donne 5 cartes avec les 5 symboles différents au télépathe et les 5 mêmes à l’expérimentateur. Les deux personnes ont le jeu de cartes tournées vers elle, afin que l’autre personne ne puisse pas le voir. L’expérimentateur choisit une première carte qu’il sépare des autres, mais qu’il garde pour lui. Le télépathe doit alors deviner quelle carte a été sélectionnée par le testeur. Il pose son choix sur une table, suivi par l’expérimentateur qui en fait de même et vérifie si les deux symboles sont correspondant. Ce test est répété à plusieurs reprises (vous pouvez vois à quoi ça ressemble dans cette vidéo timecode : 13:25).

Cependant, ces cartes posent quelques problèmes :

« Elles étaient à l’origine fabriquées artisanalement avec de très nombreux et grossiers défauts. […] Les symboles pouvaient être distingués directement au dos des cartes.[…] Elles furent quelque peu améliorées et, à partir de 1936, [elles furent] confiées à la production industrielle. Ce qui n’empêchait pas des défauts majeurs comme un dessin de trame s’étendant jusqu’aux tranches ou encore un dos non symétrique (ce qui est toujours le cas) ! »31

En réponse à ces critiques, les parapsychologues mirent en place un nouveau protocole, encore utilisé aujourd’hui : le protocole Ganzfeld.

La personne testée est assise sur un fauteuil, avec un casque sur les oreilles, des lunettes ou des balles de ping-pong sur les yeux (?). Elle est positionnée dans une pièce éclairée en rouge. L’expérimentateur est, quant à lui, placé dans une autre pièce, adjacente, avec pour mission d’envoyer une image par télépathie au percipient. À la fin de cette expérience, l’expérimentateur présente quatre images au testé qui doit en choisir une parmi celles présentées.

Pour des parapsychologues, tels que Renaud Evrard dans son livre Phénomènes inexpliqués32, ce protocole est rigoureux, fiable et permettrait de prouver l’existence des phénomènes psi.

Cependant, les résultats obtenus lors de ces expériences, ne permettent pas d’établir l’existence de la clairvoyance ou de la télépathie. En effet, elles sont très rarement répliquées et les bonnes réponses obtenues par les sujets testés correspondent à ce que peut produire le hasard. D’un pouvoir extraordinaire, on pourrait s’attendre à un succès à hauteur de 100 %. Cependant, le taux de bonnes réponses est, à chaque fois, aux alentours de 25 %.

Là encore, le consensus scientifique rejette l’existence d’une telle capacité extra-sensorielle. Ce dernier a pu s’obtenir, notamment, par des tests, mais aussi par la création de « prix sceptiques » ayant pour but de tester de telles allégations :

Au début des années 1980, un laboratoire de parapsychologie a ouvert ses portes à l’Université Washington à Saint-Louis, aux Etats-Unis. La nouvelle s’est répandue assez vite, suscitant ainsi l’intérêt de l’illusionniste James Randi.
À l’ouverture du laboratoire, il décida donc, de mettre en place le projet Alpha. Le but ? Envoyer deux illusionnistes se faire passer pour des médiums et ainsi participer aux protocoles de tests parapsychologiques. Puisque les deux hommes n’étaient pas de réels médiums, ils devaient, en toute logique, échouer aux tests. Or, il arriva tout l’inverse et le laboratoire proclama qu’ils avaient une preuve de l’existence des phénomènes psi en la personne des deux « médiums ». Le pot-au-rose fut dévoilé en 1981, entraînant des querelles entre les sceptiques et les parapsychologues.

Pour palier au manque de rigueurs des parapsychologues, furent créés des prix afin de tester les allégations paranormales :

  • 1964, aux Etats-Unis : One Million Dollar Paranormal Challenge. Mis en place par James Randi, il avait pour but d’offrir une somme importante à toute personne pouvant démontrer, avec des protocoles rigoureux, l’existence de pouvoirs psi ou de phénomènes, dits, paranormaux. À l’origine, la somme offerte pour ce prix était de 1 000 $ et est montée jusqu’à un 1 000 000 $. Malgré les milliers de personnes testées, jusqu’en 2015, le prix n’a jamais été remporté.
  • 1987, en France et en Belgique : Défi Broch-Majax-Theodor. Lancé sur le service ZET de l’Université Nice-Sophia Antipolis, ce prix a fusionné avec celui de Jacques Theodor, créé en 1982. Le montant du prix était à l’origine de 500 000 F, puis a atteint 1 000 000 F, avant le passage à l’euro où il s’élevait à 200 000 euros. Tout comme le prix de James Randi, il avait pour but de tester les personnes prétendant avoir des pouvoirs. Malgré 264 personnes testées, jusqu’en 2002, le prix n’a jamais été remporté, non plus.

