Mystères, mystères,… vraiment ?
- Qui est Jean-Michel Cosson ?
- Les Mystères de France
- Résumé du chapitre « Le mystère de l’icône qui saigne »
- Une icône qui suinte de l’huile ou une statue qui pleure, est-ce vraiment un miracle ?

Qui est Jean-Michel Cosson ?
Selon la dernière de couverture de l’ouvrage lui-même, Jean-Michel Cosson est « professeur d’histoire-géographie […]. Il se passionne pour le XXe siècle, ainsi que pour l’histoire « non-officielle » »1. Il est l’auteur de divers ouvrages sur le thème des mystères et mythes de l’histoire de France, mais aussi sur l’histoire de l’Aveyron.
Il est également présent dans la vie politique, puisque ce dernier est conseiller municipal de Rodez depuis 2008.
Les Mystères de France
Les Mystères de France, paru en 2009, aux éditions De Borée, est une compilation d’histoires, plus ou moins mystérieuses, plus ou moins connues de l’Histoire de France. L’auteur y balais beaucoup de sujets, allant des alignements de Carnac, au trésor de l’abbé Saunière, des apparitions de la Vierge à celles des ovnis…
Résumé du chapitre « Le mystère de l’icône qui saigne »
Dans ce chapitre, plutôt court, nous voyageons dans le sud de la France, à Toulouse plus précisément. Le 11 février 1990, il arriva chez un certain monsieur Paul G. de S., à son retour d’une messe, que l’icône qu’il avait acheté à En Calcat, représentant la Vierge Marie à l’Enfant, suinta de l’huile. Le miracle se reproduisit alors, plusieurs fois, avec une huile qui dégageait une odeur de jasmin et de rose. L’événement connu une couverture médiatique importante et de nombreux pèlerins se rendirent au domicile de cette personne où fut exposée l’icône à côté d’une représentation de Bernadette Soubirous. Cet article est consultable en ligne sur le site de La Dépêche2.
Une icône qui suinte de l’huile ou une statue qui pleure, est-ce vraiment un miracle ?
Depuis 1953, avec l’affaire de la statue de la Vierge Marie qui pleurait à Syracuse, de nombreux cas similaires eurent lieu et continuent de se produire, un peu partout dans le monde. Ces phénomènes de statues de la Vierge Marie qui pleurent des larmes d’eau, d’huile ou du sang ont tendance à avoir lieu dans des foyers de tradition catholique romaine tandis que les cas d’icônes qui suintent ont plutôt lieu dans les foyers de traditions orthodoxes3. Aujourd’hui, l’Église n’a reconnu qu’un seul miracle, parmi tous ces cas : celui de la statue de Syracuse de 1953. Alors qu’en penser ? Miracle ou fraude ? Enquêtons !
Qu’est-ce qu’un miracle ?
Avant toute chose, il est nécessaire de définir ce qu’est un miracle et comment il est reconnu comme tel par l’Église.
Selon le Robert, un miracle est un « fait extraordinaire où l’on croit reconnaître une intervention divine« . Cette notion est à ne pas confondre avec celle de paranormal « qui fait référence à l’existence supposée de choses au-delà de la portée de l’expérience normale et de la nature – généralement appliquée à des phénomènes aussi divers que les soucoupes volantes, Bigfoot et autres monstres, les fantômes, la combustion humaine spontanée, etc., ainsi qu’à certaines capacités présumées telles que la lévitation et la perception extrasensorielle. »4
Cette distinction, importante, entre ces deux termes fut faite par l’Église dès 1730, grâce à un traité sur les miracles, rédigé par le futur pape Benoît XIV, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione. Est donc, considéré aujourd’hui comme un miracle :
« certaines guérisons non traditionnelles, ainsi que des phénomènes supplémentaires tels que les stigmates, la lévitation, les images merveilleuses du Christ et les apparitions de la Vierge Marie. »5
Si l’on prend au pied de la lettre ce traité, une statue de la Vierge Marie qui pleure de l’eau ou du sang ou une icône la représentant qui suinte de l’huile, ne peut être considéré comme un miracle. Or, comme nous l’avons dit plus haut, l’Église a reconnu un de ces miracles comme étant authentique : la statue de la Vierge Marie qui pleure de Syracuse. Penchons-nous un peu sur son cas avant de revenir sur celui de Toulouse.
