Une discipline au cœur des débats
- Qui est Sigmund Freud ?
- Cinq leçons sur la psychanalyse
- Résumé
- La psychanalyse : science ou pseudo-science ?
- Psycha… quoi ?
- L’inconscient, concept majeur de la psychanalyse, existe-t-il vraiment ?
- Les actes manqués, les oublis ou comment surinterpréter des choses anodines
- L’interprétation des rêves ou le sophisme de l’appel à la tradition
- Freud et le mythe d’Œdipe, le sophisme de l’appel à la nature ou comment ne parler que de sexualité
- Volonté de créer une nouvelle discipline ou « imposture intellectuelle »29 ?

Qui est Sigmund Freud ?
Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 à Freiberg1, dans l’actuelle République Tchèque, et est décédé le 23 septembre 1939 à Londres.
En 1881, il devient docteur en médecine (neurologue, plus précisément), à Vienne, en Autriche, après des années d’études plutôt brillantes. Il rencontre le docteur Breuer, qui aura une forte influence sur le reste de ses recherches. En effet, il est notamment, connu pour le « traitement » du cas de Bertha Pappenheim. Cette dernière, diagnostiquée comme souffrant de troubles hystériques, constitue la première rencontre de Freud avec la méthode cathartique2 du docteur Breuer.
C’est en 1895, dans son cabinet de Vienne, que Freud commence à mettre au point, ce qui va devenir la psychanalyse, terme utilisé pour la première fois l’année suivante. Il attire, alors, auprès de lui des disciples dont certains d’entre eux se séparent de lui, par la suite. Au sujet de sa méthode, il rédigera quelques livres, notamment Introduction à la psychanalyse (1915), ainsi que l’ouvrage sur lequel nous nous penchons aujourd’hui.
Cinq leçons sur la psychanalyse
Cinq leçons sur la psychanalyse, est paru, dans sa première édition et sous le titre original Über Psychoanalyse, en 1910 chez Deuticke. L’ouvrage est divisé en cinq parties, qui correspondent à la retranscription de cinq conférences prononcées par Freud en septembre 1909 aux États-Unis à l’occasion du 20e anniversaire de la Clark University3.
Dans ces conférences, Freud s’adresse, en allemand, à un public néophyte, qui ne connaît pas la psychanalyse, mais qui, néanmoins dispose d’un certain savoir universitaire. Le but de ces interventions est de convaincre de l’efficacité de la méthode psychanalytique. Cela intervient à une période où Freud subit les foudres de comparses médecins, psychologues et autres scientifiques qui remettent en question la scientificité de la démarche. Pour appuyer son propos, dans le même temps, il fut complété par d’autres conférences en allemand, de son comparse Carl Gustav Jung4.
Résumé
Il semble difficile de résumer en quelques lignes ce qu’est réellement la psychanalyse, mais tentons l’exercice. Nous y reviendrons en détail plus tard :
En cinq leçons, Freud nous propose de découvrir ce qu’est la psychanalyse, une méthode de guérison des névroses psychologiques, autrement nommées hystérie. Une analyse psychanalytique repose donc sur : l’étude du comportement du malade, des échanges avec lui, de ses symptômes et traumatismes, mais aussi sur l’interprétation de ses rêves. Le psychanalyste a alors, pour rôle de déterminer la cause des symptômes qu’ils soient liés à un traumatisme ou à un désir refoulé. Une fois le sujet des symptômes découvert, le psychanalyste l’évoque au malade qui peut, de ce fait, rappeler à sa « conscience » ce qui était jusqu’alors dans son « inconscient », amenant ainsi à la guérison.
« La psychanalyse fournit un des plus éclatants exemples de ce pouvoir absolu de l’argent lorsqu’elle exige du client une contribution financière qui n’est pas seulement le salaire du médecin, mais encore le témoignage de la participation du malade à l’œuvre de sa guérison. »
Jean D’Ormesson, Au revoir et merci, Gallimard, 1976.
La psychanalyse : science ou pseudo-science ?
La psychanalyse est une discipline qui occupe une place encore importante, en matière de santé mentale, et surtout en francophonie où l’on trouverait environ 5 500 praticiens5. Elle a posé et continue de poser de nombreuses questions, dans différents domaines scientifiques, notamment en ce qui concerne son efficacité et en ce qui concerne les nouvelles spiritualités qui s’en sont inspirées.
Mais qu’est-ce que la psychanalyse selon Freud6 ? Dans quel contexte a-t-elle émergé et évolué ? Comment expliquer que cette discipline soit au cœur de tant de controverses ? Quelles sont-elles et où en sont les recherches à ce sujet ? Enquêtons !
Psycha… quoi ?
La psychanalyse est une discipline, qui fut construite durant plusieurs années par Sigmund Freud. Elle intervient à une époque où, et les psychanalystes aiment beaucoup le rappeler, la santé mentale était moins bien prise en charge qu’elle ne l’est à l’heure actuelle. Cependant, cela ne veut pas dire qu’elle n’était pas du tout prise en charge par les médecins, contrairement à ce qu’avancent les praticiens en psychanalyse. En effet, il s’agissait, déjà, d’une préoccupation pour les stoïciens7 de la Grèce Antique.
Le point de départ de cette discipline a lieu à la suite de la « découverte » de l’hystérie8 en 1895, par le docteur Joseph Breuer9, après son étude du cas de Bertha Pappenheim (Anna O.). Alors âgée de 21 ans, Bertha est atteinte d’un trouble que le docteur qualifie d’hystérique. En effet, la patiente présente différents symptômes qui auraient pour points communs d’être apparus à une période où elle soignait son père atteint d’une lourde maladie. Ces symptômes furent « soignés » selon la méthode cathartique3 du docteur Breuer, de 1880 à 1882 : la patiente était mise sous hypnose10 par le médecin qui lui répétait des phrases que cette dernière avait pu dire dans la journée afin qu’elle puisse développer l’idée et remonter à la source de ses symptômes. Les idées développées lors de la séance d’hypnose étaient, également, rappelé à la patiente lors de son retour à un état « conscient ».