Pour tester les allégations de télépathie, ce deuxième prix utilisait, en accord avec les participants, le protocole suivant :

Les sujets sont soumis, en premier lieu à une fouille, afin de s’assurer qu’ils ne disposent pas de micro ou d’un moyen de communication. Les deux personnes se trouvent dans deux pièces distinctes et le ou la télépathe est placée dans une cage de Faraday. De l’autre côté, une carte est tirée au hasard et est communiquée par téléphone à l’observateur du télépathe. Sans en avoir connaissance, ce dernier doit deviner la carte qui a été tirée. Les résultats sont reportés sur une feuille avant la réalisation d’une conclusion.

Dans un exemple donné page 269 du livre Au Coeur de l’Extraordinaire d’Henri Broch33, les 20 essais totaux, ont donné lieu à 20 échecs.

C’est par la réalisation de ces tests que les scientifiques et sceptiques conclurent à la non existence de phénomènes télépathiques.

Vers le New Age

On constate, en définitive, que Lobsang Rampa n’a rien inventé, mais que, contrairement à ce qu’il avance, il ne puise pas dans le bouddhisme tibétain. Nous pouvons, donc, nous questionner sur les raisons de son succès.

Là où l’auteur innove, c’est qu’il fait d’un savoir, à l’origine réservé à une élite, membre d’une société privée, un savoir populaire. Pour Rampa, n’importe qui peut accéder aux Annales Akashiques, au plan astral, etc. Et ce, sans être membre d’une société. Ces ouvrages marquent, alors, le début de l’auto initiation par les livres, raison pour laquelle nos librairies sont chargées d’ouvrages ésotériques et pseudo-scientifiques, de nos jours.

Les différentes thématiques que nous avons pu développer ici, nous l’avons constaté, sont pour la plupart issues de la Société Théosophique. Devenant, par le biais de ces ouvrages, accessibles à toute personne se procurant un livre, ces différents concepts deviendront la base d’un nouveau mouvement, né dans la deuxième moitié du XXe siècle, qui prend le nom de New Age.
Dans son mémoire, soutenu en 2011, Karl-Stéphan Bouthillette, dit à ce propos :

« Par sa forte proclamation de l’individualisme et son exotique odeur orientale, le mythe de Rampa annonce avant la lettre ce que deviendra le New Age. »34

Mais de quoi parle-t-on, lorsqu’on emploie le terme New Age ?

Selon la commission de l’Assemblée nationale française sur les dérives sectaires (MIVILUDES) :

« Le New Age est un champ culturel au contour flou, que l’on ne peut rattacher ni à une origine unique, ni à un dogme établi, ni à une communauté historique déterminée, et l’appellation même New Age est loin d’être toujours revendiquée par ses adeptes »35.

De là, il semble difficile de définir ce courant. Néanmoins, André Couture nous donne quelques éclaircissements :

« Les adeptes du New Age se servent à la pièce de principes ou d’éléments découverts dans les ésotérismes et les occultismes des XIXe et XXe siècles pour fonder le libre accès de chacun à la spiritualité de son choix. »36

On comprend, alors que le New Age n’est pas né de rien. Au contraire, il s’inspire de mouvements tels que la Société Théosophique, dont nous avons parlé en introduction ; des croyances populaires et anciennes remis au goût du jour, mais aussi des concepts décrits dans les ouvrages de Rampa.

Encore très présent aujourd’hui, le New Age a pour particularité d’être un courant sans réel « gourou » à sa tête. On retrouve, plutôt, des petites communautés ou des personnes isolées dans ces croyances. C’est aussi un mouvement qui a su se saisir des nouveaux outils numériques et qui se diffuse par ce biais : YouTube, les réseaux sociaux, les forums, etc.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les notes de bas de page ainsi que mes sources, certaines sont consultables en ligne. Si le sujet vous intéresse vraiment et que vous souhaitez, davantage, pousser la recherche, je vous invite à écouter, notamment, les podcasts réalisés par Élisabeth Feytit sur la chaîne MetadeChoc. On y trouve beaucoup de contenu au sujet du New Age.