Et une statue de la Vierge pleura à Syracuse en 1953
Le phénomène d’icônes ou de statues qui saignent est documenté depuis longtemps. En effet, Joe Nickell, dans son ouvrage Looking for a miracle, a pu remonter ainsi jusqu’en 1527, à Rome, où une statue du Christ conservée dans un monastère pleura durant plusieurs jours.
Il constate, également, dans cet ouvrage que ces manifestations sont de plus en plus signalées à partir de 1953 et de l’affaire de la Vierge de Syracuse, renommée depuis la Vierge des Larmes.
Le 21 mars 1953, à l’occasion de leur mariage, Angelo Iannuso et Antonina Lucia Giusto reçurent une statuette de la Vierge Marie. Installée dans leur maison au numéro 11 de la Via degli orti di San Giorgio, la statue se mit à pleurer à partir du 29 août 1953. Antonina est alors enceinte de son premier enfant et sa grossesse semble difficile. Elle se plaint, notamment, d’une perte de la vue qu’elle dit avoir retrouvé en ce 29 août lorsqu’elle constata que la statue versait des larmes. Avec près de 58 lacrimations en seulement quatre jours, la nouvelle se répand très vite à Syracuse et de nombreuses personnes, dont des pèlerins se rendirent au domicile des jeunes époux afin de prier et de constater le miracle.
Antonina Lucia Giusto tenant dans ses bras la statue de la Vierge Marie, qui lui fut offerte à son mariage, en mars 1953. Celle-ci se mit à pleurer quelques mois après, le 29 août 1953.
Crédit : photographe inconnu.

Le bruit du miracle arriva aux oreilles de l’abbé Giuseppe Bruno qui rencontra les deux époux, le 1er septembre, en compagnie de docteurs du laboratoire d’hygiène et de prophylaxie de la province italienne. Une commission scientifique fut alors nommée afin de réaliser des prélèvements et des études. À partir de ce moment et jusqu’à ce jour, la statue cessa de pleurer. Les résultats de l’étude de la substance des « larmes » de la statue, rendue le 9 septembre de la même année, concluent que sa composition est analogue à celle sécrétée par un organisme humain. Sans poser plus de questions, le phénomène est reconnu comme étant un miracle par l’épiscopat de Sicile6.
L’affaire de la Vierge des Larmes en resta à ce point jusqu’à ce qu’un chercheur italien se penche sur la question et affirme avoir reproduit le « miracle », en 1995. Il s’agit de Luigi Garlaschelli, membre du département de chimie organique de l’université de Pavie ainsi que du comité pour le contrôle des affirmations sur les faits présentés comme paranormaux (CICAP).
« L’examen d’une copie de ce bas-relief du même fabricant que l’original a cependant prouvé qu’il était en plâtre émaillé et qu’il possédait une cavité derrière le visage. » (Traduit de l’anglais)7
Il en déduisit, alors que la statue était remplie d’eau par le biais de cette cavité et que les yeux furent légèrement percés de petits trous afin que l’eau, ou le liquide, puisse s’extraire de la statue à cet endroit. Cette expérience fut répliquée avec succès, notamment par Henri Broch8 et ses étudiants, à l’université Sofia Antipolis (Nice). De cette conclusion, impossible de ne pas déduire, comme l’indique Joe Nickell dans son livre Looking for a miracle, qu’Antonina Lucia Giusto a certainement joué un rôle important dans ces manifestations. De plus, il a été constaté que les larmes ne coulaient qu’en présence de cette dernière.
Cependant, pour la commission qui fut nommée en septembre 1953, aucune irrégularité n’était présente sur cette statue en dehors d’ »un gonflement de la paupière inférieure à chaque écoulement des larmes, comme il ressort du petit film en possession de l’archevêché de Syracuse. »9 Il faudrait, alors, une nouvelle analyse de cette statue. Néanmoins, comme tous les objets miraculeux ou les reliques, l’Église se refuse de les confier à la science. En effet, cette statue de la Vierge en larme constitue le seul miracle de ce type ayant été reconnu par l’Église. Difficile donc de remettre en question une telle décision. La statue de Syracuse ainsi que ses larmes sont, désormais, et ce, depuis 1953, conservées sous vitre, dans son sanctuaire.