Cette étude de cas, publiée 13 ans après (!), constitue le point de départ de la création de la psychanalyse et sera élevée au titre de « mythe fondateur ». Mythe, car, en effet, la guérison de Bertha Pappenheim est remise en question par de nombreux spécialistes, ayant constaté que cette dernière réalisa plusieurs séjours en sanatorium de 1883 à 1887. Cette idée est appuyée, notamment, par les échanges épistolaires de Freud et de Breuer qui témoignent de l’échec de la thérapie sur ce cas et que de la morphine avait été prescrite à la malade, la rendant ainsi dépendante.
Photo de Bertha Pappenheim prise au Sanatorium Bellevue de Kreuzlingen en Suisse, en 1882, après le « traitement » de Breuer. C’est cette photo qui est à l’origine des recherches, a posteriori, afin de connaître le véritable état de santé de Bertha ; et de connaître, ainsi, l’efficacité ou l’inefficacité de la méthode psychanalytique.

À cette méthode, développée par Breuer, Freud va apporter quelques modifications, influencé aussi par ces premiers travaux portant sur la prescription de cocaïne à destination des morphinomanes. Il abandonne, alors, l’hypnose et ajoute des éléments, que nous allons développer, dont les associations libres qu’il, ou que le patient effectue, après l’analyse des actes manqués, l’interprétation des rêves, etc., le tout ayant pour but d’accéder à notre inconscient, notion centrale de la psychanalyse.
L’inconscient, concept majeur de la psychanalyse, existe-t-il vraiment ?
On ne peut évoquer la psychanalyse sans parler de l’inconscient, notion constante depuis le début de la psychanalyse, malgré d’autres évolutions. En effet, cette entité psychique, lieu de replis pour nos souvenirs oubliés, est indispensable, pour la psychanalyse, afin d’expliquer l’origine des symptômes névrotiques.
Dans cet inconscient, se trouveraient, toujours selon Freud, nos souvenirs traumatiques et nos désirs que nous ne pouvons réaliser, car ils se heurtent à d’autres souhaits ou à la morale : on dit qu’ils subissent une résistance. Lorsque ses désirs ou traumatismes sont formulés dans notre esprit et qu’ils sont en conflit avec d’autres pensées, ils subiraient un processus nommé le refoulement.
« Pour se protéger de l’adversité des violences subies durant l’enfance et des répercussions terribles qu’elles peuvent avoir sur le développement psychologique et physiologique, le cerveau pousserait les souvenirs traumatiques en dehors des frontières de la conscience. »11
Cependant, ces souvenirs, ces traumatismes ou ces complexes refoulés peuvent ressurgir au travers de phrases libres, de nos rêves, de nos lapsus, qui doivent être interprétés par un psychanalyste dans le but de guérir les névroses. Divers processus psychiques seraient, alors, à l’œuvre pour démontrer la présence de cette entité, par exemple : si un patient refuse l’interprétation, donnée par un psychanalyste, à l’un de ses rêves ; c’est une preuve que le malade résiste à l’interprétation (qui est forcément vraie : un psychanalyste ne peut pas se tromper) ainsi qu’à la guérison, causée par l’inconscient.
L’inconscient est, par conséquent, en nous. Comme un autre soi où se trouverait toutes les solutions à nos problèmes mentaux.
Cependant, cette entité, qui n’est pas nouvelle, car on en trouve déjà quelques traces dans les idées de La Rochefoucauld, chez Leibniz ou encore chez Schopenhauer, soulève une problématique. En effet, il ne s’agit pas d’une zone physique de notre cerveau qui pourrait être découverte par IRM ou par des études en neurosciences. La théorie de l’inconscient est donc infalsifiable, irréfutable12 et cette idée fut, pour la première fois, développée par Karl Popper13, philosophe des sciences.
Aujourd’hui, les psychologues scientifiques s’accordent à dire qu’il y aurait des processus inconscients, mais pas d’inconscient tel que décrit par Freud. Cela veut dire, que selon la communauté scientifique, nous réalisons souvent des choses de manière inconsciente. Par exemple, lorsque nous marchons, nous ne pensons pas, à chaque pas, que nous devons lever et poser le pied droit puis le pied gauche, etc., c’est ce que l’on pourrait nommer aussi des automatismes. Mais ces processus inconscients n’ont rien à voir avec la théorie de l’inconscient telle que développée par Freud, aujourd’hui rejetée par la science.
Les actes manqués, les oublis ou comment surinterpréter des choses anodines
Sigmund Freud définit les actes manqués de la manière suivante :
« [Les actes manqués] se produisent lorsqu’une personne prononce ou écrit, en s’en apercevant ou non, un mot autre que celui qu’elle veut dire ou tracer (lapsus) ; lorsqu’on lit dans un texte imprimé ou manuscrit, un mot autre que celui qui est réellement imprimé ou écrit (fausse lecture) ; ou lorsqu’on entend autre chose que ce qu’on nous dit (fausse audition). »14
En ce qui concerne les oublis, il s’agirait de tous les moments où nous ne nous souvenons pas d’un nom que l’on connaîtrait, d’une chose que l’on voudrait faire, d’un endroit où on aurait déposé un objet. Il témoignerait, également, de notre volonté de ne pas voir quelques projets se réaliser ou, s’il s’agit de la perte d’un objet, de la brouille récente avec la personne qui nous l’aurait offert. Tous ces actes manqués témoigneraient de notre inconscient ou préviendraient d’un symptôme physique.
Ainsi, un lapsus serait donc le témoignage de notre fatigue ou d’un mal de tête, lorsqu’il ne préviendrait pas directement ce dernier ; ou encore, une action provoquée délibérément par notre inconscient afin de dire ce que l’on penserait vraiment. Freud utilise l’exemple suivant pour illustrer ce propos : si une personne commence une séance en la déclarant clôturée, c’est la manifestation du fait qu’elle n’en attend rien de bon. On remarquera que bon nombre de ces interprétations, ou de ces jeux de mots (dignes de la langue des oiseaux), se base sur la langue allemande, et ne fonctionne pas dans d’autres langues.
Cette idée des actes manqués n’est, encore une fois, pas une découverte de Freud. En effet, on en retrouve déjà des traces dans les textes d’Henry Bawden, d’Érasme, à la Renaissance ou encore dans la poésie ou le théâtre, chez Shakespeare, par exemple.