Envie d’en parler ? Vous pouvez laisser un commentaire ou échanger dans la section « On papote ? »


  1. Théosophique, signifie littéralement « sagesse divine ». Du grec theosophia : theos, signifiant divin et sophia, sagesse ↩︎
  2. Des enquêtes sur cet ouvrages dévoilèrent qu’il s’agit, en réalité, d’une copie de plusieurs autres livres antérieurs. ↩︎
  3. Helena Blavatsky, La Clef de la théosophie, La Compagnie Théosophique, 1946, p. 47. ↩︎
  4. LENOIR, Frédérique, La Rencontre du bouddihisme et de l’Occident, Paris, Fayard, 393 p. Cité dans BOUTHILLETTE, Karl-Stephan, Relire T. Lobsang Rampa, Analyse d’un mythe moderne, mémoire présenté à l’Université de Laval, Québec, 2011, 143 p. ↩︎
  5. Le mythe de l’Atlantide remonte à l’Antiquité et a été raconté pour la première fois dans plusieurs ouvrages de Platon. Il s’agit d’une île qui aurait disparu sous les eaux à la suite d’un cataclysme. Aujourd’hui, beaucoup considère cette île comme berceau d’une race humaine supérieure et/ou divine. Le consensus scientifique rejette l’existence de cette île, dont on ne retrouve aucune traces ↩︎
  6. Elle est, encore, présente dans 50 pays et sur tous les continents. Le siège du mouvement est, aujourd’hui, à Adyar, en Inde, et ses activités se concentrent sur le bien-être social. ↩︎
  7. Créée par Rudolf Steiner, ancien théosophe, en 1913, l’anthroposophie est courant présentant un risque de dérive sectaire par la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires). Sa doctrine s’appuie sur celle de la théosophie, avec un retour au christianisme. Elle repose sur plusieurs éléments : la création d’école Steiner-Waldorf, l’agriculture biodynamique, une médecine anthroposophique, les finances avec notamment les banques Triodos et la Nef, les cosmétiques et la pharmaceutique avec les produits Weleda. ↩︎
  8. S.LOPEZ, Donald, Fascination tibétaine. Du boudhisme, de l’Occident et de quelques mythes, Editions Autrement Frontières, 2003, 301 p. Cité dans BOUTHILLETTE, Karl-Stephan, Relire T. Lobsang Rampa, Analyse d’un mythe moderne, mémoire présenté à l’Université de Laval, Québec, 2011, 143 p ↩︎
  9. S.LOPEZ, Donald, Fascination tibétaine. Du boudhisme, de l’Occident et de quelques mythes, Editions Autrement Frontières, 2003, 301 p. Cité dans BOUTHILLETTE, Karl-Stephan, Relire T. Lobsang Rampa, Analyse d’un mythe moderne, mémoire présenté à l’Université de Laval, Québec, 2011, 143 p. ↩︎
  10. COUTURE André, La Réincarnation, Ottawa, Novalis, L’horizon du croyant, 1922, 186 p. ↩︎
  11. RAMPA, Lobsang T, Histoire de Rampa, J’ai Lu, L’Aventure Mystérieuse, 1960, 314 p. ↩︎
  12. RANDI, James, Encyclopedia Of Claims, Frauds, And Hoaxes of the Occult and Supernatural Decidedly Sceptical Definitions of Alternative Realities, St. Martin’s Press, 1995, 284 p. ↩︎
  13. WIKIPEDIA, Aura (parapsychologie). [En ligne], consulté le 3 septembre 2024 < https://fr.wikipedia.org/wiki/Aura_(parapsychologie)> ↩︎
  14. POINT, Sébastien, Voir son aura : l’illusion d’optique, Science et pseudo-sciences, n°314, AFIS, 27 janvier 2016. ↩︎
  15. POINT, Sébastien, Voir son aura : l’illusion d’optique, Science et pseudo-sciences, n°314, AFIS, 27 janvier 2016. ↩︎
  16. RAMPA, Lobsang T, Histoire de Rampa, J’ai Lu, L’Aventure Mystérieuse, 1960, p.25 ↩︎
  17. LOAEC, Ronan, Effet Kirlian, Science et pseudo-sciences, n°212, AFIS, 10 juillet 2004. ↩︎