À partir de cet événement, de nombreux faits de même nature eurent lieu en Italie dans les années qui suivirent ainsi que dans le sud de la France. Selon Scott Rogo :
« Ils ont été sans doute engendrés par une large couverture médiatique du miracle de Syracuse »10
Puis une icône suinta de l’huile à Toulouse en 1990
Le 11 février 1990, jour anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous à Lourdes en 1858, une icône se mit à pleurer des larmes d’huile au 6 rue Darquier, à Toulouse. Cette icône appartient à un homme désigné sous le nom de Paul G. de S, qui restera quasi anonyme, membre de l’Olivier, un mouvement rattaché au Renouveau charismatique (dont nous reparlerons dans la partie 4.3.2).

Le 11 février 1990, une icône, copie d’un orignal conservé à Montréal, se mit à pleurer au 6 rue Darquier, à Toulouse. De nombreux pèlerins se rendirent sur les lieux à l’annonce du miracle.
Crédit : DDM / archives / DDM
Qu’est-ce qu’une icône ?
Avant d’en venir à la démystification de ce miracle, il semble important de définir ce qu’est une icône :
Dans la religion chrétienne, une icône est un objet religieux représentant un personnage saint. Ce terme s’applique spécialement aux représentations plates ou en bas-relief de personnages sacrés11. Selon le dogme chrétien, ces images servent de représentation, d’appui à la prière. Parmi tous les courants religieux rattachés au christianisme, c’est dans l’Église chrétienne Orthodoxe que les icônes ont une place plus importante. Cependant et en aucun cas, ces images ne sont des représentations fidèles de la Sainte Famille ou de tout autre saint qui pourrait faire l’objet d’un culte en accord avec l’Ancien Testament, Exode chapitre 20, versets 4 et 5 :
« 4 – Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre.
5- Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération.«
Souvent peintes ou reproduites sur des panneaux de bois, ces icônes représentent, généralement, la Vierge Marie portant dans ses bras l’enfant Jésus comme ce fut le cas pour l’icône qui suinta de l’huile à Toulouse.
Qu’est-ce que le « Renouveau Charismatique » ?
Comme nous l’avons évoqué plus tôt, Paul G. de S. est membre de l’Olivier, un mouvement religieux se rattachant au Renouveau Charismatique.
Apparu dans les années 1960, il fut fondé par des « fondamentalistes chrétiens (ceux qui croient en la vérité littérale des Écritures) qui mettent un accent particulier sur ce qu’on appelle les « dons charismatiques de l’esprit ». Ces dons miraculeux (c’est-à-dire divinement accordés) peuvent être accordés à ceux qui subissent le « baptême dans le Saint-Esprit » – une expérience que Jésus ressuscité a promise à ses disciples lors de la première Pentecôte »12. Ce mouvement a, par conséquent, pour but de « redonner vigueur aux dons spirituels : tels que la glossolalie13, les guérisons miraculeuses, les prophéties, etc. »14
Certaines branches de ce mouvement sont suivies par la Miviludes (Mission Interministérielle de VIgilances et de LUttes contre les DErives Sectaires), en raison de propositions, aux adeptes, de thérapies de conversions, indiquant aux croyants que l’homosexualité est une maladie dont on peut guérir15. Mais aussi en raison du fait que les membres, mettant l’accent sur les pouvoirs divins, ont tendance à s’écarter de la médecine, pensant que seule la prière et les pouvoirs que posséderaient certaines personnes suffisent à guérir de tout.
Le but de tout mouvement étant de durer dans le temps, le Renouveau Charismatique a besoin que certains miracles se produisent pour témoigner de la présence de l’Esprit-Saint. En effet, sans la réalisation d’événements qui pourraient être qualifiés de miraculeux, le Renouveau Charismatique n’aurait plus de raison d’exister : les membres quitteraient le mouvement puisque la promesse annoncée ne se réaliserait pas, et par conséquent, de nouvelles personnes n’auraient pas envie de rejoindre ce groupe. On peut, alors, supposer que certains « miracles » ont pu être provoqués, parfois de bonne foi, par des personnes, pour servir l’intérêt d’un tel mouvement.