Reprenons, tous ces éléments avancés par Freud, en commençant par le lapsus.
Selon le linguiste Mario Rossi, « la majorité des lapsus concerne des substitutions ou interversions de phénomènes, généralement par anticipation d’un son à venir ou persévération d’un mot déjà prononcé ». De plus, les lapsus qui concerneraient un mot entier sont plus rares et s’expliqueraient par la « proximité sémantique des termes intervertis, qui peuvent d’ailleurs être contraire l’un de l’autre »15. Ils résulteraient de plusieurs facteurs comme la distraction, la fatigue, le stress, le contexte ainsi que, selon une théorie avancée par Johann Herbart, d’un « conflit entre nos systèmes mentaux ». Néanmoins, cela reste encore un sujet difficile a étudier en laboratoire.
En ce qui concerne l’oubli, on ne peut que rejeter la « faute » sur notre mémoire qui est sélective, peu fiable et limitée.
Selon Sebastian Dieguez, l’oubli est lié, en majorité, à trois choses : la fugacité, la plupart des choses que nous percevons ou qui nous traversent l’esprit sont rapidement oubliées ; les absences, un déficit au moment d’encoder un souvenir ou de se le rappeler ; les blocages, un oubli temporaire lorsqu’on ne parvient pas à accéder à un souvenir.
Tout cela s’expliquerait par deux phénomènes : la dégradation, c’est un ensemble de phénomènes neurobiologiques qui affaiblissent ou éradiquent les connexions synaptiques relatives à la mémoire, en particulier lorsque ces connexions sont sous-utilisées ou en compétition avec d’autres ; et l’interférence, des événements nouveaux viennent se substituer à des souvenirs récents, jusqu’à les effacer, ou un souvenir ancien, trop puissant, empêche la formation d’un nouveau souvenir. Par conséquent, « si nous oublions, c’est parce que nous formons en permanence d’autres choses à nous rappeler du seul fait que notre esprit fonctionne en continu« 16.
Aujourd’hui, l’on sait, grâce aux différentes avancées de la science, que ces erreurs ou oublis peuvent aussi être liés à ce qu’on appelle les troubles DYS :
– La dyslexie : qui se caractérise par des difficultés rencontrées lors de la lecture : « précision de la lecture des mots, la fluence et/ou la compréhension en lecture. »
– La dysorthographie : qui se caractérise par des difficultés rencontrées lors de l’écriture : « orthographe, grammaire, ponctuation, organisation et cohérence des idées à l’écrit ».
– La dyscalculie : qui se caractérise par des difficultés liées aux mathématiques : « représentations du nombre, précision et fluence du calcul mental, raisonnement mathématique »17.
Néanmoins, dans la théorie psychanalytique, si cette idée du sens caché de nos actes manqués est admise, nous devons, du même coup et par conséquent, considérer comme vraie l’interprétation des rêves. Ces deux éléments ayant un même but : localiser la libido de l’analysé.
Une belle escalade de l’engagement18, en somme…
L’interprétation des rêves ou le sophisme de l’appel à la tradition
« On découvrir un jour que les symptômes morbides de certains nerveux ont un sens. Ce fut là le point de départ du traitement psychanalytique. Au cours de ce traitement, on constata que les malades alléguaient des rêves en guise de symptôme. On supposa alors que ces rêves devaient également avoir un sens. [L’interprétation des rêves constitue] la voie royale de la connaissance de l’inconscient, la base la plus sûre de nos recherches. »19
Cette interprétation des rêves, au cœur de la démarche psychanalytique, n’est pas une découverte du XIXe siècle. En effet, et Freud le rappelle, lui-même, l’interprétation des rêves étaient déjà pratiqués par les oracles, en Grèce Antique.
« On a l’impression d’être en présence d’un mode d’expression ancien, mais disparu, sauf quelques restes. »20
On a affaire, ici, un sophisme21 portant le nom d’appel à la tradition. Il s’agit d’un « argument fallacieux qui joue sur l’idée que l’ancienneté d’une théorie ou d’une assertion étaye sa vérité »22, en bref : si c’est ancien, c’est vrai, ou une tradition est forcément juste ou bonne pour l’être humain, car elle a toujours été. Or, ce qui est ancien est bien souvent dépassé par de nouvelles découvertes, de nouvelles connaissances. Lorsqu’on lit Freud, on voit très vite que son argumentaire repose souvent sur ces sophismes ou sur des analogies.
En psychanalyse, on considère que le rêve nous protège d’éléments qui pourraient troubler notre sommeil. Il contient de deux composantes, qui « ne sont pas étrangers au rêveur, incompréhensibles et confus pour lui » 17 :
– Le contenu manifeste du rêve : c’est ce que le rêve nous raconte. Il a pour particularité de contenir moins d’informations que le rêve latent.
– Les idées latentes du rêve : ce qui est caché et que le psychanalyste veut rendre accessible par l’analyse des idées venant à propos des rêves.
En bref, en psychanalyse, tous les rêves sont érotiques et choisissent de préférence les objets défendus, sinon, ce sont des rêves de mort. Freud le dit lui-même : « La majeure partie des symboles dans le rêve sont des symboles sexuels » 13. Ces symboles se référeraient soit à l’appareil génital de l’homme, soit à celui de la femme. Cela veut dire que tous les objets que nous voyons en rêve sont déformés afin de nous laisser entendre qu’il s’agit d’objets sexuels : allant du parapluie, à la montgolfière, d’une horloge, à une cigarette, etc.
Aujourd’hui, la science, et notamment des études effectuées à la Salpêtrière, considère que l’une des fonctions du rêve est de se préparer à l’arrivée d’un événement proche. Il aurait pour fonction, également d’alerter, mais pas de témoigner de désirs refoulés dans notre inconscient.
On constate alors que pour la psychanalyse, nos rêves sont formés par nos désirs, nos fantasmes liés à la sexualité. Il s’agit d’un élément important pour cette théorie qui lui accorde une place plus que centrale, et ce, jusque dans nos rêves.