  18. LOAEC, Ronan, Effet Kirlian, Science et pseudo-sciences, n°212, AFIS, 10 juillet 2004. [En ligne] consulté le 3 septembre 2024 < https://www.afis.org/Effet-Kirlian> ↩︎
  19. Réalisée en 1904, cette étude fut vivement critiqué par la communauté scientifique, en raison de l’inexistence de ces rayons. Pour en savoir plus sur ce sujet, qui fera peut-être l’objet d’un autre article un jour, vous pouvez consulter la page Wikipedia dédiée à ce sujet. Un chapitre lui est également consacré dans l’ouvrage : C. DURAND, Thomas, La Science des Balivernes, Humensciences, 2021, p.225-258. ↩︎
  20. Ce produit était, à l’origine, utilisé pour la sensibilisation infrarouge des plaques photographiques. Il est à base de goudron de houille. ↩︎
  21. BRITISH MEDICAL JOURNAL, The Human Atmosphere by Walter J. Kilner, Janvier 1912, Vol. 1, No. 2662, pp. 21–22 ↩︎
  22. CHARPAK, BROCH, Georges, Henri, Devenez sorciers, devenez savants, Odile Jacob, Sciences, 2002, 224 p. ↩︎
  23. Il s’agit d’une ancienne société secrète, créé à Londres en 1888, avant de disparaître au début des années 1900. Elle se présentait comme une école consacrée à l’étude des sciences occultes, à leur systématisation, leur organisation et à leur enseignement. (Wikipedia) ↩︎
  24. BLANKE, ORTIGUE, LANDIS, Olaf, Stéphanie, Theodor, et al., Stimuler les perceptions illusoires propres, Nature 419, 19 septembre 2002, p.269-270. ↩︎
  25. RAMPA, Lobsang T, Histoire de Rampa, J’ai Lu, L’Aventure Mystérieuse, 1960, 314 p. ↩︎
  26. WIKIPEDIA, Possession (anthropologie), Théosophie. [En ligne], consulté le 8 septembre 2024 < https://fr.wikipedia.org/wiki/Possession_(anthropologie)#Th%C3%A9osophie> ↩︎
  27. RANDI, James, Encyclopedia Of Claims, Frauds, And Hoaxes of the Occult and Supernatural Decidedly Sceptical Definitions of Alternative Realities, St. Martin’s Press, 1995, 284 p. [En ligne] consulté le 3 septembre 2024 < https://archive.org/details/jamesrandiencyclopediaofclaimsfraudsandhoaxesoftheoccultandsupernaturaldecidedly/page/n329/mode/1up> ↩︎
  28. REGAL, Brian, Pseudoscience: A Critical Encyclopedia, Greenwood, 2009, p. 29. ↩︎
  29. REGAL, Brian, Pseudoscience: A Critical Encyclopedia, Greenwood, 2009, p. 29. ↩︎
  30. RANDI, James, Encyclopedia Of Claims, Frauds, And Hoaxes of the Occult and Supernatural Decidedly Sceptical Definitions of Alternative Realities, St. Martin’s Press, 1995, 284 p. [En ligne] consulté le 3 septembre 2024 < https://archive.org/details/jamesrandiencyclopediaofclaimsfraudsandhoaxesoftheoccultandsupernaturaldecidedly/page/n329/mode/1up> ↩︎
  31. BROCH, Henri, Au Cœur de l’Extra-ordinaire, Book-e-book, 1991, 198 p. ↩︎
  32. EVRARD, Renaud, Phénomènes inexpliqués, Humensciences débat, 2023, 256 p. ↩︎
  33. BROCH, Henri, Au Coeur de l’Extra-ordinaire, Book-e-book, 1991, p.269. ↩︎
  34. BOUTHILLETTE, Karl-Stephan, Relire T. Lobsang Rampa, Analyse d’un mythe moderne, mémoire présenté à l’Université de Laval, Québec, 2011, 143 p. ↩︎
  35. MIVILUDES « Rapport au premier ministre 2013-2014 [archive] ». Cité dans WIKIPEDIA, New Age. [En ligne], consulté le 11 septembre 2024 < https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Age> ↩︎
  36. COUTURE André, La Réincarnation, Ottawa, Novalis, L’horizon du croyant, 1922, 186 p. ↩︎

Sources :

  • RAMPA, Lobsang T, Histoire de Rampa, J’ai Lu, L’Aventure Mystérieuse, 1960, 314 p.
  • KILNER, The Human Atmosphere, Rebman, 1911, 360 p.

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