L’icône qui suintait de l’huile à Toulouse : miracle ou non ?
En février 1990, courut, dans Toulouse, le bruit qu’une icône suintait de l’huile chez un certain Paul G. de S. Pendant plusieurs jours, des dizaines de personnes réalisèrent le pèlerinage afin de constater de leurs propres yeux et de prier près de ce qui est vite considéré comme étant un miracle. Pourtant, peu nombreuses sont les informations dont nous disposons à ce sujet. Ce que l’on sait, c’est que le « miracle » de l’icône myroblyte16, se produisit, pour la première fois, le jour de l’anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Lourdes, ce qui n’est pas anodin. L’on sait également, que cette icône est une copie d’une image conservée à Montréal, au Canada, elle-même copie, réalisée en 1981, de l’icône Marie Porte-du-Ciel découverte par des moines du Mont Athos au IXe siècle, selon la légende17. Cette icône de Montréal s’était, également, mise à exsuder de l’huile en 1981. Cet événement, s’il fut apporté à la connaissance de Paul, a pu créer chez lui l’attente de la réalisation du même miracle sur l’exemplaire qu’il avait acheté à En Calcat, dans le Tarn, en 1984.
Selon Paul G. de S., l’huile présente sur l’icône avait une forte odeur de rose et de jasmin, parfum que l’on retrouverait tout particulièrement au Liban. Il indiquait également, aux curieux, que l’icône suintait plus fortement lorsqu’il téléphonait à Beyrouth : son fils habitant à l’époque cette ville.
L’Église, quant à elle, ne déclara pas cet événement comme étant un miracle. En effet, le doyen de Toulouse fut très prudent à ce sujet en indiquant à toutes celles et ceux qui lui poseraient la question qu’il s’agit d’un signe de Dieu, mais non pas d’un miracle.
Alors qu’en conclure ?
Il est important, à ce stade de notre enquête, d’ajouter que durant toute la durée de la manifestation du « miracle », c’est-à-dire de la présence d’huile sur l’icône, elle était disposée sur une table, d’une pièce de cet appartement de Toulouse, sans aucune protection.
L’idée de la réalisation d’un miracle par Dieu, ou tout autre divinité, qui aurait choisit de faire couler de l’huile qui proviendrait du Liban, sur une icône positionnée au 6 rue Darquier à Toulouse, chez un membre d’une congrégation religieuse, le jour de l’anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous à Lourdes, est une hypothèse assez coûteuse, qui entraîne beaucoup de questionnements : pourquoi de l’huile ? pourquoi chez cette personne en particulier ? Pourquoi de l’huile venant du Liban ? Quel message cela est censé nous donner ? Pourquoi sur une icône et non pas sur un autre objet ? Pourquoi est-ce toujours la Vierge Marie qui pleure ? etc.
Dans son ouvrage, Looking for a miracle, Joe Nickell nous donne quelques éléments de réponse. En effet, il constata que les premières lacrimations répertoriées était constituées d’eau et ont certainement été provoquées par les effets de la condensation (qui se produit lorsqu’un air chargé en vapeur d’eau rencontre une paroi froide). Au fur et à mesure de l’avancée du temps, l’eau disparu au profit de l’huile. Il indique de manière très ferme :
« Ce sont les huiles non siccatives comme l’huile d’olive qui sont devenues privilégiées pour la supercherie des icônes pleureuses, car elles ne s’évaporent pas comme l’eau et restent fraîches pendant de longues périodes. En présence de bougies vacillantes, les filets peuvent sembler s’animer, passer de statiques à apparemment fluides. Les tests d’huile peuvent être révélateurs. Chaque fois que l’huile est parfumée, comme c’est souvent le cas, les tests révèlent généralement une huile végétale et la présence (si testée) d’un éther de glycol, un composé synthétique utilisé dans l’industrie de la parfumerie. Comme l’a finalement raisonné un croyant potentiel, il semblait peu probable que Dieu ait besoin d’utiliser un matériau synthétique. De plus, selon un article du Washington Post (18 juillet 2018), « sur une photo, il semble que la traînée de larmes aurait pu commencer sur les paupières supérieures ». Et cela se produit avec de nombreuses effigies de ce type, où, de manière révélatrice, l’huile est négligemment placée au-dessus ou à l’extérieur des yeux, démentant ainsi les affirmations miraculeuses. »18
Ce « miracle » pourrait, alors, de manière plus prosaïque et moins coûteuse, s’expliquer d’autres manières :
1- Tout comme la statue de Syracuse, le phénomène ne se produisait qu’en présence du propriétaire. L’icône pouvait avoir un double fond, qui aurait pu être rempli d’huile par Paul G. de S. ou toute autre personne de son entourage, par exemple son fils, qui aurait ramené l’huile de chez lui. Ainsi, l’icône finissait par « pleurer » l’huile qui aurait été disposée à l’intérieur.