Freud et le mythe d’Œdipe, le sophisme de l’appel à la nature ou comment ne parler que de sexualité
Une des premières « découvertes » de la psychanalyse consiste au fait que les symptômes morbides se trouvent liés à la vie amoureuse du malade, à sa libido. Il semble important, avant d’étudier ce sujet, de rappeler, qu’à l’époque, la sexualité est un tabou et que de nombreuses idées préconçues circulaient encore beaucoup.
Toujours selon Freud, influencé par les travaux de Fliess, la sexualité apparaît chez l’être humain, non pas à la puberté, mais dès la petite enfance. En effet : « Parmi les enfants précocement amoureux, un bon nombre sont âgés seulement de trois, quatre ou cinq ans » 13. Cela serait démontré par une phase d’auto-érotisme qui consiste en la tété de l’enfant du sein de sa mère, ou par la succion de son pouce. L’intérêt de l’enfant, se porterait, par la suite, vers les personnes qui prennent soin de lui : ses parents. On bascule alors dans une autre phase de l’amour de l’enfant de sexe masculin pour sa mère et de l’enfant de sexe féminin pour son père, c’est ce que l’on nomme le complexe d’Œdipe.
Le mythe d’Œdipe est une notion, également, majeure de la psychanalyse. Elle repose sur l’histoire d’Œdipe, retranscrite par Sophocle au Ve siècle avant notre ère23, un héros de la mythologie grecque, qui fut abandonné par ses parents suite à la prédiction d’un oracle : Œdipe tuera son père et couchera avec sa mère. Dans cette mythologie, l’oracle prédit se produit. Il aura pour conséquence que Jocaste, mère et femme d’Œdipe, se suicidera et ce dernier, se crèvera les yeux.
Cette histoire mythologique est prise au pied de la lettre par Freud et généralisée à tous de la manière suivante : tous les jeunes garçons souhaitent prendre la place du père dans le lit conjugal, en le tuant, et toutes les jeunes filles souhaitent prendre la place de la mère. En ce qui concerne les jeunes filles, Jung parlera du mythe d’Électre, même si ce dernier est rejeté par Freud, car le mythe d’Œdipe ferait référence à la sexualité masculine qui n’aurait pas de pendant féminin. Cette divergence d’avis, sur ce sujet, entraînera la rupture des deux comparses en 1913.
Dans l’imaginaire collectif, cette idée de Freud est comprise comme l’enfant qui dit « Quand, je serais grand, je me marierai à maman ». Il s’agit, en réalité, d’une mécompréhension de l’idée de Freud qui consiste bien au fait que tous les garçons souhaitent tuer leur père, pour coucher avec leur mère. Il semble intéressant de relever cet élément, car il permet de démontrer que la psychanalyse s’est immiscée partout et qu’elle possède deux niveaux de lecture : une pour les personnes lambda, une autre pour les initiés.
Freud appuie la véracité du complexe d’Œdipe par le fait que l’inceste se retrouve dans tout le règne animal, et que l’être humain faisant partie de ce dernier, a lui aussi une tendance, un désir pour l’inceste. On appelle cela un appel à la nature24 : si l’on retrouve ce comportement à l’état « naturel » alors, l’humain n’a aucune raison de le rejeter. Or, ce sophisme repose sur une prémisse fausse : l’inceste n’est pas présent au sein d’autres espèces, il s’agit d’une vision faussée de la sexualité animale.
En réalité, Freud a émis plusieurs théories sur l’origine des névroses de ses analysés, mais toutes ont un lien avec la sexualité. Selon lui, les névrosés développent leurs symptômes dans le but d’obtenir les plaisirs que la vie, la morale, leur refuse.
Dans un premier temps, il aura l’idée de la théorie de la séduction. Or, au fur et à mesure des analyses de ses premières clientes, il constatera que toutes, lui relatent des « souvenirs » d’incestes, ou de viol dans leur enfance. Il abandonnera donc cette idée compte tenu du nombre qui lui indique que toutes n’ont pas pu être victimes d’inceste. Il émettra, alors, la théorie suivante, selon laquelle enfants, ces femmes auraient souhaité prendre la place de leur mère dans le lit conjugal. Il s’agit, alors de la théorie du fantasme, suivie par le Complexe d’Oedipe. On a là, un magnifique témoignage de l’impact négatif que peut avoir une analyse chez une personne névrosée ou bien portante. En effet, on constate, par ces témoignages de femmes qui auraient été victimes d’inceste après interprétation du psychanalyste, une des conséquences de cette pratique qui est la création de faux souvenirs25 induits chez les patients. Cela veut dire que lorsque le psychanalyste effectuera une analyse d’un patient, ce dernier devra rattacher ses interprétations à des souvenirs, par exemple, à celui d’avoir voulu coucher avec sa mère étant petit, et d’avoir voulu tuer son père, et ce, même s’il n’en a aucun réel souvenir et/ou qu’il ne l’a jamais désiré.
La sexualité étant au cœur de la psychanalyse, Freud insinuera également, entre autres que, pour guérir, un transfert des émotions doit s’effectuer sur le médecin : raison pour laquelle certaines patientes ont des sentiments à l’égard de ce dernier ou encore que certains psychanalystes couchent avec ces dernières26 ; que les femmes ont un complexe du pénis, qu’elles se sentent inférieures en tant que femme à cause de cela ; les femmes sont, par ailleurs, inférieures aux hommes, c’est indéniable puisque la femme n’existe pas ; elles sont, de ce fait et par conséquent, responsables des maux psychologiques de leurs enfants. Et enfin, pour Freud, l’homosexualité est une perversion de l’homme ou de la femme n’ayant pas dépassé la phase de l’auto-érotisme27. Entre autres joyeusetés…
Même si l’on peut expliquer l’émergence de ces idées par le contexte, les mœurs, et l’époque dans laquelle vit Freud, on ne peut que déplorer leur diffusion continue, et les comportements borderline de psychanalystes, jusqu’à nos jours…
Mais que dit la science à propos du complexe d’Œdipe ?
Une étude fut effectuée dans les années 1930, sur un groupe de jeunes garçons et de jeunes filles afin de déterminer si les premiers avaient une préférence pour leur mère et les deuxièmes pour leur père. Elle donna le résultat suivant : un peu plus de la moitié des jeunes garçons préfère leur mère et un peu plus de la moitié des jeunes filles préfère leur père. Il s’agit là, bien d’une préférence, et non pas d’un désir sexuel envers l’un ou l’autre des parents qui n’a pas été observé chez les sujets étudiés.
« De plus, des études attestent que l’engagement dans un rapport sexuel implique la mobilisation d’un réseau de neurones complexe, qui ne sont pas opérationnels avant la fin de l’adolescence, et ne seront même pas achevés à l’âge de 20 ans« 28. Par conséquent, la théorie du mythe d’Œdipe est incompatible avec les connaissances des neurologues sur le développement de l’enfant.
Volonté de créer une nouvelle discipline ou « imposture intellectuelle »29 ?
Tout au long de cet article, nous nous sommes surtout intéressés à la psychanalyse, ses « méthodes », ses idées principales et les critiques que l’on peut en faire. Néanmoins, il semble aussi important de s’arrêter un instant sur d’autres éléments concernant la psychanalyse n’ayant pas trouvé leur place dans les parties précédentes ainsi que sur la personne de Sigmund Freud, sans pour autant tomber dans l’ad hominem30 pur sucre. Le but de cette dernière partie n’est pas de réaliser une critique facile de la personne qui est à l’origine de la psychanalyse, mais de le connaître davantage, afin d’expliquer certaines de ces idées.
Car, en définitive et nous l’avons constaté à chaque fois, il en ressort, que Freud n’a rien inventé. Alfred Hoche, alors professeur de psychiatrie de l’université de Fribourg, disait déjà : « Il est certain qu’il y a du nouveau et du bon dans la doctrine freudienne de la psychanalyse. Malheureusement, le bon n’est pas nouveau et le nouveau n’est pas bon ».
Ce même Hoche, à l’époque, disait également que la psychanalyse est « une secte fanatique obéissant à son chef ». Cette terminologie était utilisée par Freud, lui-même, qui considérait qu’un chef est nécessaire au mouvement psychanalytique. Cette idée, son dogmatisme, fut à l’origine de l’éclatement du groupe qui s’était réuni autour de lui, entre 1911 et 1913. De quoi ne pas donner envie de creuser le sujet lorsque l’on a jamais entendu parler de psychanalyse…
On ne peut, lorsque l’on parle psychanalyse, passer à côté des analysés. Que sont devenues ces personnes passées sur le divan de Freud et/ou de ses comparses ? Lorsque l’on se penche sur ce sujet, on constate que le tableau est sombre et désastreux.
En effet, lorsque l’on consulte la correspondance de Freud avec Fliess, il est fait souvent référence à l’incapacité de ce premier d’obtenir des guérisons totales de ses patients et qu’il en rejetait la responsabilité sur ces derniers. Nous pouvons citer quelques cas devenus célèbres : l’homme aux loups, le petit Hans, Emma Eckstein ou encore Horace Frink, dont les vies furent bouleversées voire parfois gâchées par la psychanalyse. Lorsque cela n’a pas mené, malheureusement, à la mort de certaines personnes analysées ou analystes. En effet, l’opération d’Emma Eckstein31 a failli lui coûter la vie, Horace Frink a divorcé de sa femme pour l’argent que sa maîtresse et patiente pouvait offrir à la cause de la psychanalyse, le petit Hans a soigné sa phobie des chevaux sans nul besoin de la psychanalyse, entre 1902 et 1938, neuf membres de la Société psychanalytique de Vienne se suicidèrent, etc32.
« En réalité, toute cette histoire ressemble à une catastrophe. Je suis dans le même état que lorsque je suis venu voir Freud pour la première fois, et Freud n’est plus »33.
L’Homme aux loups
Et qu’en est-il du pape de la psychanalyse ? Puisque l’on sait que Freud, lui-même, a effectué son auto-analyse entre 1897 et 1898. Et bien pas grand-chose… Il n’échappera à personne, par exemple, que Freud n’a jamais su se débarrasser de sa tabacomanie, de sa dépendance à la cocaïne ou qu’il avait une relation intime avec sa belle-sœur…
Mais comment réagit la psychanalyse, et notamment Freud, face à ces critiques ?
Lorsque l’on lit les textes de Freud, on est très vite marqué par ses procédés rhétoriques assez particuliers. Je m’explique : lorsque l’on découvre une nouvelle information qui nous surprend, nous interroge, il est important de relever dans l’argumentaire des phrases ou des éléments qui doivent nous mettre la puce à l’oreille. Nous avons déjà vu, plus tôt, que Freud utilise régulièrement des analogies, mais ce n’est pas tout. On trouve dans ses ouvrages et conférences, beaucoup de sophismes18 : des appels à la tradition, des appels à la nature et des appels à la foi, notamment, mais aussi un sophisme de Galilée : dont la thèse a été rejetée, condamnée par l’Église catholique ; mais que la science a fini par constater qu’il avait raison. Pour Freud, une nouveauté en science doit d’abord être rejetée, avant d’être confirmée et c’est ce qui validerait les hypothèses formulées par la psychanalyse. Il va ainsi, créer une auto-immunisation de la pratique contre l’échec thérapeutique34, basée sur les théories de la résistance et du transfert, dont nous avons déjà parlé.
L’état de santé psychique du patient se dégrade, il contredit régulièrement les interprétations du psychanalyste et finit par avoir un ressenti vis-à-vis de son analysant ? C’est que le patient ne veut pas guérir, que sa maladie lui apporte du bénéfice. Cela prouve donc qu’il y a une résistance et par conséquent qu’il y a un inconscient et donc le psychanalyste a raison…
Constatant que les critiques se faisaient de plus en plus nombreuses et de plus en virulentes, il mit en place une justification irréfutable expliquant l’opposition à la psychanalyse par la psychanalyse, elle-même : « Que veut le psychanalyste ? Ramener à la surface de la conscience tout ce qui en a été refoulé. Or, chacun de nous a refoulé beaucoup de choses que nous maintenons peut-être avec peine dans notre inconscient. La psychanalyse provoque donc, chez ceux qui en entendent parler, la même résistance qu’elle provoque chez les malades. C’est de là que vient sans doute l’opposition si vive, si instinctive, que notre discipline a le don d’exciter. » 13 Un bel exemple de raisonnement circulaire, en somme.