2– Un canular délibéré, qui s’est confirmé sur plusieurs autres cas, notamment aux États-Unis, expliquant ainsi le refus, quasi-systématique, de l’Église de laisser une enquête être réalisée autour du prétendu miracle.
Pour réaliser un tel canular, Joe Nickell nous explique :
« Il suffit d’utiliser une pipette remplie d’eau (ou mieux encore d’une solution saumâtre, ou même de vraies larmes !), et de l’appliquer lorsqu’il n’y a personne. Ou encore, une petite éponge dissimulée pourrait faire des merveilles lorsque l’on fait semblant d’essuyer des larmes inexistantes sur une icône et que l’on rend ensuite le mouchoir humide à son propriétaire émerveillé. »19
Néanmoins, il s’agit d’une liste non exhaustive expliquant comment réaliser un tel canular. En effet, en Septembre 1987, un physicien du nom de Shaw Carlson a fait pleurer une reproduction de Mona Lisa lors d’un congrès du Comité américain pour l’examen scientifique de la religion qui se tenait à Washington dans le but de montrer comment faire pleurer une icône. Pour cela, il utilisait des cristaux de sels20.
3- L’imagination et/ou l’illusion. Il arrive, régulièrement et à tout le monde, que nos sens soit trompés : par exemple avec les illusions d’optique.
Vous est-il déjà arrivé, en vous promenant ou en allant dans un endroit fréquenté, de reconnaître au loin quelqu’un qui vous est familier puis, au fur et à mesure que vous vous rapprochez, vous constatez que vous ne connaissez pas la personne en face de vous ? Notre cerveau nous joue des tours constamment, et de fait, peut « voir » des choses qui n’ont pas lieu. Barry Karr, directeur exécutif du CSI21, s’exprime à ce sujet :
« Il y a beaucoup de gens qui veulent vraiment des miracles parce qu’ils veulent faire partie de quelque chose de miraculeux, et les gens prétendent voir des choses et en faire l’expérience, pas nécessairement de manière frauduleuse, mais sur la base d’un niveau d’attente élevé. Ils sont arrivés là-bas en espérant voir quelque chose, et tout peut se transformer en miracle. »22
Miracles et maxime de Hume
Après l’étude de ces cas, nous pouvons en conclure que l’explication la plus rationnelle est souvent plus efficace et moins coûteuse. En revanche, elle est assez déplaisante à l’être humain, qui, faisant confiance aux autres qui l’entourent, a du mal à envisager la bêtise, la malhonnêteté et le trucage d’autant plus, peut-être, dans le cadre de la religion. Par conséquent, le surnaturel, le paranormal et les miracles sont donc régulièrement invoqués afin de ne pas mettre en défaut les personnes impliquées. Pourtant, si nous restons prudent, il est impossible de conclure, par ces deux cas, que l’on peut expliquer rationnellement, qu’aucun miracle ne relève pas du canular.
En revanche cet article constitue une occasion parfaite pour parler de la maxime de Hume. Elle tire son nom du philosophe écossais David Hume, qui, en 1748, écrivit un texte au sujet des miracles :
Pour que quelque chose soit considéré comme un miracle, il faut qu’il n’arrive jamais dans le cours habituel de la nature. Ce n’est pas un miracle qu’un homme, apparemment en bonne santé, meure soudainement, parce que ce genre de mort, bien que plus inhabituelle que d’autres, a pourtant été vu arriver fréquemment. Mais c’est un miracle qu’un homme mort revienne à la vie, parce que cet événement n’a jamais été observé, à aucune époque, dans aucun pays. Il faut donc qu’il y ait une expérience uniforme contre tout événement miraculeux, autrement, l’événement ne mérite pas cette appellation de miracle. Et comme une expérience uniforme équivaut à une preuve, il y a dans ce cas une preuve directe et entière, venant de la nature des faits, contre l’existence d’un quelconque miracle. Une telle preuve ne peut être détruite et le miracle rendu croyable, sinon par une preuve contraire qui lui soit supérieure. La conséquence évidente (et c’est une maxime générale qui mérite notre attention) est : « Aucun témoignage n’est suffisant pour établir un miracle à moins que le témoignage soit d’un genre tel que sa fausseté serait plus miraculeuse que le fait qu’il veut établir » (No testimony is sufficient to establish a miracle, unless the testimony be of such a kind, that its falsehood would be more miraculous than the fact which it endeavors to establish) ; et même dans ce cas, il y a une destruction réciproque des arguments, et c’est seulement l’argument supérieur qui nous donne une assurance adaptée à ce degré de force qui demeure, déduction faite de la force de l’argument inférieur. Quand quelqu’un me dit qu’il a vu un mort revenu à la vie, je considère immédiatement en moi-même s’il est plus probable que cette personne me trompe ou soit trompée, ou que le fait qu’elle relate ait réellement eu lieu. Je soupèse les deux miracles, et selon la supériorité que je découvre, je rends ma décision et rejette toujours le plus grand miracle. Si la fausseté de son témoignage était plus miraculeuse que l’événement qu’elle relate, alors, et alors seulement, cette personne pourrait prétendre commander ma croyance et mon opinion. » .
A méditer…
Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les notes de bas de page ainsi que mes sources, certaines sont consultables en ligne. Si le sujet vous intéresse vraiment et que vous souhaitez, davantage, pousser la recherche, je vous invite à lire, notamment, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, rédigé par Joe Nickell.
Envie d’en parler ? Vous pouvez laisser un commentaire ou échanger dans la section « On papote ? »
- COSSON, Jean-Michel, Les Mystères de France, De Borée Editions, 2009. 382 p. ↩︎
- LA DEPECHE, Ph. E, Toulouse. La vierge qui suinte de l’huile, 2008. [En ligne] consulté le 22 avril 2024 <https://www.ladepeche.fr/article/2008/12/27/513833-toulouse-la-vierge-qui-suinte-de-l-huile.html> ↩︎
- NICKELL, Joe, Weeping-eye Cons, Center for Inquiry, 10 septembre 2018. [En ligne] consulté le 23 mai 2024 <https://centerforinquiry.org/blog/weeping-eye-cons/> ↩︎
- NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
- Benoît XIV, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, cité dans NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
- DEL GUERCIO, Gelsomino, Que dit la science sur les larmes de la Vierge de Syracuse ?, Aleteia.org, 2017. [En ligne] consulté le 2 mai 2024 <https://fr.aleteia.org/2017/09/05/que-dit-la-science-sur-les-larmes-de-la-vierge-de-syracuse/> ↩︎
- GARLASHELLI, Luigi, in CONNOR, Steve, Science debunks miracle of weeping madonna, Independent.co.uk, 1995. [En ligne] consulté le 2 mai 2024 <https://www.independent.co.uk/news/science-debunks-miracle-of-weeping-madonna-1590530.html> ↩︎