Qu’en pense la science ?
En 2004, l’INSERM publia un rapport d’évaluation de différentes psychothérapies35, que sont : l’approche psychodynamique (psychanalytique) ; l’approche cognitivo-comportementale (TCC) et l’approche familiale et de couple. Il en ressort que la psychanalyse n’a pas d’efficacité sur la psychose. Cependant, il se passa une chose extraordinaire avec ce rapport, c’est qu’il fut censuré par le Ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy (oui, le même qui apparaît dans Hold Up, un film conspirationniste sur la crise sanitaire liée à la Covid-19), témoignant ainsi du lobby de la psychanalyse en France. Néanmoins, cette censure n’eut pas l’effet escompté puisqu’elle connut l’effet Streisand36.
On peut, néanmoins, indiquer que ce rapport date et qu’il a été beaucoup critiqué. Mais alors, que s’est-il passé depuis ? « Les recherches internationales qui ont été faites depuis ne permettent pas de conclure à l’efficacité de la psychanalyse dans le traitement de la dépression ou de différents désordres mentaux complexes. On peut noter que ces études sont difficiles à réaliser et sujettes à caution, car les auteurs sont souvent « juge et partie ». »37
Pour nuancer, les scientifiques s’accordent à dire que pour certaines personnes, la psychanalyse peu avoir un effet bénéfique, dans le sens où le patient est et se sent écouté. C’est tout ce que demande une bonne partie des personnes. Néanmoins, ce patient ne doit pas souffrir d’une importante pathologie et la durée de l’analyse doit être limitée. Même si la psychanalyse est rejetée dans une grande partie du monde, à l’exception de la France et de l’Argentine, des questions se posent encore à son sujet. On peut alors conclure par cette phrase du collectif NoFakeMade : « L’utilisation de la psychanalyse demande de plus grandes preuves de son efficacité« .
Et aujourd’hui ?
Il est à noter que le titre, la fonction, de psychanalyste, ne s’obtient pas à l’issue d’un parcours universitaire conventionnel. Toute personne ayant réalisé une analyse didactique par un psychanalyste et pratiquant l’interprétation de ses rêves peut se prétendre être psychanalyste à son tour, sans avoir besoin de connaissances préalables en médecine ou en psychologie. Cependant, cela n’empêche pas les psychanalystes d’être très présents dans les institutions et dans les universités, dispensant ainsi la psychanalyse au sein d’enseignements de psychologie clinique, de psychiatrie, par exemple. Prudence, donc…
Elle a des conséquences qui peuvent être dramatiques dans le cadre de la prise en charge de personnes souffrantes. Pour appuyer ce propos, en 2017, un rapport du CNRS : Les violences à caractère sexuel sur mineures38, remis à Laurence Rossignol, alors ministre de la Famille, de l’Enfance et des droits des Femmes, souligne la responsabilité de la psychanalyse dans la cécité sociale et judiciaire à l’égard des crimes d’inceste en France. Cela signifie, qu’encore aujourd’hui, des parents ne sont pas condamnés pour inceste en France, en vertu du principe du Complexe d’Œdipe, remettant la faute sur l’enfant lui-même, et permettant ainsi au parent concerné de continuer… Mais à l’inverse, elle est également responsable de placements abusifs d’enfants atteint de troubles neurodéveloppementaux. En effet, dans ses enquêtes, Sophie Robert39 constate que nombre de parents se rendant compte que leurs enfants en établissement spécialisé, encadrés par des psychanalystes, ne faisait pas de progrès, ont tenté de réagir. Cela a, parfois, conduit les institutions à placer les enfants en raison, de la maltraitance supposée des parents, et notamment de la mère, en invoquant tout un tas de « maladies » rejetées par le DSM, qui souhaitent juste protéger leurs enfants. On a, alors, un raisonnement inversé : on ne protège pas les enfants qui en ont besoin et on sépare des enfants de leur famille aimante…
« La psychanalyse est probablement la plus grande fraude intellectuelle du XXe siècle. Non seulement, elle a réussi à tromper une majorité écrasante à l’époque où l’on ne savait pas qu’elle se fondait largement sur le mensonge et des dogmes arbitraires, mais encore a-t-elle su s’imposer de manière insidieuse dans les esprits »40
Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les notes de bas de page ainsi que mes sources, certaines sont consultables en ligne. Si le sujet vous intéresse vraiment et que vous souhaitez, davantage, pousser la recherche, je vous invite à lire, notamment, Le Livre noir de la psychanalyse41, rédigé sous la direction de Catherine Meyer.
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Sources :
- FREUD, Sigmund, Cinq leçons sur la psychanalyse, Petite Biblio Payot Classique, 2015. 203 p.
- FREUD, Sigmund, Introduction à la psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1975. 448 p.
- CNRS, Les violences sexuelles à caractère incestueux sur mineur.e.s, Cnape, 2017. 60 p. [En ligne] consulté le 14 mars 2024 : <cnape.fr/documents/cnrs-un-rapport-sur-les-violences-sexuelles-a-caractere-incestueux-sur-mineures/>
- DIEGUEZ, Sebastian, La Force de nos Bugs, HumenSciences, 2023, 352 p.
- DODIER, Olivier, La Mémoire refoulée, histoire et critique d’une théorie dangeureuse, Book-e-book, collection Une Chandelle dans les Ténèbres n°58, 2025, 85 p.
- GAUVRIT, VAN RILLAER, Nicolas, Jacques, Les psychanalyses, des mythologies du XXe siècle, Book-e-book, 2010. 70 p.
- INSERM, Psychothérapie, trois approches évaluées, synthèse, éditions INSERM, 2004. 72 p. [en ligne] consulté le 23 février 2024 : <https://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/147/expcol_2004_psychotherapie_synthese_fr.pdf?sequence=1>
- MEYER, Catherine (sous la direction de), Le Livre noir de la psychanalyse : vivre, penser et aller mieux sans Freud, 10-18, 2016. 644 p.
- ROBERT, Sophie, La psychanalyse est-elle une secte ?, Enrick édition, 2023. 350 p.