- Henri Broch est un biophysicien français, notamment connu pour avoir créé le laboratoire zététique à Nice en 1998 et pour avoir dirigé la collection Une chandelle dans les ténèbres aux éditions Book-e-Book. Il est l’auteur d’ouvrages scientifiques sur le thème du paranormal, des sourciers, entre autres. Il a été à l’origine du prix-défi zététique : ce prix proposait la somme de 200.000 euros à quiconque sera capable de démontrer un pouvoir « parascientifique » (dit paranormal) avec la mise en place d’un protocole scientifique. Ce prix s’est arrêté en 2002, après 15 années de tests infructueux et 264 candidatures. ↩︎
- DEL GUERCIO, Gelsomino, Que dit la science sur les larmes de la Vierge de Syracuse ?, Aleteia.org, 2017. [En ligne] consulté le 2 mai 2024 <https://fr.aleteia.org/2017/09/05/que-dit-la-science-sur-les-larmes-de-la-vierge-de-syracuse/> ↩︎
- ROGO, Scott, cité dans NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
- NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
- NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
- « Fait de parler ou de prier à haute voix dans une langue ayant l’aspect d’une langue étrangère, inconnue de la personne qui parle, ou dans une suite de syllabes incompréhensibles. » Wikipedia <https://fr.wikipedia.org/wiki/Glossolalie> ↩︎
- WIKIPEDIA, Renouveau Charismatique. [En ligne] consulté le 26 juin 2024 <https://fr.wikipedia.org/wiki/Renouveau_charismatique> ↩︎
- MIVILUDES, Rapports annuels. [En ligne] consulté le 27 juin 2024 <https://www.miviludes.interieur.gouv.fr/publications-de-la-miviludes/rapports-annuels> ↩︎
- On désigne les icônes (et même de simples reproductions) qui suintent de l’huile : comme « myroblytes », à savoir « d’où jaillit (sic) un baume parfumé », le myron étant le saint chrême (et les myrophores les saintes femmes qui vont embaumer le Christ). ↩︎
- WIKIPEDIA, Notre-Dame Porte du Ciel. [En ligne] consulté le 24 juin 2024 <https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_Porte_du_Ciel> ↩︎
- NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
- NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
- BROCH, Henri, Au coeurs de l’extra-ordinaire, Book-e-Book, 1991. 390p. ↩︎
- Le CSI : Committee for Skeptical Inquiry est une organisation américaine qui se donne pour objectif d’étudier les phénomènes décrit comme étant paranormaux, afin d’apporter une critique. Il fut fondé en 1976, par le philosophe Paul Kurtz et des membres tels que Carl Sagan, Isaac Asimov, James Randi et Martin Gardner. ↩︎
- Cité dans : NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p. ↩︎
Sources :
- Anonyme, Catholic Church Says Weeping Statues Fake, Skeptic.com, 2004. [En ligne] consulté le 19 juin 2024 <https://www.skeptic.com/eskeptic/04-07-30/>
- BROCH, Henri, Au coeurs de l’extra-ordinaire, Book-e-Book, 1991. 390p.
- CONNOR, Steve, Science debunks miracle of weeping madonna, Independent.co.uk, 1995.[En ligne] consulté le 12 mai 2024 <https://www.independent.co.uk/news/science-debunks-miracle-of-weeping-madonna-1590530.html>
- DEL GUERCIO, Gelsomino, Que dit la science sur les larmes de la Vierge de Syracuse ?, Aleteia.org, 2017. [En ligne] consulté le 2 mai 2024 <https://fr.aleteia.org/2017/09/05/que-dit-la-science-sur-les-larmes-de-la-vierge-de-syracuse/>
- GARLASHELLI, Luigi, in CONNOR, Steve, Science debunks miracle of weeping madonna, Independent.co.uk, 1995. [En ligne] consulté le 2 mai 2024 <https://www.independent.co.uk/news/science-debunks-miracle-of-weeping-madonna-1590530.html>
- NICKELL, Joe, Looking for a miracle, weepin icons, relics, stigmata, visions & healing cures, Prometheus Books, 1998. 253p.
- NICKELL, Joe, Weeping-eye Cons, Center for Inquiry, 10 septembre 2018. [En ligne] consulté le 23 mai 2024 <https://centerforinquiry.org/blog/weeping-eye-cons/>
Pour aller plus loin :
- Amisdelaliberte, Phénomènes miraculeux et surnaturels par Henri Broch le 9/02/2023 à Nice, 2023 : https://youtu.be/SV17Wxxm7gw?si=dY9gZOmnuKzeV7Wn


Laisser un commentaire