Pour aller plus loin :
- Clément Freze, Secte & Faux Souvenirs – HYPNOS n°5 – Clément Freze, janvier 2026 : Secte & Faux Souvenirs – HYPNOS n°5 – Clément Freze
- Meta de Choc, La psychanalyse à l’épreuve de l’histoire et de la science — STREAM #11, 2023 : La psychanalyse à l’épreuve de l’histoire et de la science — STREAM #11 (youtube.com)
- Meta de Choc, Que vaut la psychanalyse ? Avec Jacques Van Rillaer – SHOCKING #25 Part. 1/6 (et suivantes), septembre 2022 : Que vaut la psychanalyse ? Avec Jacques Van Rillaer – SHOCKING #25 Part. 1/6 (youtube.com)
- REC TOULOUSE, Qu’y a t’il de nouveau et de bon dans la psychanalyse ? Avec Jacques Van Rillaer et Franck Ramus, juin 2022 : Qu’y a t’il de nouveau et de bon dans la psychanalyse ? (youtube.com)
Notes :
- En 1856, jusqu’en 1918, cette ville était située dans ce que l’on nommait l’Empire d’Autriche puis l’Autriche-Hongrie. Il comprenait la zone géographique suivante, en tout ou partie : actuelle République Tchèque, Slovaquie, Ukraine, Roumanie, Autriche, Slovénie, Croatie, Serbie, Pologne, Italie du Nord. ↩︎
- Pour le docteur Breuer, les troubles hystériques chez un patient sont liés des souvenirs traumatiques. Pour y remédier, la méthode cathartique est appliquée : on place le patient sous hypnose, le médecin pose des questions pour faire revivre l’événement traumatique, puis à la fin de la séance, on demande au patient de se rappeler de ce qui a été dit le moment précédent. Cette méthode, testée et étudiée par des scientifiques à plusieurs reprises, a été rejetée. En cause : l’utilité et l’efficacité de cette méthode. Elle fut abandonnée par Freud lui-même. ↩︎
- Une université américaine, dans le Massachusetts, fondée en 1887 par Jonas Gilman Clark. ↩︎
- Carl Gustav Jung est né le 26 juillet 1875 à Kesswil, en Suisse, et est décédé le 6 juin 1961. Il fut l’un des premiers « disciples » de Freud avant de s’en détacher à partir de 1913, notamment à cause d’un désaccord concernant l’hypothèse du complexe d’Œdipe. ↩︎
- ROUDINESCO, Élisabeth, Les psychanalystes ont contribué à leur propre déclin, in Le Monde, 8 février 2019.
Il est à noter qu’il n’y a pas de diplôme en psychanalyse. Il est donc difficile de recenser clairement le nombre de praticiens, en dehors de celles et ceux membres d’associations ou de groupements de psychanalystes. ↩︎ - Tout le propos de cet article est de traiter de la psychanalyse telle qu’elle fut fondée par Sigmund Freud et telle qu’elle est décrite dans Cinq leçons de psychanalyse. Cette dernière a connu d’autres courants depuis, portés par d’autres figures importantes de la psychanalyse que nous traiterons peut-être, un jour dans d’autres articles. En effet, il y a autant de psychanalyses qu’il y a de psychanalystes. ↩︎
- Une des idées du stoïcisme, c’est qu’il faut distinguer ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous, dans le sens qu’on peut accepter ou changer ce qui dépend : ce que les psychologues comportementalistes nomment la restructuration cognitive. « Le stoïcisme est une école de philosophie hellénistique fondée par Zénon de Kition à la fin du ive siècle av. J.-C. à Athènes. Le stoïcisme est une philosophie de l’éthique personnelle influencée par son système logique et ses vues sur le monde naturel. Il prône l’acceptation sereine du destin et la maîtrise de soi, en s’efforçant de vivre en accord avec la nature et en se détachant des émotions perturbatrices. » Wikipédia. ↩︎
- L’hystérie était définie par Pierre Janet, comme suit : « forme d’altération dégénérative du système nerveux, qui se manifeste par une faiblesse congénitale de la synthèse psychique. » L’hystérie, aujourd’hui, n’est plus reconnue par les psychiatres comme étant une maladie à part entière. En effet, cette dernière ne détient pas d’entrée dans le DSM-III : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ouvrage de référence en psychiatrie, publié par l’Association américaine de psychiatrie, publié en 1980 (il s’agit de la troisième édition, la première ayant été publiée en 1952). ↩︎
- Josef Breuer est né le 15 janvier 1842 à Vienne, en Autriche et est décédé le 25 juin 1925. Médecin physiologiste à Vienne, il est notamment connu pour ses travaux sur l’hystérie et son étude de cas avec Anna O. qui n’est autre que Bertha Pappenheim. Il fut alors, à l’origine du développement de la méthode cathartique (cf. note 3) ↩︎
- Selon Le Robert : « L’hypnose est un état voisin du sommeil provoqué par des manœuvres de suggestions ou des moyens chimiques ». ↩︎
- DODIER, Olivier, La Mémoire refoulée, histoire et critique d’une théorie dangeureuse, Book-e-book, collection Une Chandelle dans les Ténèbres n°58, 2025, p.10. ↩︎
- Cela veut dire qu’elle ne peut être testée, reproduite, et ainsi être validée ou infirmée par la science. ↩︎
- Karl Popper est né le 28 juillet 1902 à Vienne, en Autriche et est décédé le 17 septembre 1994 à Londres. Philosophe des sciences et faisant de l’épistémologie son fer de lance, il est notamment connu pour sa défense du critère de réfutabilité par l’expérimentation pour valider ou invalider un savoir scientifique. ↩︎
- FREUD, Sigmund, Introduction à la Psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1975. 448 p. ↩︎
- DIEGUEZ, Sebastian, La Force de Nos Bugs, HumenSciences, 2023. 352 p. ↩︎
- DIEGUEZ, Sebastian, La Force de nos Bugs, HumenSciences, 2023, 352 p. ↩︎
- FFDys, Les Troubles Dys, [consulté le 9 février 2024]. En ligne : <Troubles DYS – Fédération Française des DYS (ffdys.com)> ↩︎
- Aussi nommé biais d’engagement, consiste au fait qu’un ou plusieurs individus « continuent de prendre des décisions allant dans le sens d’une décision initiale, et ce même si cette décision initiale a conduit à un échec. » Wikipédia. Dans notre exemple, cela veut dire que toute personne adhérant à la théorie de la psychanalyse, doit admettre, également, l’interprétation des rêves, et ainsi de suite. ↩︎
- FREUD, Sigmund, Cinq leçons sur la psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1975. 203 p. ↩︎
- FREUD, Sigmund, Introduction à la Psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1975. 448 p.
Le lecteur des ouvrages de Freud découvrira, par ailleurs, peut-être avec étonnement, que ce dernier loue les Grecs pour leur interprétation des rêves et déplorent son abandon et dans le même temps critique la sophistique grecque. ↩︎ - Un sophisme est un procédé rhétorique, une argumentation, à la logique fallacieuse. C’est un raisonnement qui porte en lui l’apparence de la rigueur, voire de l’évidence, mais qui n’est, en réalité, pas valide au sens de la logique, quand bien même sa conclusion serait pourtant « vraie ». Wikipédia. ↩︎
- CORTEX, Argument d’historicité, 13 juillet 2011 [consulté le 31 janvier 2024]. En ligne : <https://cortecs.org/language-argumentation/argument-dhistoricite/> ↩︎
- Ce sont les premières traces écrites que l’on a de l’histoire d’Œdipe. Les historiens s’accordent à dire aujourd’hui que l’histoire était connue bien avant, par tradition orale, et que Sophocle fut un auteur, parmi d’autres à avoir écrit sur ce sujet. ↩︎
- « L’invocation de la nature (en latin argumentum ad naturam) est un procédé rhétorique qui suppose qu’une chose est bonne car naturelle, ou mauvaise car non naturelle. » Wikipédia ↩︎
- Selon Wikipedia : « Le faux souvenir est le phénomène psychologique qui se produit lorsqu’une personne se remémore un événement qui, en fait, n’a jamais eu lieu. » Ce phénomène fut mis en avant par Elizabeth Loftus, lors de travaux conduits dans les années 1970. ↩︎
- On l’a encore constaté récemment avec l’affaire Gérard Miller… ↩︎
- Si vous souhaitez davantage d’information sur cette partie, je vous conseille de lire le dernier chapitre du Livre noir de la psychanalyse et de consulter les œuvres audiovisuelles : Le Mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme et Le Phallus et le Néant ou le livre de Sophie Robert. ↩︎
- ROBERT, Sophie, La psychanalyse est-elle une secte ?, Enrick édition, 2023. 350 p. ↩︎
- En référence à l’ouvrage d’Alain Sokal et Jean Bricmont, Impostures intellectuelles, Odile Jacob, 2018. 276 p. ↩︎
- Comprendre : sans pour autant tomber dans l’attaque à la personne. ↩︎
- A l’époque Wilhelm Fliess, pensait qu’il y avait un lien entre l’appareil génital féminin et le nez… Puisque Emma souffrait de douleurs abdominales, notamment au moment de ses règles, elle fut, ainsi opérée du nez afin de supprimer ses symptômes. ↩︎
- MEYER, Catherine (sous la direction de), Le Livre noir de la psychanalyse : vivre, penser et aller mieux sans Freud, 10-18, 2016. 644 p. ↩︎
- Témoignage de Sergius Pankejeff connu sous le pseudonyme de l’Homme aux loups : MEYER, Catherine (sous la direction de), Le Livre noir de la psychanalyse : vivre, penser et aller mieux sans Freud, 10-18, 2016. 644 p. ↩︎
- Pour reprendre une formule de ROBERT, Sophie, La psychanalyse est-elle une secte ?, Enrick édition, 2023. 350 p. ↩︎
- La synthèse de cette méta-analyse (synthèse statistique des études incluses (près de 1000) dans une revue systématique) est consultable au lien suivant : <https://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/147/expcol_2004_psychotherapie_synthese_fr.pdf?sequence=1> ↩︎
- » L’expression « effet Streisand » fait référence à un incident survenu en 2003. Le millionnaire de la Silicon Valley et écologiste Ken Adelman prend une photographie aérienne du domaine privé de l’actrice et chanteuse Barbra Streisand ; l’image est diffusée via le site pictotpia.com. Barbara Streisand lance alors une action en justice, réclamant dix millions de dollars, afin d’empêcher la propagation de cette image. » « L’effet Streisand désigne, alors, un phénomène médiatique involontaire. Il se produit lorsqu’en voulant empêcher la divulgation d’une information que certains aimeraient cacher, le résultat inverse survient, à savoir que le fait caché devient notoire. » Wikipédia ↩︎
- METADECHOC, Que vaut la psychanalyse ?, Méta de Choc, 2022. [En ligne] consulté le 15 mars 2023 : <Que vaut la psychanalyse ? – Méta de Choc (metadechoc.fr)> ↩︎
- CNRS, Les violences sexuelles à caractère incestueux sur mineur.e.s, Cnape, 2017. 60 p. [En ligne] consulté le 14 mars 2024 : <cnape.fr/documents/cnrs-un-rapport-sur-les-violences-sexuelles-a-caractere-incestueux-sur-mineures/> ↩︎
- ROBERT, Sophie, La psychanalyse est-elle une secte ?, Enrick édition, 2023. 350 p. Ainsi que ces deux reportages : Le Mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme en 2010 et Le Phallus et le Néant en 2019. ↩︎
- GAUVRIT, VAN RILLAER, Nicolas, Jacques, Les psychanalyses, des mythologies du XXe siècle, Book-e-book, 2010. 70 p. ↩︎
- Si vous souhaitez vous faire une idée globale du sujet, des ouvrages réponses au Livre Noir ont été rédigé : L’Anti-Livre Noir de la Psychanalyse, sous la direction de Jacques-Alain Miller ainsi que Mais pourquoi tant de haine ? d’Elisabeth Roudinesco. Qu’on soit « pour » ou « contre » la psychanalyse les deux points de vue, sont intéressants à consulter et à connaître. ↩︎


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